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Vin

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Choisissez des vins qui célèbrent et protègent la terre !

Rien d’autre que du raisin, de l’eau, un terroir, des fûts de chêne… et du temps pour la vinification : vu de loin, le vin a tout d’un produit naturel, à consommer avec modération pour d’autres raisons que son impact sur l’environnement. Mais à y regarder d’un peu plus près, sa production n’est pas si propre et saine qu’on pourrait le penser : cultures intensives utilisant force pesticides et produits de synthèse, additifs chimiques pour accélérer et faciliter l’évolution naturelle du breuvage, pour accentuer sa couleur ou améliorer sa conservation, etc. Comment, dès lors, apprécier le flacon sans donner l’ivresse à la planète ? Quelques repères peuvent vous y aider…

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Le saviez-vous ?

  • La France est le premier pays producteur de vin au monde, devant l’Italie et l’Espagne ; les Français restent les premiers consommateurs de vin, qui représente encore 60% de notre consommation d’alcool… Mais la viticulture française traverse une mauvaise passe : en 40 ans, la consommation hexagonale a diminué de moitié et à l’export, les vins français piquent du nez avec 18 % du marché mondial en 2005 contre 23 % en 2002. Il faut dire que la mondialisation est manifeste sur ce marché et que les vins du "nouveau monde" - Australie, Afrique du Sud, Chili, Californie…- ont le vent en poupe (presqu’un litre de vin sur dix dans le monde est désormais produit aux Etats-Unis), avec des producteurs qui certes s'attachent moins à la tradition qu'à la recherche de nouvelles techniques, mais dont les vins sont de moins en moins considérés comme de faible qualité…
  • Les vignes qui ne représentent que 5% de la surface agricole en France sont la cible de 20% des pesticides répandus dans le pays.  Parmi les principaux produits chimiques utilisés dans les méthodes de viticultures traditionnelles, le méthyle bromide est l’un des plus critiqués même s’il est de moins en moins utilisé, du fait de son haut niveau de toxicité et de ses impacts sur le système reproducteur. Le risque de trouver des résidus de pesticides ou d’autres produits de synthèse dans le vin existe donc, même s’il est interdit de traiter les raisins trois semaines ou un mois avant la récolte. D’après les associations de protection de l’environnement, 95% des vins de culture conventionnelle comporteraient ainsi des résidus de pesticides. Mais d’autres avancent que les teneurs sont très inférieures à celles que l’on peut constater dans le raisin et présentent donc un moindre risque de toxicité pour le consommateur : le vin est composé à 90% d’eau et, selon la solubilité des pesticides dans l'eau, une bonne partie des résidus semblent se dégrader durant la vinification, ou se retrouvent dans les précipitations qui disparaissent lors des soutirages.
  • Une chose semble néanmoins certaine : si l’utilisation de pesticides en viticulture n’est pas directement nuisible aux consommateurs du vin, elle l’est très certainement pour la santé des agriculteurs. Une étude récente réalisée  dans la région viticole de la Gironde a ainsi révélé que le risque d'être victime d'une tumeur cérébrale serait multiplié par 2,6 (et celui d’avoir une maladie de Parkinson, par 1,85) chez les agriculteurs exposés aux pesticides et autres produits chimiques utilisés conventionnellement dans le traitement des vignes (comme l'arsenic). Stimulée par le succès commercial des appellations d'origine, l'utilisation à hautes doses d'engrais, désherbants et autres produits phytosanitaires a également des conséquences nuisibles sur la vie biologique des sols et sur les terroirs qui fondent l'identité des vins français. « Nous sommes passés de deux tonnes de vers de terre à moins de vingt kilos par hectare. Pourtant ce sont ces micro-organismes qui nourrissent le terroir et transmettent au vin cette minéralité qui fait la différence », expliquait ainsi récemment au magazine Que Choisir  Claude Bourguignon, ingénieur agronome, exclu de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique) pour avoir dit que 90 % des sols français étaient morts.
  • Le label AB (Agriculture Biologique), qui s’applique au vin depuis le 1er janvier 2005, est donc tout autant bénéfique pour l’environnement que pour la santé (des agriculteurs en premier lieu). Mais il n’existe pas officiellement de vin bio, car le label ne garantit que la qualité bio des raisins, c'est-à-dire les méthodes de viticulture sans pesticide, herbicide, ni produits chimiques de synthèse, etc. Le vin est donc dit « issu de raisins de l’agriculture biologique ». L’étape de vinification, où peuvent intervenir de nombreux produits chimiques (près de 300 produits de synthèse sont ainsi autorisés par la communauté européenne pour cette étape), n’est donc pas pour le moment concernée. Néanmoins, près d’un tiers des vignerons français souhaitent aller au bout de la démarche et signent, en complément, des cahiers des charges "privés" sur la vinification comme celle de Nature et Progrès (qui limite l'usage du soufre SO2 et des levures exogènes chimiques) ou encore celle de la FNIVAB (Fédération nationale interprofessionnelle des vins de l'agriculture biologique) sortie en 2003 et qui interdit de surcroît l'utilisation de cépages génétiquement modifiés. Ces chartes privées de vinification "bio" autorisent certains de ces adjuvants en proportion limitée comme l'anhydride sulfureux, un conservateur alimentaire bien connu qui est utilisé sur la vigne ou sur le vin pour éviter que ce dernier ne s’oxyde (mais qui est suspecté de déclencher des migraines ou des allergies, notamment chez les personnes asthmatiques, ce qui explique que leur présence doive désormais être signalée sur l’étiquette) ou encore l'anhydride carbonique, l'acide tartrique, le tartrate neutre de potassium, l'acide citrique, etc .
