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Couches

COUCHES

L'arrivée d'un enfant est souvent l'occasion de remettre en question nos choix de consommation, comme ses choix de vie... et le choix des couches arrive en tête des défis qui se posent aux parents écolos.

L’impact sur l'environnement n'attend pas le nombre des années, et avec les couches jetables, les petits bébés produisent de gros déchets ! Inventées dans les années 1960, les couches jetables sont une invention révolutionnaire qui a certes fait le bonheur des mamans et celui des grands groupes du secteur, mais pas forcément celui de la planète ! Aux Etats-Unis les couches représenteraient ainsi 1,4% des déchets solides à traiter  et, selon d’autres estimations du Women's Environmental Network (WEN), une association de femmes basée à Londres, les couches représenteraient, en volume, jusqu’à 50% des déchets générés par une famille avec un enfant ! Quelles sont les alternatives possibles ? Voici notre petit guide vert des couches pour bébé…

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Le saviez-vous ?

  • Dans les pays occidentaux, 95% des familles utilisent des couches jetables et en France, c'est environ 3 millions de tonnes de couches pour bébés qui sont vendues par an, soit un marché de 600 millions d'euros . De la naissance à la propreté, le coût des couches jetables pour un enfant est estimé à environ 1 400 euros (sans compter le coût de traitement des déchets, inclus dans nos impôts, qui s’élève à environ 100 euros par tonne ), contre environ 300 euros si l’on utilise des couches lavables « taille unique » (utilisable pour un enfant) ou 500 euros avec des couches lavables multi-tailles (qui seront utilisables pour un, deux voire trois enfants). A en croire les partisans des couches lavables, l’économie est donc nette, même en ajoutant le coût des lessives (eau, énergie et produits détergents), estimé à 250 euros pour un enfant.

  • Entre sa naissance et l’âge de la propreté, soit 2 ans et demi à raison de 6 changes par jour, un bébé consomme au moins 5 500 couches, ce qui représente 4,5 arbres et une tonne et demi de déchets non-biodégradables ! De fait, les couches représenteraient, en volume, 50% des déchets générés par une famille avec un enfant, et une couche jetable met entre 300 et 500 ans pour se décomposer. L’OMS recommande de vider les couches aux toilettes avant de les jeter, mais la pratique reste difficile et peu répandue : du coup, les matières fécales qui s'accumulent dans les décharges peuvent engendrer la prolifération de bactéries, cependant que les virus et vaccins qu'ont reçus les bébés peuvent contaminer les sols et les nappes phréatiques. Selon les régions du monde et les filières mises en place pour le traitement des déchets, une autre partie des couches est incinérée mais cette option n'est pas vraiment une solution, l’incinération générant des émissions polluantes de dioxines venant du chlore utilisé dans la fabrication.

  • La course à la matière la plus absorbante possible a fait que la fabrication des couches jetables s'est beaucoup sophistiquée ces dernières années. Les couches jetables contiennent ainsi des gels dits super-absorbants, un ingrédient chimique qui a été interdit dans les tampons (où il était en contact avec la peau, ce qui n’est pas le cas dans les couches) en 1985 : il s’agit en fait de cristaux de polyacrylate de sodium, un polymère absorbant qui devient gel une fois humide et peut absorber jusqu'à huit cent fois son poids en eau – on le trouve généralement dans de petits sachets blancs empêchant certains produits d’être altérés par l’humidité. Certaines marques alternatives de couches (comme Tushies aux Etats-Unis ) ont banni ces gels super-absorbants même s’ils sont contenus dans la couche et n’ont quasiment pas de risques de se trouver directement en contact avec la peau, sauf bien sûr si la couche se déchire . Du coup, la quasi-totalité des marques de couches, même écologiques, les utilisent…

