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Médicaments

MÉDICAMENTS

Les médicaments avec lesquels nous nous soignons rendent la planète malade… et risquent de nous rendre malades à notre tour. L’impact de ceux-ci sur l’environnement est de mieux en mieux connu.

C’est un des paradoxes du monde moderne : les médicaments que nous consommons pour nous soigner ont l’effet inverse sur la planète. Ils la rendent malade et ils risquent de nous rendre malades à notre tour. Des résidus de centaines de produits pharmaceutiques - l’œstrogène, en particulier, mais aussi les anticancéreux, les antibiotiques et même l’aspirine  -  se retrouvent en abondance dans  l’eau des rivières et dans les sols. L’eau potable que nous utilisons pour préparer les repas ou faire le café du petit déjeuner contient elle-même d’importants résidus médicamenteux. Les stations d’épuration n’arrivent pas à détruire toutes les molécules. Leurs boues se retrouvent également dans les champs où elles sont épandues et utilisées comme engrais, sans que l’on connaisse leur effet à long terme sur l’écologie.
Jusqu’à récemment, rares étaient ceux qui se souciaient de l’impact des médicaments et de leurs résidus que nous rejetons dans la nature. Depuis peu, une prise de conscience commence à émerger, notamment, grâce à l’énorme étude de l’Académie de pharmacie, publiée en septembre 2008, intitulée « Médicaments et Environnement ». Si nous ne faisons rien,  la pollution de notre environnement par les produits pharmaceutiques pourrait bien devenir la prochaine crise écologique menaçant directement notre santé. Voici donc quelques règles à garder en tête pour prendre soin de la Terre en prenant soin de nous-mêmes par la même occasion.

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Le saviez-vous ?

