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Pressing

PRESSING

Rideaux, couettes, manteaux d’hiver ou costumes trois pièces, le pressing n’a peur de rien : cette formidable invention qu’est le pressing, permet de tout nettoyer sans eau, y compris les textiles délicats, lainages ou soies.

Mais il implique généralement l’utilisation de solvants toxiques et polluants. Heureusement ces derniers pourraient bien disparaître dans les années à venir en faveur de solutions plus écologiques et moins problématiques pour notre santé.

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Le saviez-vous ?

  • Le nettoyage à sec a été inventé par un français en 1855 ! Jean-Baptiste Jolly, suite à une maladresse, renverse sur sa nappe le contenu d’une lampe à pétrole. Il remarque alors qu’après évaporation, la partie de la nappe qui avait été mouillée est remarquablement propre. En répétant cette expérience accidentelle en plongeant la nappe entière dans un bain de térébenthine, il s’assure de la propriété nettoyante de cette dernière.
  • Aujourd’hui, la substance majoritairement utilisée par les pressings est le perchloroéthylène, plus connu sous le nom de « perchlo ». La méthode utilisée est des plus simples : on place les textiles à nettoyer dans le tambour d’une machine à laver spéciale, qui n’utilise ni eau ni lessive, mais ce solvant.
  • Le perchloroéthylène est une substance classée « cancérogène probable » (catégorie 3) par l’Union Européenne ainsi que par le Centre international de recherche sur le cancer. Elle est très irritante pour les voies respiratoires, et neurotoxique (ce qui signifie qu’elle est susceptible d’attaquer le système nerveux central). De nombreux cas de maladies respiratoires et syndromes dépressifs ont été constatés parmi les employés de pressing, pouvant être mis en relation avec l’utilisation du perchloroéthylène. Des études épidémiologiques ont également mis en évidence sa responsabilité dans certains cancers (œsophage, rein, vessie, poumon, pancréas et col de l’utérus). Le perchloroéthylène est aussi toxique pour la reproduction mais sa classification est encore en discussion au niveau européen. Enfin, à forte dose, le perchloroéthylène peut provoquer le coma : un cas de nourrisson est décédé subitement il y a une quinzaine d’années à cause de textiles, tout juste ramenés du pressing, mais insuffisamment essorés, qui avaient été entreposés dans la chambre où il dormait.
  • D’autre part, le perchloroéthylène est très volatile, et s’évapore donc très facilement. Le voisinage des pressings peut être lui aussi pollué par cette substance. Ainsi, les quelque 5 000 entreprises de nettoyage à sec en France libéreraient chaque années près de 8200 tonnes de perchlo dans l’air, et essentiellement dans des zones résidentielles. Rien qu’en région parisienne, les pressings utilisent 1180 tonnes de perchloroéthylène et en rejettent 860 tonnes dans la nature. Bien souvent il s’agit de petites entreprises qui ne respectent pas la réglementation en vigueur, imposant de fonctionner en circuit fermé et d’être doté d’un plan de gestion des solvants.
  • Le perchloroéthylène peut également être responsable d’une importante contamination des eaux. Chiffre frappant : un litre de perchloroéthylène pollue 1 000 000m3 d’eau.
  • Au-delà des impacts nocifs du perchloroéthylène, les pressings sont également responsables d’autres pollutions  : par production de déchets (cartouches filtrantes, chiffons souillés, boues de perchlo, etc.) pas systématiquement traités comme ils le devraient, et qui rejoignent les ordures ménagères ou les égouts. Pour pallier à ce problème, et apporter des solutions concrètes au traitement des déchets des pressings, la région Rhône-Alpes a organisé en 2002 une grande campagne de collecte : elle avait ainsi permis de récupérer près de 70 tonnes de déchets considérés comme dangereux. D’autres opérations, sous le label « Pressing propre », ont eu lieu dans bon nombre de régions françaises depuis, avec prestataires agréés pour gérer ces types de déchets, et aides financières aux entreprises participantes pour mettre en place des systèmes efficaces de gestion de leurs déchets.
  • Aux Etats-Unis, l’Agence de l’Environnement (EPA) prévoit d’interdire d’ici 2020 toutes les entreprises de nettoyage à sec situées dans des bâtiments résidentiels. Le Danemark interdit l’ouverture de tout nouvel établissement de nettoyage à sec qui envisagerait d’avoir recours au perchloroéthylène.
  • Utilisé par 90% des pressings, le perchloroéthylène a été pointé du doigt dès 2007 par Nathalie Kosciusko-Morizet, à l’époque secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Et fin 2009, la France s’est dotée, par le biais de son Plan national santé environnement, d’un objectif de réduction de 30% des émissions de particules fines dans l’air, et de réduction des émissions de six substances toxiques, dont le perchloroéthylène. Ce plan devrait être mis en œuvre dès 2013.
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Les trucs verts à connaître

