• Omniprésent dans la société moderne, le téléphone n’a pas 200 ans. Il a été inventé par les Américains Bell et Watson lors de travaux sur le télégraphe, puis amélioré ensuite par de nombreux chercheurs, dont Thomas Edison. Ce serait à Bell que reviendrait d’avoir prononcé au téléphone le 10 mars 1876 cette phrase historique : « Monsieur Watson, veuillez venir dans mon bureau, je vous en prie.» Le développement de réseaux téléphoniques dans le monde sera une suite de défis techniques. En 1922, année du décès de Graham Bell, il y avait déjà 13 millions de téléphones dans le monde. La France était alors encore sous équipée, mais elle a depuis rattrapé son retard.
• Aujourd’hui le téléphone se décline en fixe et mobile. Ce dernier est le gadget High-tech le plus populaire au monde. Au total, plus de 4 milliards de lignes mobiles ont été recensées début 2009 par la GSM Association. En France, 90% des adultes disposaient d’au moins une ligne de téléphone fixe à domicile en 2000. Ils n’étaient plus que 83% en 2007. Cette baisse s’explique par la progression des mobiles qui passent de 47% de taux d’équipement en 2000 à 91,8% en 2009, avec tout de même 56,6 millions de clients mobiles. Chez les jeunes de 18 à 24 ans, le taux d’équipements est maximal, soit 96%.
• En 2008, sur les 22, 5 millions de téléphones portables vendus, 20 millions constituaient un achat de renouvellement. Un tiers des Français changent de téléphone portable chaque année : on estime à 8 millions le nombre de portables non utilisés que les Français gardent au fond d’un tiroir quand ils ne sont tout simplement pas jetés à la poubelle ! Selon Nokia, 240 000 tonnes de matières premières pourraient être récupérées chaque année dans le monde si tous les utilisateurs confiaient leurs téléphones à un système de collecte.
• Les téléphones mobiles émettent des ondes électromagnétiques dont on craint les effets sur la santé, notamment vis-à-vis du développement de tumeurs du cerveau. D’autres troubles sont associés à l’usage du téléphone mobile : maux de tête, fatigue, sensation de chaleur. Les études scientifiques se contredisent et il est difficile de se faire une opinion quant aux risques que comporte l’usage de cet appareil. Dans son dernier avis, paru en octobre 2009, l’Afsset (Agence Française Sanitaire de l’Environnement et du Travail) estimait qu’il « convient de réduire les expositions du public » et que le téléphone mobile est bien la première source d’exposition.
• Dans son rapport sur les radio-fréquences, l’Afsset explique que les radio-fréquences ont bien des effets sur les fonctions cellulaires, rapportés par une dizaine d’études expérimentales qu’elle considère comme incontestables. Malgré ce constat, pas d’explication : aucun mécanisme d’action entre les radiofréquences et les cellules pour des niveaux d’exposition correspondant à des effets non thermiques n’a été identifié à ce jour. De même le niveau de preuve épidémiologique concernant des excès de certaines tumeurs reste très limité.
• La chaine d’origine espagnole Imaginarium avait relancé la polémique des effets nocifs des téléphones portables sur la santé à Noël 2007 en annonçant la sortie en France d’un téléphone pour les moins de 6 ans avec sept touches et une interface adaptée aux petits. Deux associations, Agir pour l’environnement et Priartem, avaient réagi en demandant l’interdiction pure et simple de l’appareil. En réponse, le ministère de la Santé n’a pas prononcé d’interdiction, mais a considéré de tels appareils comme inutiles. Et l’Afsset a recommandé aux fabricants de renoncer provisoirement à la fabrication et à la distribution d’appareils de téléphonie destinés aux enfants. Aux parents qui décident d’offrir un téléphone mobile à leurs jeunes enfants, elles conseillent de veiller à une utilisation a minima.
• Selon une étude de 2005 du National Radiological Protection Board britannique, le cerveau d’un enfant absorbe 60% de rayonnements électromagnétiques de plus que celui d’un adulte. La croissance de leur organisme en développement les rend vulnérables aux rayonnements électromagnétiques. Les experts britanniques ont d’ailleurs clairement recommandé de ne pas équiper un enfant de moins de 9 ans d’un téléphone mobile. Le Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques en France déconseille même formellement le téléphone mobile pour les moins de 15 ans. Mais aujourd’hui, la plupart des jeunes ne peuvent pas se passer de leur portable. Ils l’utilisent aussi bien pour téléphoner que pour envoyer des SMS, des photos ou des morceaux de musique. Il est difficile de les inciter à utiliser leur téléphone à minima.
• La fabrication d’un téléphone est gourmande en ressources et en énergie. Un téléphone est constitué pour moitié de plastiques divers et de métaux, dont certains précieux. Par exemple, un appareil contiendrait en moyenne 1 g d’or. Il contient aussi de l’or gris, du tantale, excellent conducteur électrique, obtenu à partir du coltan, minerai dont l’extraction provoque des tensions en Afrique – qui détient 80% des réserves mondiales, notamment au Congo.
