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Pas si cool pour la planète, le jean... mais que faire pour en alléger l'impact, des champs de coton à la poubelle ?

Indémodable et familier (nous en possédons en moyenne 1,5 par personne), le jean est aussi opaque : son étiquette affiche un prix variable (entre 10 et 100 euros) mais ne dit rien sur ses impacts sociaux et environnementaux, alors qu'on sait que les coulisses de l'industrie textile ne sont pas toujours reluisantes. Et c’est sans parler de son impact environnemental, depuis la culture du coton (intense en pesticides), la transformation avec teintures polluantes, le transport (certains pantalons vendus en France combinent du coton indonésien confectionné au Bangladesh, avec une fermeture éclair bangladaise et des boutons ou rivets venus de Hong-Kong) ou enfin le lavage et le pressing ! Comment choisir et entretenir son jean en étant tranquille pour la planète ? Suivez le guide…

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Le saviez-vous ?

  • Le cycle de vie d'un jean comprend deux stades : d’abord, la production, depuis la culture de coton jusqu'aux traitements du pantalon (délavage, par exemple), qui représente 52% des émissions de gaz à effet de serre selon l’ADEME. Tout d'abord, preuve que les apparences peuvent être trompeuses en matière de fibres "naturelles", la culture du coton est une des plus polluantes de la planète : les champs de coton représentent 4% des surfaces agricoles mondiales mais consomment à elles seules 24% du total des insecticides agricoles et 11% du total des pesticides. Au total, la production d'un kilo de coton (de quoi produire un jean et un tee-shirt) nécessite 7000 litres d'eau, 75 grammes de pesticides, 2 kg d'engrais chimiques. Les victimes  de ces pratiques sont en premier lieux les personnes travaillant dans les exploitations (impacts sanitaires des produits utilisés, etc) : ainsi, en 1990, 50% des travailleurs des champs de coton égyptiens montraient des symptômes d'empoisonnement aux pesticides comme des perturbations du système nerveux ou de la vision. De la même façon en Inde, le quotidien Indian Express rapporte des cas d'intoxications mortelles liées à l'utilisation de pesticides interdits en Europe (et classés dans la catégorie de danger n°1 par l'ONU), et fait également état d’inquiétudes liées à la multiplication des plants transgéniques (qui représenteraient déjà 36% de la production mondiale). Evidemment, si le coton est bio, cela est moins dommageable pour les rivières et nappes phréatiques, puisqu'il n'a requis aucun produit chimique pour sa culture.

  • Toujours dans la phase initiale, le transport : d’après l’ADEME, acheter un jean dont le coton est produit en Inde entraîne un effet sur l'environnement plus fort que si celui-ci provenait d'Egypte, à cause du transport qui représente 6% au total de l'impact environnemental.
  • Enfin viennent la teinture et la transformation : si le pantalon est produit dans un pays ne disposant d'aucune législation sur le traitement des eaux, il se transforme vite en horreur écologique. A chaque étape (ennoblissement de la fibre, puis teinture et délavage), les usines de production déverent des quantités de produits chimiques dans la nature si les eaux ne sont pas traitées. Outre le danger pour les ouvriers, cela peut aussi constituer un risque pour le client, car si les colorants toxiques sont mal fixés, ils peuvent provoquer des dégorgements sur la peau (via la transpiration), mais aussi une assimilation et dégradation du colorant par l'organisme provoquant des concentrations au niveau de la vessie et des risques de cancer.

  • La deuxième étape commence une fois que le jean est produit et vendu : il s'agit de l’utilisation (nettoyage, repassage...) et de la fin de vie, qui représentent 48% des émissions de gaz à effet de serre selon l’ADEME. Plus on lave son jean, plus on use la planète ! Evidemment, la machine à laver consomme de l'énergie, sans compter le sèche-linge et même le fer à repasser qui font exploser les compteurs électriques. L’impact est encore pire si vous donnez votre jean au pressing, ce que font certains pour les jeans de luxe, avec dentelles, pailletés, peintures. Car les procédés de teinturerie utilisent des produits toxiques, comme le perchloréthylène, et consomment beaucoup d'énergie.
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Bonnes nouvelles

