Restaurants
Nous mangeons de plus en plus à l'extérieur de chez nous, c'est un fait. Mais dans un contexte où l'alimentation est la première source d'empreinte écologique d'un individu, comment faire pour alléger l'impact de nos dîners en ville sur la planète ?
Médicaments
Les médicaments avec lesquels nous nous soignons rendent la planète malade… et risquent de nous rendre malades à notre tour. L’impact de ceux-ci sur l’environnement est de mieux en mieux connu.
L’exposition l’Observatoire du design à la Cité des Sciences de Paris présente les designers qui mettent au cœur de leurs créations nouvelles matières, énergies renouvelables et production locale. Jusqu’au 21 février.
La 32ème édition, du salon Vivez nature aura lieu du 5 février au 8 février à la Grande Halle de la Villette à Paris.
Le 10e salon "Habitat & Environnement" aura lieu du 19 février au 21 février 2010 au Palais de l’Europe du Touquet (Pas-de-Calais).
Primevère, salon-rencontres de l’écologie et des alternatives aura lieu du 26 février au 28 février 2010 à Eurexpo Lyon/Chassieu (Rhône).
Il ne sert de rien à l'homme de gagner la lune s'il vient à perdre la Terre."
François Mauriac
Financée par le Défi (Comité de Développement et de Promotion de l'Habillement), une étude de l'Institut Français de la Mode sur "mode et consommation responsable" a été rendue publique fin janvier. Fondée sur plusieurs tables-rondes de consommateurs, sur deux sondages et sur des interviews de responsables de marques et enseignes du secteur, l’étude en tire plusieurs conclusions : d’abord, l’industrie textile se pose en précurseur du système globalisé et délocalisé qui sous-tend désormais le commerce mondial ; ensuite, notamment du fait de cette “tension” entre mode et développement durable, très peu de marques et d’enseignes d’habillement ont jusqu’à présent développé une offre significative et une communication volontariste sur ces thèmes – les vêtements "responsables" restant une offre émergente mais de niche, peu accessible et mal comprise. Malgré cela, 21% des consommateurs disent avoir déjà fait l’expérience d’achat d’un vêtement éthique (bio et/ou équitable). Et si 42% des personnes interrogées disent avoir connaissance de ces produits sans les avoir achetés, le manque d’accessibilité (réelle et intellectuelle) de ces produits reste aujourd’hui un frein au développement du secteur : 39% des interviewés citent en effet la difficulté à trouver un point de vente comme la raison principale du non-achat, et une importante majorité (85%) aimerait trouver des vêtements de la filière éthique dans ses magasins habituels. En outre, le besoin d’information est important, d’autant que l’offre est variée (du bio à l’équitable en passant par la production socialement responsable ou les produits-partage au service d’une cause) : 50% des gens ne voient ainsi pas ce que le bio peut signifier pour un vêtement, et 42% font la même réponse pour l’éthique. Du coup, 64 % des consommateurs voudraient avoir en amont des informations précises sur toutes ses étapes de fabrication d’un vêtement, tandis que 78% se déclarent favorables à un système de type affichage carbone ou environnemental accessible au moment de l’achat. Ce besoin de repères est d’autant plus marqué que le marché en manque tout particulièrement : 66 % des gens estimaient fin 2009 que "les prix dans l’habillement ne veulent plus rien dire", et le retour général est très critique sur la mode uniformisée de qualité médiocre (41% des gens soulignent la baisse du rapport qualité/prix – beaucoup citant d’ailleurs le recours à des fabrications lointaines comme cause de cette baisse de qualité). Pas étonnant dans ce contexte que 69% des personnes interviewées considèrent qu’un vêtement responsable doit être fabriqué en France ou en Europe.