  • Chaque année, il se consomme dans le monde plus de 320 milliards de dollars de médicaments, et les pays développés sont les plus gros consommateurs : selon les Nations Unies, 15% de la population mondiale consomme 90% des médicaments.  La part des pays pauvres ne fait que diminuer.  Les 30% les plus pauvres ne représentent qu’à peine 1% de la consommation totale de médicaments.
  • La France est le troisième plus gros consommateur de médicaments au monde, derrière les Etats-Unis et le Japon (2% du PIB). Les Français ont acheté plus de 3 milliards de boîtes de médicaments en 2003. La dépense moyenne par habitant est égale à 1,5 fois celle de l’Allemagne ou de l’Espagne.  Les Français sont 30% au dessus de la moyenne des pays riches de l’OCDE en valeur et 50% au dessus en volume.
  • On ne prescrit pas toujours les médicaments les plus efficaces, même si parfois un produit moins cher est aussi performant. Dans un nombre de cas importants, par exemple, l’aspirine, 27 fois moins chère que le Plavix, pourrait être prescrite pour la prévention ou les suites d’un accident cardio-vasculaire, avec un résultat au moins équivalent.  Selon une enquête de l’Assurance Maladie, on assiste à « une substitution des médicaments les plus récents et les plus chers au détriment de médicaments moins coûteux à efficacité comparable. »
  • En France, on prescrit beaucoup trop. L’Assurance Maladie a remboursé en 2007 plus de 21 milliards d’euros, soit une hausse de 4,6% par rapport à l’année précédente.  Sur huit classes de médicaments couramment prescrits et représentants 40% des dépenses de la Sécurité Sociale, la France affiche un montant moyen de dépense par habitant de 118 euros, soit 24 euros de plus que le deuxième, l’Italie, et 46 euros de plus que l’Allemagne.
  • Il faut dire que la pression des laboratoires sur les médecins est plus élevée en France que dans les autres pays européens, selon les enquêtes de la Cour des Comptes et de l’Inspection Générale des Affaires Sociales.  On compte en France 1 visiteur médical pour 9 médecins, soit deux fois plus qu’en Angleterre ou en Allemagne et quatre fois plus qu’aux Pays Bas.  En Angleterre, les dépenses de promotion ne peuvent excéder 4% du chiffre d’affaires des laboratoires. En France, elles en représentent 10%.
  • Les laboratoires ont par ailleurs tendance à encourager les médecins à prescrire leurs médicaments « hors indication », c’est à dire pour un usage non prévu pour ce produit. Une étude menée en 2004 par la revue Prescrire révélait que les indications présentées aux médecins ne correspondaient pas aux indications officielles dans 35% des cas. Dans 9%, les indications étaient même totalement différentes.
  • Antibiotiques, hormones, anticancéreux, œstrogènes, aspirine : ces médicaments envahissent de plus en plus les rivières et les fleuves.  « Depuis que des campagnes de prélèvement ont été lancées dans différents pays du monde, » explique Jean-Marie Haguenoer, président de l’Académie de Pharmacie, qui a réalisé le rapport « Médicaments et Environnement » publié en septembre 2008, « on trouve des traces de médicaments partout et tout le temps.  Le plus préoccupant, ce sont les produits de type anticancéreux, les hormones et les antibiotiques. »  L’Académie de Pharmacie n’est pourtant pas connue pour ses penchants révolutionnaires. Certaines stations d’épuration peuvent détruire une grande partie des molécules entrant dans la composition des médicaments, mais parfois seulement 40%.  Les perturbateurs endocriniens, en particulier, sont difficiles à éliminer.  Ces résidus de médicaments se retrouvent dans l’eau potable aussi bien que dans les champs dans lesquels les boues des stations d’épurations sont épandues et utilisées comme engrais.  Trois études menées par les directions régionales de l’action sanitaire et sociale sur l’eau potable de trois régions françaises (Midi-Pyrénées, Basse Normandie, Rhône-Alpes), ont également découvert une vingtaine de molécules pharmaceutiques  (anti-épileptiques, anti-inflammatoires, tranquillisants, antalgiques, anti cholestérol, parmi d’autres) dans l’eau que nous consommons.
  • Plus de 30% des Français mettent leurs médicaments non utilisés à la poubelle, et 4% les jettent dans les toilettes ou le lavabo.  90% des déchets issus de médicaments consistent en papiers et cartons (notices et étuis), verre (flacons, ampoules), plastique (blisters, tubes), aluminium (blisters, bombes aérosols, tubes). Le système de collecte et de recyclage des médicaments est assez peu efficace. Selon une étude de l’Académie de Pharmacie, le taux de collecte est d’à peine 11,6% des emballages et 5,7% des médicaments. « Les médicament non collectés prennent donc, pour l’essentiel, le circuit des ordures ménagères ou des eaux usées, » selon ce rapport. 
  • EMEA (European Medecines Evaluation Agency) est l’équivalent européen de la FDA (Food and Drug Administration) américaine. Chargée en particulier de la pharmacovigilance, elle n’est pas un modèle de vigilance. Alors que la FDA a lancé des mises en garde officielles à l’encontre de 10 des 20 plus importants laboratoires américains et européens, à la suite de problèmes de fabrication, l’EMEA n’en a pas détecté un seul. 
  • En Suède, il existe une classification des médicaments en fonction d’un indice de pollution. « En France, » déplore Olivier Toma, fondateur du Comité Développement Durable en Santé (C2DS), « il n’existe pas de critères objectifs d’achat d’un médicament. Il faudrait qu’il existe un indice mesurant à la fois le coût, l’efficacité et l’impact écologique. »
  • Nos animaux domestiques et les animaux de ferme se comportent comme nous. Les médicaments à usage vétérinaire sont également une source importante de pollution. La France consomme annuellement pas moins de 1179 tonnes d’antibiotiques animaux (668 tonnes pour l’Allemagne, en deuxième position) et  0,70 tonnes d’hormones (là encore, la France décroche la première place).
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Bonnes nouvelles

