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Crème solaire

CRÈME SOLAIRE

Pas question de lézarder des heures au soleil sans protection. Mais il faut ouvrir grands les yeux derrière ses lunettes noires pour lire les formules des crèmes solaires. Elles pourraient bien contenir des substances nuisibles pour notre peau ou pour l’eau bleu turquoise de la plage.

On aime le soleil, la peau caramel, la vitamine D que les rayons nous aident à synthétiser, mais le message est passé : point trop n’en faut. Si on ne veut pas devenir prématurément des vieilles peaux ridées qui produisent des mélanomes, on évite les coups de soleil qui peuvent nous brûler jusqu’au troisième degré et on se protège. L’industrie cosmétique propose pour cela une panoplie complète de produits solaires de protection vendus en pharmacies, parfumeries, grande distribution mais aussi magasins bio. Voyons comment faire le meilleur choix pour sauver sa peau sans sacrifier la planète.

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Le saviez-vous ?

  • Il existe deux sortes de filtres solaires, les filtres chimiques synthétiques et les écrans minéraux. Les molécules synthétiques agissent en absorbant les rayons du soleil. Elles sont de plus en plus contestées. Certaines sont des irritants ou des allergènes reconnus, mais surtout plusieurs sont des perturbateurs hormonaux reconnus, certes d’activité plutôt faible, mais susceptibles d’être impliqués dans la féminisation de certaines espèces de poissons dans les lacs de Suisse, ou sont aussi soupçonnés d’agir sur le métabolisme des lipides… Et même de faire des dégâts sur les coraux : une étude italienne, publiée en 2008 dans la revue américaine Environmental Health Perspectives, réalisée par l’équipe du Professeur Roberto Danovaro montre que les filtres chimiques, même en quantité infime, peuvent provoquer le blanchiment des coraux en quelques jours, sans doute en réactivant des infections virales latentes dans la zooxanthellae, algue symbiotique du corail. Du coup, de plus en plus de marques boudent ces filtres synthétiques et les labels de la cosmétique bio les proscrivent carrément. Elles leur préfèrent les minéraux, du dioxyde de titane ou du dioxyde de zinc, des molécules qui agissent en réfléchissant les rayons lumineux.
  • Alors sont-ils sans risque ces écrans minéraux ? Oui et non. Ils ont un petit défaut d’ordre purement esthétique : ils laissent sur la peau une pellicule blanchâtre. Pour satisfaire leurs clients qui ne veulent pas avoir l’air de cachets d’aspirine sur la plage, les labo ont trouvé la parade : les réduire à l’état de nanoparticules, c’est-à-dire des particules mesurant moins de 100 nanomètres, un nanomètre correspondant à un milliardième de mètre. Fini les traces blanches. Bonjour les nouveaux ennuis ! Car l’emploi des nanoparticules en cosmétique (et dans bien d’autres domaines) est controversé. Dans un rapport publié en 2006, intitulé “Nanomaterials, Sunscreens and Cosmetics : Small Ingredients, Big Risks”, les Amis de la Terre réclamait carrément un moratoire sur les produits corporels contenant des nano. Selon l’ONG, «Il a été démontré que, lorsqu’elles sont exposées aux UV de la lumière solaire, les nanoparticules d’oxyde de titane et d’oxyde de zinc - utilisées dans un grand nombre de produits cosmétiques, de soins corporels et de crèmes solaires - sont photo-actives, produisent des radicaux libres et endommagent l’ADN des cellules de la peau. » Certes, les études sont encore trop rares et contradictoires, mais pour beaucoup, le principe de précaution s’impose.
  • Aucun moyen de savoir aujourd’hui si un produit solaire (ou tout autre produit de consommation) contient des nanoparticules : la liste INCI, obligatoire, qui détaille tous les ingrédients de la formule, ne précise pas si la molécule, en l’occurrence le dioxyde de titane, est sous forme nano ou pas.
  • Pas facile de formuler des crèmes solaires bio, sans nano-particules mais qui restent efficaces pour nous protéger des UV-B (coups de soleil) mais aussi des UV-A (cancers et vieillissement de la peau). Les nouvelles recommandations européennes sur les préparations solaires exigent que ces produits procurent une protection minimum contre les UVA et fassent preuve d’un rapport minimum de 1/3 entre les protections UVA et UVB. Face à ce défi, plusieurs fabricants ont carrément jeté l’éponge pour l’été 2009, reportant à 2010 le lancement de leurs formules solaires, tels Melvita et Weleda qui s’en expliquent sur leurs sites Internet et par communiqué de presse. Dr Hauschka, quant à lui, a annoncé au printemps 2009 l’arrêt de sa ligne de produits solaires.
  • Les crèmes solaires bio n’ont pas toujours bonne presse : dans un reportage diffusé le 24 mai dans l’émission Capital (M6), des journalistes ont semé le doute quant à leur efficacité en présentant des résultats de test de 5 crèmes solaires, plutôt désastreux ; les fabricants incriminés ont réagi aussitôt par un communiqué de presse individuel ou collectif dans le cadre de l’association Cosmebio, expliquant que les mesures réalisées pour l’émission ne l’ont pas été dans les conditions appropriées pour ce type de test. N’empêche, le doute subsiste…
  • Certaines huiles végétales agissent comme des filtres solaires naturels légers, en absorbant les rayons. C’est le cas des huiles de jojoba, d’olive ou de sésame. La poudre ocre d’Urucum (en vente mélangée à de l’huile chez Guayapi) est traditionnellement utilisée pour se protéger du soleil par les indiens d’Amazonie qui s’en enduisent le visage. Mais les laboratoires pourraient bien développer de nouveaux filtres solaires naturels, à base de flavonoïdes et polyphénols extraits de végétaux : des chercheurs de l’Université de Nantes ont mesuré le pouvoir filtrant des rayons UV-B et UV-A d’une douzaine d’extraits végétaux. Les résultats les plus encourageants contre les UV-B sont obtenus avec des extraits de carotte ou d’artichaut, contre les UV-A avec un extrait de menthe poivrée.
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Bonnes nouvelles