  • Cette évolution s'est accompagnée d'une utilisation croissante d'additifs chimiques dans les plastiques, et de plus en plus de bébés semblent allergiques aux produits chimiques utilisés dans la fabrication des couches, d’autant plus que l'ajustement des couches jetables réduit la circulation d'air et augmente la température, ce qui est plus favorable au développement des bactéries. En 2000, Greenpeace a trouvé, suite à des études menées en Allemagne sur la composition des couches jetables de 8 grandes marques  des traces d'un composé chimique, le tributyltin (TBT), un biocide utilisé dans le traitement du bois, dans certaines peintures et textiles ainsi que dans la fabrication du papier. Utilisé dans les peintures pour bateaux dont il protège les coques en détruisant les algues, ce produit est aussi utilisé comme désinfectant et comme pesticide, ou enfin dans des matières plastiques comme le PVC, qu’il contribue à rendre plus durables . C’est ainsi, à en croire les études menées par Greenpeace et le réseau Women's Environmental Network (WEN) , qu’il se retrouverait dans des couches, notamment dans les élastiques au niveau des cuisses. Les marques incriminées ont réagi à l’étude Greenpeace de manière plutôt défensive… Quel impact a-t-il sur la santé des bébés ? La situation ne semble pas claire car l’OMS (Organisation mondiale de la santé) ne communique que sur les doses maximales tolérables par un adulte, à partir de recherches effectuées sur des ouvriers de chantier naval exposés quotidiennement aux peintures pour bateaux.
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Bonnes nouvelles

  • Les solutions de recyclage ou de compostage des couches sont encore très peu développées aujourd'hui mais elles permettront sans aucun doute de contribuer très largement à la réduction des flux de déchets mis en décharge à l'avenir. Ainsi à Toronto, une entreprise propose pour 10 dollars de livrer des couches jetables neuves toutes les deux semaines et en profite pour récupérer les couches usagées qui seront traitées de manière à convertir les matières organiques en biogaz ou en compost,  ne mettant finalement en décharge que les 5 à 15% de plastique restant.
    De même, la ville californienne de Santa Clarita a été la première municipalité à mener sur 6 mois en 2002 un programme pilote de récupération et de recyclage des couches jetables : en partenariat avec l'entreprise de recyclage Knowaste et environ 500 familles, le projet permettait de recycler la pulpe de bois dans la fabrication de différents produits comme des papiers peints, des semelles ou des filtres cependant que le plastique était réutilisé dans la fabrication de vinyle et autre faux bois. Bilan économique : un léger surcoût de $ 0,35 à $ 0,81 par mois par famille dans le traitement des déchets.

  • Si ces deux exemples restent encore des initiatives pionnières et très isolées, qui n’ont pas leur équivalent en France, on remarque néanmoins ainsi l’apparition récente d'une offre de couches écologiques (jetables ou lavables) sur les linéaires de certains magasins bio mais aussi l’apparition, en France, de sites Internet de vente par correspondance de produits bébé plus « verts », dont les couches (voir notamment www.bebe-au-naturel.com).
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Ce que vous pouvez faire

  • La première alternative est celle des couches lavables, dont la fabrication demande 3,5 fois moins d'énergie, 8 fois moins de matières premières non-renouvelables et 90 fois moins de matières renouvelables que les couches jetables - et qui génèrent aussi moins de déchets dans la mesure où elles sont réutilisables  ! Si cette option vous tente, il vous faudra d’abord vous défaire de l'image désuète des langes qu'utilisaient nos grand-mères : renseignez-vous en visitant quelques boutiques spécialisées comme Bébés en Vadrouille si vous habitez à Paris (www.bebeenv.com) ou encore les magasins virtuels en ligne (comme www.bebe-au-naturel.com), qui proposent souvent des kits d’essai des couches lavables – et vous verrez que la nouvelle génération de couches et de culottes est simple d'utilisation, moderne et jolie ! Le textile nécessitant souvent des produits chimiques (engrais, pesticides, etc.) pour les cultures en amont, préférez le coton biologique (voir notamment les produits d’une des principales marques, Popolini, qui produit de surcroît en Europe pour éviter tout risque social) ou même le bambou (qui peut absorber quatre fois plus d’humidité que le coton - voir notamment la marque P'tit Bamboo). Attention à bien laver plusieurs fois les couches en tissu avant leur première utilisation (pour maximiser le pouvoir absorbant de la couche) et ensuite (pour éliminer les bactéries ou résidus de détergent qui peuvent également causer des irritations).
    A noter : les couches lavables permettent aussi de récupérer les selles de votre tout-petit dans un voile « protège-couche » en papier ou tissu pour les jeter directement dans les toilettes – ce qui évite de les retrouver dans les décharges  et minimise les risques de pollution des sols et des nappes phréatiques.