  • Le système Cyclamed de collecte des médicaments inutilisés a été mis en place par l’industrie pharmaceutique en 1993, avec deux objectifs initiaux : l’élimination des déchets d’emballage des vieux médicaments, et la redistribution, par l’intermédiaire d’associations, d’une partie de ces médicaments aux plus démunis.  Depuis le 31 décembre 2008, le recyclage des médicaments non utilisés afin qu’ils soient ensuite distribués à des organisations humanitaires, dans le cadre du programme Cyclamed, a été supprimé par le gouvernement à la suite de certains trafics et détournements.  Ce programme, créé en 1994, voulait aider les pays pauvres en mettant à leur disposition des médicaments non périmés. De plus, ces produits étaient souvent inadaptés aux besoins des populations qui en bénéficiaient. La mission de collecte des Médicaments Non Utilisés (MNU) effectuée  depuis 15 ans de façon volontaire par les pharmaciens est désormais devenue une obligation professionnelle depuis 2008. Par ailleurs, les laboratoires doivent prendre à leur charge la remise à titre gratuit aux officines de pharmacie de réceptacles de collecte des MNU, l’enlèvement, le regroupement, le tri et le transport des MNU depuis les officines de pharmacie jusqu’à leur lieu de destination, en vue de leur destruction, et la destruction des MNU. Au total, en 2008, 12.530 tonnes de M.N.U. ont été collectées par les pharmacies françaises et stockées par les grossistes répartiteurs avant leur valorisation. Cette collecte est en hausse de précisément 2,4 % par rapport à l’année 2007. En tenant compte du nombre de boîtes de médicaments dispensées en 2008, en diminution de 2,2 % par rapport à 2007, la progression réelle (c'est-à-dire corrigée des variations des ventes) est de près de 5 %.

  • Les pharmaciens commencent à prendre conscience qu’assurer la bonne santé de leurs clients ne consiste pas seulement à leur vendre des médicaments.  Non seulement ils doivent adopter des pratiques saines pour l’écologie des corps, mais ils ont un pouvoir d’information considérable : chaque jour, plus de 4 millions de personnes fréquentent leur pharmacie de quartier. Depuis peu, diverses initiatives ont été lancées pour mobiliser les pharmaciens sur le sujet.
    Ainsi, le Groupe PHR, qui compte 2500 pharmaciens adhérents, a lancé, début 2009, un label « pharmacie durable » établi avec le Bureau Veritas, qui comprend 120 actions. Le label comprend un volet environnemental. La pharmacie s’y engage à sensibiliser le public à la protection de la santé et de l’environnement :
    - elle réalise une campagne sur les médicaments déchets. Au travers de cette campagne, elle aide le patient à faire le bilan de son armoire à pharmacie (proposer aux patients de faire une liste des médicaments, vérifier les dates de péremption et la bonne utilisation du médicament, et récupérer les médicaments non utilisés et périmés)
    - Elle sensibilise les fournisseurs au concept de développement durable et référence des produits respectueux de l’environnement et des lois sociales.
    - Elle propose des sacs à usage multiple, réutilisables.
  • Le système de collecte et de ramassage des radiographies très embryonnaire. Certaines municipalités ou organismes les récupèrent. Elles sont peu nombreuses, mais le mouvement a tendance à s’étendre.  A Lyon, depuis la mi-février 2009, les 17 déchetteries acceptent les radios. Elles peuvent être apportées individuellement ou bien collectées par l’association humanitaire Terre d’Amitié. Les fonds obtenus par la vente de ces radios permettent de financer l’achat de lait maternisé dans les pays d’Afrique où est implantée l’organisation humanitaire. Les sels d’argent sont récupérés puis dirigés vers des centres de traitement adaptés et le plastique, qui sert de support, est recyclé.  En Belgique et dans le Nord-Pas de Calais, l’association Autre Terre recycle tout ce qui est radiographie et même les vieilles pellicules photos.  L’Ordre de Malte, implanté dans tout l’Hexagone, assure également la collecte des radios. Les délégués par département ou, à Paris, par arrondissement, en sont responsables.  `
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Ce que vous pouvez faire