Une étude du cabinet AT Keerny sur l’impact environnemental de la téléphonie mobile en 2009 a révélé que la consommation en énergie d’une heure de conversation téléphonique équivaut à celle d’une machine à laver le linge à 40°C. Ou encore que l’émission de CO2 de la totalité des téléphones portables en circulation dans le monde s’élève à 40 millions de tonnes, soit l’équivalent de 2,5 millions d’automobiles de petite cylindrée.
• Comme tous les appareils électroniques, les mobiles contiennent des composants néfastes pour l’environnement. Le guide Pour une High-tech responsable de Greenpeace (
www.greenpeace.org), dont la dernière édition date de mars 2009, établit un classement de dix-huit entreprises du secteur de l’électronique grand public. Le classement prend en compte la politique de la marque en matière d’élimination des substances chimiques dangereuses et l’engagement de reprise et de recyclage des appareils obsolètes. Parmi les substances incriminées, figurent au premier rang le PVC (polychlorure de vinyl) et les retardateurs de flammes bromés. Selon Greenpeace, qui a lancé des tests en laboratoire dès octobre 2007, l’Iphone d’Apple contient des substances chimiques et des matériaux dangereux. Les tests ont révélé, entre autres, la présence de composés bromés dans la moitié des dix-huit pièces testées de l’Iphone et un mélange d’esters de phtalates toxiques dans le revêtement en PVC du casque.
• L’impact des mobiles sur l’environnement est accru du fait de l’accroissement des ventes de renouvellement et de l’insuffisance actuelle du recyclage pour les appareils obsolètes. Les principaux opérateurs proposent régulièrement à leurs abonnés de nouveaux appareils en échange de leur fidélité. Les appareils téléphoniques évoluent rapidement. Ils sont de plus en plus sophistiqués, de plus en plus petits, comportent de plus en plus de fonctions - ils sont devenus baladeurs MP3, appareils photo et vidéo, ils permettent de recevoir des courriers électroniques, de regarder la télévision ou encore d’écouter la radio. Conséquence : leur renouvellement est de plus en plus rapide. Selon une enquête TNS-Sofres de 2008 sur la téléphonie mobile, les Français changent de téléphone portable tous les 23 mois en moyenne – quasiment tous les 9 mois pour les 12-24 ans et jusqu’à tous les 3 ans pour les 60 ans et plus.
• Le portable pose problème quand il devient déchet. A chaque nouveau portable vendu, un portable est mis au rebus. Les consommateurs ne sachant que faire de leur vieux terminal se contentent de le ranger au fond d’un tiroir ou pire, le jettent avec les ordures ménagères. Au total, 2% seulement des appareils ont été recyclés en Europe en 2006.
• Le secteur de la téléphonie mobile français représente 1% du PIB et 22 milliards d’euros d’investissements depuis l’an 2000, d’après une étude réalisée par l’Arecep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) en 2009. Une hausse de 19% des revenus issus de la vente des terminaux par les opérateurs a été enregistrée en 2009, soit 600 millions d’euros. La sortie de l’Iphone 3G à cette période ainsi que l’apparition de nombreux Smartphone concurrents, pourraient être les principaux responsables de cet accroissement.
• Côté budget, le poste téléphonique dans les dépenses d’une famille est à considérer avec attention. En effet, ces dépenses, associées le plus souvent à un abonnement, sont récurrentes. En 2008, selon l’Insee, la téléphonie mobile représentait 3,2% des dépenses moyennes par foyer en France. En 2006, pour la France, la somme moyenne consacrée chaque mois au téléphone mobile était de 56 euros. Ces dépenses touchent plus fortement le budget des foyers aux revenus modestes. Ce sont des dépenses nouvelles qui, avec l’accès à Internet, viennent grever les charges traditionnelles. Le poste « communication » connaît de surcroît une progression soutenue avec la tendance à équiper les enfants, ou du moins les adolescents, de plus en plus jeunes. Malgré cette hausse, le budget dépensé par les Français dans les nouvelles technologies se situe dans la moyenne européenne. S’ils devancent l’Allemagne (3,9%) ou l’Espagne (3,7%), les Français sont eux-mêmes devancés par les Pays-Bas (5,9%) ou la Pologne (4,4%).
• Les organisations de consommateurs estiment que les opérateurs de téléphonie mobile se sont entendus sur les prix, ce qui est illégal. L’UFC-Que Choisir a engagé une action en justice pour permettre aux consommateurs de récupérer les sommes « trop perçues ». Résultat : en mai 2008, trois opérateurs ont une amende record de 44,2 millions d’euros pour « entente illicite » sur les prix de 2000 à 2002.