  • Si, comme chacun le sait, les questions de délocalisation et de sous-traitance dans les pays émergents ne sont plus seulement aujourd'hui l'affaire des entreprises du textile, elles ont cependant été les premières, il y a plus d'une dizaine d'années, à s'engouffrer dans cette voie pour baisser leurs coûts de production et rester compétitives sur des marchés très disputés. Il n’est donc pas étonnant que le secteur ait été en première ligne, à la fin des années 90, des débats sur les conditions de travail dans les usines de sous-traitance… Bilan : d’après une étude parue dans le numéro de décembre 2007 de 60 Millions de Consommateurs, les grandes marques sous le feu des médias comme Gap, H&M, Levis', Carrefour Tex, Lee ou Zara affichent de bonnes performances pour ce qui concerne la robustesse de leurs engagements sociaux et environnementaux… mais on trouve quand même des grands en queue de classement : Diesel, Lee Cooper, Liberto, Pepe Jeans, etc.

  • Peu à peu, les marques alternatives (Idéo, Machja) et plus grand public (Levi’s Eco, Ober ou G-Star) se mettent au coton bio pour leurs jeans. D'autres marques explorent d'autres voies : ainsi, Rica Lewis (qui vend ses produits en grandes surfaces) a lancé en 2006 le premier jean équitable labellisé Max Havelaar, une déclinaison du modèle-phare de la marque, le RL70. La marque Bonobo a lancé en 2015 une gamme de jeans éco-conçus pour laquelle des matières écologiques et biologiques sont utilisées (Tencel, Modal mais aussi laine, polyester et coton recyclé), de même qu'un procédé de fabrication moins consommateur d'eau.
  • Bonne nouvelle : le jean fabriqué en France, ça existe ! C’est en tout cas le pari de la marque 1083 qui commercialise des chaussures et jeans éco-conçus et fabriqués (c’est à dire teints, tissés et confectionnés) à moins de 1 083 kms de chez vous. Sur un prix de vente de 89 €, près de 86 € irriguent ainsi l’économie locale française - de Tourcoing, où est réalisée une partie du tissage, à Marseille, où sont entièrement confectionnés les jeans. Même logique pour les accessoires : les fermetures à glissière sont fabriquées dans le département du Nord, les fils à coudre à Villeneuve d’Ascq, les fonds de poche tissés en coton biologique et issus du commerce équitable sont confectionnés dans la Loire. Fils à coudre, autocollants et étiquettes cartons, étiquettes intérieures, biais protégeant les coutures et sachets postaux utilisés pour livrer les jeans sont également fabriqués dans des usines françaises. La marque 1083 joue d’ailleurs la transparence et précise sur son site que seule la filature du coton bio ainsi que les boutons et rivets proviennent de notre voisin italien.
    Si vous maniez la machine à coudre comme personne, 1083 met également à disposition gratuitement les patrons de ses modèles de jeans pour que vous puissiez les reproduire chez vous.
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Ce que vous pouvez faire

  • Il ne s’agit pas de renoncer au jean mais d’adopter des comportements d'achat et d'utilisation qui minimisent son impact sur l'environnement. D’abord, choisir un jean en coton bio si possible… et sinon demander l’origine de la toile, si le vendeur la connaît. Ensuite, suivre quelques règles de base : porter son pantalon plusieurs jours par semaine au lieu d'un seul ; le laver toutes les cinq utilisations, plus si possible mais pas moins ; le laver dans une machine de classe A et à froid ; mieux (et donc moins) doser la lessive ; et enfin ne jamais le repasser (une personne sur deux repasse ses jeans) ni le faire sécher en machine.

  • Quand il sera usé jusqu’à la corde, mieux vaut toujours le donner, le revendre ou le transformer en chiffons de peinture pour les petits, plutôt que de le jeter aux ordures où il finira dans un incinérateur, dont les émissions de gaz à effet de serre équivalentes à celles d’un cyclomoteur sur 337 kilomètres !
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