  • Des sociétés dédiées à la vente par correspondance de couches lavables ont été créées en France récemment, avec services de location/nettoyage pour les collectivités crèches, maternités ou halte-garderies et les particuliers (voir sur Reims www.allocouches.com ou sur Strasbourg www.couches-ecoservice.com)… mais aussi l’existence, en Belgique par exemple, d’un service de location de couches lavables pour les bébés prématurés ou de petit poids (www.maman-nature.com).

  • Pour les parents que rebutent les contraintes liées à l'utilisation de couches lavables en tissu (refus de la crèche, emploi du temps chargé, moindre efficacité « anti-fuites »si la couche est mal adaptée à votre enfant, etc.), une autre solution est celle des couches écologiques, dont le processus de fabrication minimise l'impact sur l'environnement. Malheureusement, il en existe encore très peu aujourd'hui sur le marché français  et la marque la plus répandue, Moltex, est importée d’Allemagne où elle est vendue 40% moins cher que dans l’hexagone (il faut dire qu’elle est vendue en France de manière assez confidentielle, notamment dans certaines boutiques bio du réseau Biocoop). Un peu plus chères que les couches classiques (32 centimes d’euros environ par couche contre 27 en moyenne pour des couches traditionnelles de marque), elles sont fabriquées en ouate de cellulose non blanchie au chlore (qui représente 40 à 60% de la matière première utilisée pour fabriquer les couches, d’où leur couleur beige), et ne présentent donc pas de risque d'émission de dioxine lors de leur incinération éventuelle. Elles contiennent certes du gel super-absorbant mais Moltex argumente sur le fait d’une part que ce produit est non-toxique (puisqu’il n’est pas en contact avec la peau) et d’autre part qu’il se justifie, d’un point de vue écologique, par le fait qu’il augmente considérablement la capacité d’absorption de la couche de sorte que l’on réduit les risques d’érythème fessier du nourrisson mais aussi que l’on génère au total trois à cinq fois moins de déchets. Elles sont garanties sans TBT et autres substances biocides : seuls des extraits de feuilles d'arbre à thé, provenant d'organismes non génétiquement modifiés et issus de l'agriculture biologique imprègnent l'intérieur de la couche et assurent une action anti-microbienne, une protection contre les irritations et une réduction des odeurs. L’ensemble vaut d’ailleurs à Moltex de pouvoir afficher le label allemand Öko, qui garantit l’innocuité des produits pour la peau. Enfin, le plastique de l'emballage, fait à partir d'amidon de maïs, est donc issu de matières premières renouvelables mais aussi biodégradables et compostables. Dans le même esprit de réduction des impacts environnementaux, d'autres marques (plus confidentielles) comme Wiona et  Naturaé proposent des couches jetables comportant une enveloppe extérieure en plastique à base d'amidon de maïs et un coussinet d'absorption à base de cellulose de bois issu de forêts gérées durablement et non blanchi au chlore : ces marques restent assez difficiles à trouver mais sont notamment distribuées par www.bebe-au-naturel.com.


  • Et pourquoi ne pas imaginer une couche que l’on jette aux toilettes ? Depuis 2006, gDiapers propose cette solution sur le marché américain : les couches sont composées d’une sur-culotte en viscose rayonne (un polymère naturel provenant des arbres) et d’une sous-couche (en cellulose non blanchie au chlore et issue de forêts gérées durablement) qui se jette aux toilettes, tout simplement, avec son contenu éventuel (elle peut aussi, si vous le préférez, être jetée plus "classiquement" dans la poubelle ou encore, plus original, être compostée dans votre jardin, si elle ne contient que de l’urine – elle se décomposera en 50 à 150 jours, soit le temps d’un cycle de compost). La sous-couche est faite selon les conditions du développement durable – elle contient aussi des cristaux super-absorbants pour en assurer l’efficacité ; de son côté, la sur-couche est faite de viscose rayonne, un polymère naturel provenant des arbres.
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