  • Limitez quand vous le pouvez votre consommation de médicaments, par exemple en optant pour les médecines douces, qui soignent le « terrain » avec des remèdes sans effets secondaires pour la planète et le corps humain (ostéopathie, homéopathie, acupuncture, etc.) – notamment pour soigner ou prévenir la survenance de maladies bénignes et chroniques. Renseignez-vous sur les méthodes alternatives ou complémentaires permettant de renforcer les défenses naturelles du corps, en restant naturellement vigilant sur les approches « magiques » ou douteuses : David Servan-Schreiber a détaillé dans son livres « Guérir » des méthodes alternatives aux médicaments contre la dépression, puis dans « Anti-cancer » l’importance des facteurs alimentaires et environnementaux dans la prévention du cancer. Il rapporte aussi dans ce dernier ouvrage une étude sur les indiens du Paraguay et de Nouvelle-Guinée, dont les adolescents ne connaissent aucune trace d’acné, qui affecte dans nos pays 80 à 95% des adolescents de moins de 18 ans – vraisemblablement du fait d’un régime alimentaire traditionnel totalement exempt de sucre raffiné (sucre de canne ou de betterave, sirop de maïs ou de glucose, etc.) et de farine blanche (pains blancs, pâtes blanches, riz blanc, etc.).
  • Lorsque cela est possible, prendre des comprimés plutôt que des sirops qui produisent plus de déchets (bouteille et emballage plus volumineux).
  • Rapportez les médicaments non utilisés au pharmacien, plutôt que de les jeter à la poubelle ou aux toilettes. Même si les médicaments inutilisés ne seront plus redistribués aux plus pauvres, il est important de continuer à les rapporter dans les pharmacies : d’abord parce qu’un médicament n’est pas un produit anodin que l’on peut se contenter de jeter dans une poubelle en raison du risque d’ingestion, notamment par les enfants ; ensuite parce que les substances contenues dans les médicaments représentent un risque pour l’environnement. 
En continuant à avoir le "réflexe Cyclamed" vous pourrez participer au recyclage de ces déchets d’un genre particulier : les médicaments seront récupérés puis détruits dans des incinérateurs afin de les transformer en énergie. En outre, si vous les ramenez en pharmacie, leur mise à décharge et destruction est à la charge des industriels rassemblés dans Cyclamed plutôt qu’à celle de la commune.  Les emballages vides doivent de leur côté être recyclés dans le tri sélectif.
Pour le ramassage et recyclage :

http://www.unpf.org/cyclamed/
www.terredamitie.org/
http://www.ordredemaltefrance.org/
http://www.autreterre.org/
http://www.psfci.org/
http://www.pharmaciengiphar.com/

Pour l’information sur la pollution médicamenteuse :
Académie nationale de Pharmacie
  • La règle de bonne conduite pour sa santé et pour l’environnement doit donc commencer par éviter la dépendance aux médicaments, et surtout leur surconsommation. D’abord en prenant soin de nous de manière régulière, par une alimentation saine et un peu d’exercice physique, et ensuite en n’ayant pas recours systématiquement aux médicaments.  Par exemple, l’effet positif de la lumière sur le moral est aujourd’hui connu.  Pour soigner une dépression saisonnière, liée à l’absence de lumière, par exemple, mieux vaut souvent une luminothérapie que des anxiolytiques.  Dans son livre Guérir, David Servan-Schreiber donne une foule d’études scientifiques très sérieuses montrant les effets positifs de méthodes alternatives pour soigner la dépression.
    La même philosophie devrait guider toute notre approche de notre santé.
    Le médicament ne devrait être que l’ultime recours et non, comme nous le faisons trop souvent, le premier réflexe.  Ainsi, la France reste la deuxième plus grosse consommatrice d’antibiotiques (et les enfants de 0 à 5 ans en sont les premiers consommateurs), malgré les campagnes d’information qui ont fait chuter leur prescription de 23,4% en cinq ans, selon la plus récente étude de la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie.  Non seulement les antibiotiques développent des bactéries résistantes, mais ils font partie des substances trouvées en quantité importantes dans les prélèvements d’eau potable.  « Les médecins prescrivent encore trop souvent ces traitements pour des pathologies virales ou des maladies courantes de l’hiver, alors que les antibiotiques sont efficaces seulement contre les seules bactéries, » explique le Dr. Vincent Jarlier, Président de l’Observatoire national de l’épidémiologie de la résistance bactérienne aux antibiotiques (Onerba).
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