Le secteur doit donc, plus que d’autres, faire des efforts pour se “moraliser” et pourrait même y trouver des relais de croissance : une forte minorité (38 %) estime en effet que les marques textiles respectent moins les normes éthiques que d’autres secteurs. Autre enseignement : la mise en valeur des labels semble la voie principale pour rassurer les consommateurs sur la sincérité des initiatives (le label est cité par 29% des consommateurs, contre 27% pour la marque), mais "les labels textiles pêchent encore par leur nombre, leur manque de visibilité, leur caractère peu explicatif et la faiblesse de leurs moyens de communication", conclut Evelyne Chaballier, directrice des études à l’IFM.
Le secteur laitier, mis à l’index pour sa contribution au changement climatique, prépare discrètement sa riposte : Danone communique ainsi, via son blog vert, sur le projet Linus initié en Haute-Normandie avec l’INRA et l’association Bleu Blanc Cœur, qui vise à faire évoluer l’alimentation des vaches en y remplaçant les céréales par de l’herbe, du lin, du lupin, de l’oseille, de la luzerne, etc. L’intérêt est double puisque la manœuvre réduirait de 10 à 15% les émissions en équivalent CO2 des bovins, tout en améliorant l’équilibre nutritionnel du lait (moins de graisses saturées, plus d’acides gras insaturés Oméga 3 chers à David Servan-Schreiber). Et si le lin est plus cher que le soja ou le maïs, l’expérience Danone montre que les vaches nourries au lin sont en meilleure santé et surtout, qu’elles produisent en moyenne 10% de lait en plus avec un tel régime – ce qui devient intéressant pour les éleveurs.
Ce projet est aujourd’hui déployé sur quelque 500 fermes en France, ainsi qu’en Espagne et aux Etats-Unis où 15 fermes du Vermont ont démarré l’aventure "Greener Cow" dès janvier 2009 avec Stonyfield, filiale de Danone et leader mondial des produits laitiers bio. Le projet devrait à terme être étendu par le groupe, à qui cette opération a déjà permis d’obtenir il y a deux ans le label "Bleu Blanc Cœur" pour les produits de sa marque Jockey, ce qui a aussi réduit de 10% l’empreinte carbone d’un pot de fromage blanc Jockey… Prochaine étape : trouver une façon de transformer les émissions évitées en crédit carbone, pour faire en sorte que les agriculteurs trouvent un intérêt économique à changer leur approche.
Allons bon : maintenant que le grand public est en passe de comprendre que l’élevage est à l’origine, dans le monde, de 18% des émissions de gaz à effet de serre et qu’il vaut mieux, pour protéger le climat, changer la façon dont on se nourrit que celle dont on se déplace (l’idéal étant, évidemment, de changer les deux), voici qu’émerge toute la complexité du sujet. Il fallait s’y attendre : d’abord, la filière bovine française, voyant tourner le vent, a voulu remettre les pendules à l’heure avec quelques tribunes, certes orientées sur la défense de son activité… quitte à jeter la pierre dans le jardin des producteurs de lait – lesquels n’ont pas encore pris la parole sur le sujet.