  • Certains vont plus loin : ainsi les labels Demeter ou Biodyvin certifient quant à eux des méthodes de biodynamie appliquée à la viticulture, dont les produits sont essentiellement distribués en magasins spécialisés. Ancêtre de la bio, l’agriculture biodynamique date des années 1920 et s'inspire des travaux de Rudolf Steiner. Tenant compte des relations entre les éléments naturels, elle diffère notamment de l’agriculture bio avec un cahier des charges plus contraignant qui s’appuie notamment sur des principes comme le recyclage dans le sol de toute la matière organique de l'exploitation avec  notamment l'utilisation de tout le fumier, lisier et des déchets ; le compostage ; des productions adaptées au sol et au climat avec recherche de diversité des espèces ; la stimulation des processus vivants dans le sol et les végétaux; le respect des interactions entre végétaux et animaux (cultures associées,...) et de l'environnement au sens large (avec par exemple un calendrier tenant compte des positions du soleil, de la lune et des autres planètes) ; une protection des végétaux basée sur l'autorégulation, la rotation des cultures, le travail du sol; l’entretien ou l’aménagement du paysage pour conserver ou recréer la diversité des biotopes (arbres, haies, zones humides, pelouses sèches, lisières,...).
  • Selon l'association environnementale WWF, la disparition des bouchons en liège sur les bouteilles de vin engendrerait une crise en Europe, notamment en Espagne et au Portugal, où poussent les chênes à écorce de liège : près de 75% des forêts qui couvrent ces régions de la Méditerranée occidentale pourraient disparaître en une dizaine d'années si l'on n'y prend pas garde (entraînant avec elles les espèces protégées qu'elles abritent), soit parce qu'elles ne seront plus rentables ou que les surfaces seront utilisées à d'autres fins. Les ONG insistent sur le fait que la récolte du liège est un procédé écologiquement responsable, qui ne suppose l'abattage d'aucun arbre mais au contraire l'entretien de la forêt (il faut attendre 60 ans pour écorcer l'arbre, ce qui peut ensuite se faire une dizaine de fois tous les dix ans environ), là où les bouchons synthétiques issus de la pétrochimie sont bien plus gourmands en énergie et en ressources. Aujourd'hui 70% de la production mondiale de liège sert à faire des bouchons pour le vin (15 milliards de bouchons au total), mais pour éviter les vins "bouchonnés" d'une part (environ 5% des bouteilles) et pour faire face à l'augmentation de la production mondiale par ailleurs (les bouchons en liège ne pourraient couvrir qu'un quart du marché aujourd'hui), les professionnels se tournent désormais vers des bouchons en plastique imitant le liège voire en métal dévissables. Et cela met aussi en péril les quelque 60 000 emplois dépendant de cette activité dans les pays producteurs…
  • D’après une étude coordonnée par le Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe), et soutenue par le mouvement des droits des générations futures (MDRGF) pour la France, Global 2000 pour l’Autriche et Greenpeace Allemagne, tous les vins conventionnels seraient fortement contaminés en résidus de pesticides (sur un échantillon de 34 bouteilles de vin rouge en provenance de France, d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie, du Portugal, d’Afrique du sud, d’Australie et du Chili, toutes étaient contaminées). Plus précisément, chaque échantillon testé contenait en moyenne plus de 4 résidus de pesticides différents (les plus contaminés d’entre eux contenant jusque 10 pesticides). Les niveaux de contamination dans cette étude sont variables et ne dépassent pas les limites maximales autorisées. Il faut préciser que les niveaux de contamination observés dans le vin sont considérablement plus élevés que les niveaux tolérés pour les pesticides dans l’eau puisque qu’on a trouvé dans certains vins testés des quantités jusqu’à plus de 5800 fois supérieures aux Concentrations Maximales Admissibles (CMA) autorisées par pesticide dans l’eau du robinet. Les vins bios testés, quant à eux, n'étaient pas contaminés - ou à des quantités minimales.
  • Au-delà d'un réchauffement de 2°C, la France subira en effet un grave déplacement géographique de ses écosystèmes, qu'ils soient cultivés ou naturels, et une rupture dans la pérennité de sa production agricole. Les changements climatiques annoncent donc aussi une sérieuse remise en question des terroirs... "Précocité des vendanges, grêles et chaleur à répétition, les effets des changements climatiques ne sont pas une fiction pour les viticulteurs !", rappelle Anaïz Parfait, chargée de mobilisation pour Greenpeace France qui a publié un rapport sur le sujet à la rentrée 2009. "L'augmentation de la teneur en alcool et en sucre due au réchauffement climatique perturbe déjà la complexité aromatique des vins. Si rien n'est fait aujourd'hui, les vignes se déplaceront de 1000 kilomètres au-delà de leur limite traditionnelle d'ici à la fin du siècle."
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Bonnes nouvelles