  • Evitez autant que possible le nettoyage à sec, surtout si les textiles peuvent être nettoyés à l’eau. Lors de l’achat de vêtements, assurez-vous que le nettoyage à sec n’est ainsi pas la seule option de nettoyage.
  • Favorisez les pressings détenteurs du label « pressing propre » ou aux méthodes alternatives : 
o    Ainsi, une nouvelle technique, utilisant exclusivement du CO2 liquide, substance qualifiée de « non toxique », a été mise au point par l’Agence pour l’Environnement. Problème : pour que le C02 soit liquide, il faut le stocker sous très haute pression, avec les risques que comportent les installations de ce type et un coût élevé pour l’installation et sa maintenance …

o    Pour éviter la propagation des solvants dans l’air, des techniques de nettoyage de type « wet cleaning » ou « aquacleaning », se révèlent efficaces sur la plupart des textiles pour lesquels seul le nettoyage à sec est recommandé. Les textiles sont nettoyés avec de l’eau, des détergents et des conditionneurs, dans des machines à laver très sophistiquées. Les fibres délicates seraient moins endommagées par ce style de lavage, considéré comme plus doux. On dispose de peu d’informations sur les produits utilisés avec cette technique.

o    Certains pressings utilisent le système IPURA, distribué en France par une société nantaise du nom de Aurnet : un hydrocarbure (le KWL) est pulvérisé sur les textiles à nettoyer préalablement chauffés puis récupéré et filtré . Le procédé permettrait certes de consommer mois de solvant, 4 fois moins d’eau et 3 fois moins d’énergie que les techniques concurrentes mais le solvant utilisé, même s’il est moins volatil, est un dérivé pétrolier, il est inflammable et donc pas encore la panacée sur le plan environnemental !

o    Enfin, on peut citer la méthode GreenEarth, mis au point par la société du même nom (www.greenearthcleaning.com) en partenariat avec Procter & Gamble et General Electric, utilisant des bains de siloxane D5, autrement du silicone. D’après GreenEarth, le siloxane se décompose en dioxyde de silicium (principal composante du sable) et en eau et dioxyde de carbone. Le Green Earth est inflammable mais il est 100 fois moins volatil que le perchlo.

  • Lorsque vous ramenez des textiles du pressing, s’ils ont été nettoyés à l’aide de solvants, veillez à ne pas les ranger immédiatement. Suspendez-les plutôt à l’extérieur, ou dans une pièce bien aérée, afin de permettre aux solvants de bien s’évaporer.
  • Si, lorsque vous les récupérez, vos vêtements dégagent une forte odeur de solvant, n’hésitez pas à le signaler au directeur de votre pressing. Il se pourrait que les machines soient mal réglées ou mal entretenues. Renseignez-vous sur l’ancienneté des machines : les modèles les plus récents intègrent un filtre à charbon actif chargé qui récupère les vapeurs de solvant.
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La question qui tue !

Le perchlo sera-t-il interdit en France ?
Le Danemark et les États-Unis ont interdit l'installation de nouveaux pressings utilisant le perchloroéthylène et ce produit devrait être totalement retiré aux États-Unis d’ici 2020. En France, on ne parle pas d’interdiction dans les années à venir. Une campagne de contrôles portant sur 275 pressings (sur les quelque 5000 commerces dénombrés dans l’hexagone) a bien été réalisée à l’initiative de la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet : elle a permis de faire le point sur les risques liés à l’utilisation de perchlo dans ces établissements et de constater un certain nombre de défaillances. Un plan d’action a été rendu publique par les autorités : des contrôles plus réguliers (tous les 5 ans) devraient être effectués, des formations plus fréquentes mises en place, des améliorations techniques apportées aux machines … Des efforts de recherche et d’innovation pour remplacer le perchloroéthylène étaient aussi envisagées mais elles en semblent pas encore avoir donné de résultats puisque la grande majorité des pressings français tournent encore au perchlo malgré l’existence d’alternatives moins polluantes et moins dangereuses pour la santé.  En attendant une hypothétique interdiction du perchlo et sa substitution, mieux vaut choisir des vêtements qui se passent de nettoyage à sec…
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Où trouver ça ?

  • Des informations détaillées sur le perchloroéthylène
o    les solvants les plus dangereux sur le site de l’Institut National de Recherche et de Sécurité

o    le rapport d’étude du perchlo par le Centre international de recherche sur le cancer, département de l’OMS

o    les produits de substitution au « perchlo » proposés par l’Ineris
  • Des pressings écolos
Pressing séquoia : http://www.sequoiapressing.fr/

Plus d’informations : http://www.ginetex.net/
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