La dernière nouvelle en date, sur le même thème, est un récent article de Time : le magazine avance carrément, à contre-courant de Paul McCartney et autres végétariens engagés pour le climat (dont le Président du GIEC, Rajendra Pachauri), que manger du bœuf (nourri à l’herbe) pourrait permettre de lutter contre le réchauffement climatique. Explications : là où l’élevage industriel prend des ressources dans l’environnement (céréales et énergie nécessaire pour les produire, engrais compris, puis énergie pour transporter l’alimentation et chauffer les entrepôts…) sans rien lui rendre d’autre que des pollutions (dont le méthane émis par les ruminants), l’élevage extensif et traditionnel assure une rotation du bétail sur les pâturages, de sorte que les animaux prennent en charge la coupe et la repousse de l’herbe, tandis que leurs excréments contribuent à enrichir le sol en humus (pas besoin d’engrais), ce qui augmente la capacité de la terre à stocker du CO2. Au total, même si les vaches nourries à l’herbe émettent un peu plus de méthane (car l’herbe et les plantes riches en fibres sont plus difficiles à digérer que des céréales), l’impact net sur le climat serait du coup nettement inférieur à celui de l’élevage industriel car l’élevage à l’herbe aide le sol à "fixer" le carbone dans des proportions qui compensent, voire excèdent, les émissions des ruminants. D’après l’article, cette pratique pourrait augmenter de 2% la teneur en carbone des terres actuellement utilisées pour l’agriculture et l’élevage - or certains chercheurs affirment qu’une augmentation de 1% seulement suffirait à capter l’équivalent des émissions de CO2 mondiales. Accessoirement, le bénéfice est aussi nutritionnel, car la viande des vaches nourries à l’herbe est moins riche en graisses saturées et plus riche en "bons" omégas 3. Seul problème : cette viande est aussi deux fois plus chère que celle issue de l’élevage industriel, dont les défenseurs affirment que les économies d’échelle sont nécessaires pour nourrir la population mondiale, et rappellent que la croissance d’une vache ne prend que 14 mois avec les méthodes industrielles contre deux ou trois ans si elle est nourrie à l’herbe (moins riche en calories que les céréales). De manière amusante, certains industriels de la viande aux Etats-Unis ont même, selon Time, utilisé cet argument pour avancer l’hypothèse un rien étroite que leurs vaches, vivant moins longtemps, émettaient moins de CO2... ce qui naturellement ne prend pas en compte l'argument sur l'enrichissement du sol évoqué plus haut.
New Belgium Brewing Company a été créée en 1991 dans le Colorado après un "road-trip" à vélo du fondateur Jeff Lebesh, accompagné de son épouse Kim (désormais présidente de l’entreprise) : tous deux étaient partis parcourir la Belgique à la découverte de la créativité des brasseurs locaux, qui utilisent des levures originales, mais aussi des fruits et des épices dans leurs recettes. Leur produit-phare, Fat Tire, une bière ambrée, fut lancée à leur retour, et son nom comme son étiquette furent pensés en souvenir de ce voyage fondateur.
Depuis de l’eau a coulé sous les ponts : New Belgium emploie 300 personnes et écoule plus de 125 millions de bouteilles par an, ses bières étant désormais vendues dans une vingtaine d’Etats américains différents. Si New Belgium doit son succès à la qualité de ses produits, la marque s’est également fait une réputation de ses pratiques responsables plutôt originales sur son marché. L’entreprise a d’ailleurs été élue parmi les "meilleurs employeurs américains" par le magazine Outside en 2008, notamment pour ses pratiques de promotion d’un mode de vie sain (un mur d’escalade est à disposition des équipes dans l’entreprise, ainsi que des cours de yoga ou une piste de VTT...) mais aussi pour sa politique de participation des employés au capital (après un an passé dans l’entreprise, chaque employé se voit offrir des actions… et un vélo !). New Belgium est aussi innovante sur ses pratiques environnementales : malgré sa taille réduite, l’entreprise a publié en 2007 son rapport de développement durable, est transparente sur l’impact carbone de son produit-phare, n’utilise que de l’énergie renouvelable pour faire tourner ses usines (10 à 15% de cette énergie est produite sur place, par un procédé de méthanisation des eaux usées issues du process de production), a investi dans des procédés moins gourmands en eau, valorise ou recycle 90% de ses déchets, a lancé une gamme de bières biologiques, consacre une partie de son budget marketing au sponsoring d’événements de promotion du vélo et de la mobilité douce, et fait partie du club "1% pour la planète" créé par Patagonia (rassemblant des entreprises qui reversent 1% de leur chiffre d'affaires à des causes environnementales).