  • Ecocert et Cosmébio, les deux labels français de la cosmétique bio, ont exclus l’usage des nanoparticules en 2008. Leurs fabricants certifiés avant le 1er janvier peuvent encore écouler leurs crèmes contenant des écrans minéraux réduits à l’état de nano pendant trois ans, mais tous les nouveaux produits sur le marché doivent en être exempts. Le label allemand BDIH continue à autoriser les nanoparticules. Heureusement, il est possible de formuler des solaires bio avec des écrans minéraux micronisés et non sous forme nano. Double avantage : pas de crainte quant au potentiel toxique ou éco-toxique et aspect normal d’une crème, pas d’un plâtre épais !
  • Une procédure a été lancée par la Commission européenne pour la simplification de la directive cosmétiques qui date de 1976 : un nouveau Règlement européen a été adopté en mars 2009 par le Parlement Européen (le texte doit encore être adopté par le Conseil avant d’être mis en application en 2012). Des règles sont justement introduites concernant l’usage des nanoparticules. 1) Un fabricant désirant utiliser les nano devra en informer la Commission six mois avant la mise sur le marché de son produit. En cas de doute sur l’innocuité de la formule, la Commission pourra demander l’expertise du Comité scientifique des produits de consommation (CSPC). 2) Le Règlement introduit l’obligation d’afficher l’usage de nanoparticules sur l’emballage. Le filtre minéral réduit à l’état de nano sera par exemple signalé dans la liste des ingrédients de la façon suivante : Titanium dioxide [nano].
  • Les marques bio développent de plus en plus leur gamme de produits solaires, la plupart sont vendus dans des boutiques spécialisées : Lavera, Melvita, Phyt's. Mais depuis peu, certaines marques vendues en parapharmacie se mettent à la crème solaire bio - c'est le cas de Bergasol qui vient de sortir une gamme solaire bio.
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Ce que vous pouvez faire

  • Respectez les consignes de base : éviter les heures les plus chaudes, sous nos latitudes de 12 à 16 heures, s’exposer progressivement d’abord une demi-heure puis un peu plus chaque jour, ne pas rester trop longtemps au soleil, porter chapeau, vêtements couvrants, lunettes, utiliser un parasol, etc… Rappelez vous que même sous un ciel couvert, on brûle !
  • Pour la crème, choisissez un indice de protection adaptée à votre type de peau et aux conditions d’exposition. Consultez la météo solaire qui indique l’index UV, autrement dit l'intensité du rayonnement UV sur une échelle de 1 à 12 et le risque qu'il représente pour la santé. Pour plus d’informations, rendez vous sur le site de l’association Sécurité solaire qui grâce à un réseau de capteurs, édite des prévisions UV pour informer le grand public, grâce aux bulletins météo des radios, télévisions et presse écrite, sur l'intensité du rayonnement UV et sur les moyens de protection de la peau et des yeux.
  • Pour les enfants, essayez les T-shirts anti-UV, comme ceux vendus chez Décathlon, qui protègent autant, mais plus longtemps, qu’une crème solaire et qui permettent de gagner du temps sur la corvée de crémage, et avec lesquels on peut se baigner.
  • Préférez les produits labellisés bio. N’oubliez pas que les solaires sont des cosmétiques comme les autres. En conventionnel, ils peuvent contenir des huiles pétrochimiques, des conservateurs irritants et d’autres ingrédients pas forcément respectueux de la planète et de notre peau. Dans les bio, on trouve essentiellement des ingrédients naturels issus de matières renouvelables. Toutefois, vu les risques, retenez qu’il vaut mieux une crème solaire pas bio que pas de crème du tout ! Vous les trouverez dans les parapharmacies, les magasins spécialisés et sur les sites de vente sur Internet.
  • En attendant 2012 (avec l’application du nouveau Règlement européen) et 2011 (quand tous les produits Cosmébio et Ecocert contenant des nanoparticules auront quitté le marché), le seul moyen d’éviter les nanoparticules, c’est de poser la question au fabricant. Vérifiez aussi si la crème laisse ou pas une trace blanche sur la peau : si elle en laisse, elle ne contient probablement pas de « nano » mais c’est moins glamour.
  • A la mer, choisissez un lait qui se dissout dans l’eau plutôt qu’une huile. Cette dernière flotte et forme un écran à la surface qui diminue la photosynthèse.
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