  • Depuis le 1er Janvier 2009, un nouveau règlement européen sur le bio est en vigueur (fleur étoilée) et pour le vin, la seule appellation autorisée aujourd’hui est celui de “vin issu de raisins de l’agriculture biologique”. C’est donc le raisin qui est certifié bio, selon le cahier de charges de l’agriculture biologique qui prévoit notamment la non-utilisation de produits chimiques de synthèse (pesticides et engrais chimiques) et d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Les négociations pour certifier la vinification bio débuteront dès septembre 2009 pour aboutir à une modification du règlement début 2010 : il s’agit de s’intéresser au processus de production du vin et non plus seulement aux raisins.
  • Certes, bio n'est pas forcément synonyme de bon, car la qualité du vin est avant tout liée au terroir, au cépage, au millésime et au savoir-faire du vigneron qui le cultive, le vinifie et l'élève. Mais nous sommes désormais loin du stéréotype des années 70 où les vins bio avaient une qualité très approximative, au point que certains vignerons faisant du bon vin ont longtemps refusé d’afficher leur démarche biologique sur l’étiquette de peur d’atténuer la qualité perçue de leurs produits. Aujourd'hui le bio suscite de plus en plus d'adeptes et connaît un succès croissant, surtout à l'étranger (70% de la production française de vins bio est exportée à l'étranger ). En 2007, 1 600 exploitations bio couvraient plus de 2% de la surface totale du vignoble français . A en croire certains, le bio pourrait même donner un sérieux coup de pouce aux vins français à l'export. Selon Jean-Marc Carité, rédacteur en chef de la revue Vin Bio (qui n'est désormais plus éditée), "dans les grandes dégustations à l’étranger, en Chine, en Amérique, au Japon, qui se font véritablement à l'aveugle, on a constaté que les vins français qui arrivaient en tête étaient issus de l’agriculture biologique et biodynamique certifiée". Et cet engouement des vignerons et des consommateurs n'est pas près de se ternir car le bio est en passe de devenir une marque de qualité et de différenciation sur le marché - comme les AOC ont pu l'être à leurs débuts. D'ailleurs, 80% des vignerons de l’appellation Baux-de-Provence sont désormais convertis au bio et proposent d’inscrire l’agriculture biologique dans le décret d’appellation (AOC), leur objectif étant de convertir 100% de l’appellation en une dizaine d'années . De toute façon, à défaut de compter sur le bio pour gagner des parts de marché, les viticulteurs ont tout intérêt à s'intéresser au vin bio pour des raisons liées à leur propre santé , comme évoqué plus haut…
  • Les vins de cépage et de marque du Nouveau Monde, s’ils sont emblématiques de l’arrivée sur le marché de nouvelles techniques de vinification éloignées des traditions de terroir, amènent aussi avec eux des pratiques plus respectueuses de l’environnement qui pourraient inspirer les viticulteurs français dans certains cas : ainsi le producteur J-J. Buckley s’est engagé à réduire les émissions de CO2 liées à la production mais aussi à la distribution et au transport de ses produits, puis à compenser les émissions résiduelles en finançant des projets d’énergie renouvelable, cependant que Willamette Valley Vineyards a été le premier producteur au monde à s’approvisionner en bouchons issus de forêts gérées durablement selon la démarche FSC (Forest Stewardship Council).
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Ce que vous pouvez faire