Bonne nouvelle pour la consommation responsable : la dernière enquête de l'Observatoire Cetelem confirme la thèse des études récemment publiées par Deloitte par exemple, à savoir que la crise a durablement changé les habitudes de consommation de la majorité des Européens. Ainsi 64 % des 8 000 personnes interviewées dans douze pays déclarent que la crise actuelle va durablement changer leur façon de consommer, non pas tant pour consommer moins mais avant tout pour consommer mieux, en alliant qualité et juste prix. Selon l’enquête, la consommation verte est dans ce contexte "un phénomène bien réel et plus seulement une déclaration d’intention". Elle se matérialise aujourd’hui surtout dans des actes de consommation faciles (papier recyclé et petits aménagements domestiques pour 63% et 40% des consommateurs respectivement) ou des actes de consommation santé comme les produits bio. Figure de proue du retour à une alimentation plus saine et à une agriculture plus respectueuse de l’environnement, le bio est maintenant bien entré dans les modes de consommation alimentaire, conclut Cetelem. Ainsi, 38% des Européens et 37% des Français achètent ainsi fréquemment des produits bio, dont l’offre s’est largement étendue à d’autres secteurs que l'alimentaire comme le textile ou l’hygiène beauté. Les produits bio présentent, rappellent l’étude, un double avantage qui explique sans doute leur succès : ils permettent de consommer sain et de consommer vert, autrement dit de se faire du bien tout en faisant du bien à la planète. Cela étant, les produits locaux sont également plébiscités par 37% des Européens et 40% des Français. Les produits équitables, de leur côté, ont un succès plus mitigé : 44 % des Européens achètent des produits équitables de temps en temps, mais la proportion de consommateurs achetant fréquemment ce type de produits reste en dessous de 10% dans la plupart des pays - le prix et l’insuffisance de l’offre étant les deux raisons majeures invoquées par les consommateurs européens pour expliquer cet élan encore timide.
Mais la crise a également favorisé l'essor des produits d'occasion : 47% des ménages européens jugent ainsi nécessaire d'acheter des produits de seconde main, et 40% y voient de surcroît un achat militant permettant de contribuer au recyclage ou d’échapper à la grande distribution. Sur ce point, la pratique suit les convictions : 64 % des interviewés ont acheté au moins une fois une voiture d'occasion, 60 % des produits culturels (livres, CD, jeux vidéos…) et 43 % du textile (vêtements). Une tendance qui devrait se développer, selon les organisateurs de l’enquête, car les marchés de seconde main permettent de faire des économies... mais aussi de gagner de l’argent quand le consommateur se fait vendeur.
La quatorzième version du guide électronique de Greenpeace vient de sortir.
Elle est destinée aux consommateurs pour orienter leurs achats… mais aussi aux marques elles-mêmes, puisque certaines y voient un aiguillon utile pour faire progresser leur démarche. C’est tout particulièrement le cas d’Apple qui avait été épinglé dans une version précédente et qui s’est engagé dans une politique d’assainissement de ses produits. Cette nouvelle approche visant à "verdir la pomme" est payante pour la marque qui se retrouve dans une dynamique positive au fil des parutions des nouvelles versions et qui continue son effort de progrès. Dans cette même optique, Apple toujours et Sony Ericsson soutiennent désormais auprès des institutions européennes une demande d’interdiction de matières plastiques ignifugées au bromure ou au chlore (BFR et CFR), tout particulièrement visées par Greenpeace.
Comme chaque trimestre, le guide distribue les bons et les mauvais points en fonction des différents matériaux utilisés pour la fabrication des produits et de leur impact énergétique. C'est encore une fois les scandinaves Nokia et Sony Ericsson qui tirent leur épingle du jeu avec les deux premières places. Apple, dont le cultissime PDG Steve Jobs vient de lancer la tablette électronique iPad, continue de remonter au classement avec la cinquième place cette année alors que la firme n'était que neuvième dans la version précédente. Les bonnets d'âne reviennent à Nintendo et Microsoft : pour le géant japonais du jeu vidéo, aucune évolution n’est à noter tandis que le recul de la firme de Bill Gates est dû au fait qu'elle ne s'engage pas dans une politique de réduction de ses gaz à effet de serre. A noter : Samsung, Dell, Lenovo et LG ont récolté des points de pénalité pour n'avoir pas tenu leur promesse de proposer des produits excluant certaines matières toxiques.