  • Essayez les vins et les champagnes issus de l’agriculture biologique ou même biodynamique, plus respectueuse de l’environnement, même s’ils ne sont pas encore facilement accessibles dans les grandes surfaces traditionnelles. Si vous ne fréquentez pas les boutiques bio spécialisées, pensez à demander à votre supermarché habituel d’en référencer, et en attendant pensez à commander les vins et champagnes sur Internet, ce qui vous évitera d’avoir à transporter les caisses vous-même (voir par exemple les sites spécialisés www.eco-bacchus.com , http://levertetlevin.com). Si vous êtes amateur de vins, notez qu’il existe un « Guide des vins bio 2007» d'Evelyn Malnic, Valérie de Lescure et Georges Lepré aux éditions Solar, ou encore les bonnes adresses du vin bio 2006-2008 aux editions Utovie.
    Et pensez aussi à encourager les vins issus d’une exploitation en reconversion vers l’agriculture biologique : la reconversion d’un vignoble en bio est effective seulement au bout de trois ans, c'est-à-dire à la quatrième récolte de raisins, et entre-temps le viticulteur, qui est déjà contraint de cultiver son exploitation en bio, ne peut vendre ses produits avec le label AB…
  • Méfiez-vous des appellations « Vins naturels » et autres promesses de pureté du vin : elles peuvent être trompeuses.
  • Evitez autant que possible les produits importés, qui ont nécessairement voyagé davantage  : privilégiez les produits locaux, du terroir et de la région où vous vous trouvez, ce qui est évidemment meilleur du point de vue environnemental mais aussi pour l’économie locale. Fiez-vous aux AOC (Appellation d'origine contrôlée) mais pas uniquement : ce système a été créé il y a 70 ans pour protéger les vignerons des contrefaçons en identifiant des zones de production, à l'intérieur desquelles des cépages bien déterminés sont sensés être cultivés selon un ensemble de règles communes (taille, rendement à l'hectare, densité de plantation, etc.), et les vins élaborés selon des usages «locaux, loyaux et constants ». Mais depuis, le système s’est développé jusqu’à couvrir aujourd’hui 60% volumes produits en France – et avec la multiplication des appellations d'origine (près de 500) et l’élargissement constant des aires d'appellations existantes, notamment régionales, certains considèrent que la notion d’AOC s’est dévoyée au fil du temps, devenant une étiquette plus qu’une éthique. Du coup, de nombreux vignerons, y compris les meilleurs, délaissent ce système réducteur pour écouler leur production auprès d'une clientèle éclairée, sous le label « vin de pays » ou même « vin de table » à des tarifs trois à quatre fois supérieurs au cours moyen des vins d'appellation qui se retrouvent bradés en grande surface. Prenez donc votre culture en main, soyez attentifs à l’origine des vins et, à l’occasion de vos déplacements, achetez même directement auprès des producteurs…

ET N’OUBLIEZ PAS : L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
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