Ce site est réalisé avec le soutien financier de l'ADEME et de  L’ARBRE VERT 1ère marque des produits écologiques pour votre quotidien ! Nature & Découvertes PagesJaunes
Partenaires Medias
TF1 Conso Décisions Durables Le marché citoyen Néo Planète CO2 mon amour La Revue Durable Le Mouv'
Une initiative de
Graines de Changement - agence d’information positive sur le développement durable
Avec la participation de
Utopies © - Agence qui se donne pour charge de promouvoir la responsabilité sociale auprès des entreprises et le développement durable.
Micro-crédit

MICRO-CRÉDIT

Prêter et emprunter de l’argent sans faire trinquer la planète

Le micro-crédit est en plein boum : en bénéficient, dans les pays en développement, des micro-entrepreneurs à qui des consommateurs engagés donnent un coup de pouce grâce au prêt d’une petite somme d’argent. Dans les pays industrialisés, Etats-Unis, Europe ou France, des particuliers, souvent en difficulté, obtiennent des prêts à taux réduits pour réintégrer le réseau socio-économique ou former des projets à vocation sociale. Jusque là peu répandu en France, le micro-crédit se développe à vitesse grand V, soit en direct entre particuliers, soit via des organisations de micro-finance qui accompagnent les emprunteurs dans leur projet.

Afficher Masquer

Le saviez-vous ?

  • Le prêt entre particuliers est la forme de crédit la plus ancienne partout dans le monde avec la tontine qui existait en France et ses variantes chinoise (Lun-Hui), brésilenne (consorcio), étasunienne (Rosca pour Rotating Savings and Credit Associations)…
  • Mais le micro-crédit en tant que concept remonte au 18ème siècle. Il a toutefois été médiatisé dans le monde entier plus récemment suite à la création de la Grameen Brank au Bangladesh par le Professeur Muhammad Yunus. Le professeur avait démontré en 1976 que des prêts, équivalents à quelques euros et consentis sur ses ressources personnelles, à des femmes fabriquant des tabourets en bambou dans le village de Jobra pouvaient réduire la pauvreté. La Grameen bank a, au fil des années, aidé de nombreux entrepreneurs pauvres à améliorer leurs petites entreprises. Des programmes de micro-crédit ont été montés dans toutes les régions du monde mais Internet, formidable outil de développement, a donné à ces programmes un nouvel élan.
  • L’expression anglaise « peer-to-peer » évoque, pour nous francophones, les échanges sans intermédiaire des oeuvres culturels numérisées, en particulier de musique ou cinéma, via des plates-formes électroniques sur Internet. Appliqué au crédit, le « peer-to-peer » donne des prêts, entre particuliers et bénéficiant le plus souvent aux populations pauvres, en difficulté et exclues du système bancaire. Particulièrement efficace dans le cadre de l’économie du tiers-monde, le microcrédit s’est développé de façon considérable en Asie, en Afrique et en Amérique Latine. Aujourd’hui des millions de personnes à travers le monde vivent de leur travail grâce à ce type de financement.
  • Le micro-crédit ne se limite pas au financement de projets dans les pays en développement. Mais à l’heure actuelle, les plateformes de microcrédit sur Internet ne peuvent pas bénéficier à des Français : cette pratique n’est autorisée que pour financer des projets à l’étranger. Un projet de loi présentée à l’Assemblé nationale en mars 2010 par le ministère des finances pourrait favoriser le développement du micro-crédit « France-France » : la ministre de l’Economie propose notamment de permettre le prêt en ligne de particuliers pour financer des initiatives en France.
  • Le micro-crédit « local » se développe néanmoins en Europe et Amérique du Nord depuis une quinzaine d’années mais sans plate-forme peer-to-peer en France pour l’instant malgré les possibilités d’Internet. Depuis sa création en 1989, l’ADIE (Association pour le droit à l’initiative économique), qui fonctionne avec l’aide de près de 800 bénévoles, la plupart des retraités de la finance, a octroyé plus de 82 000 crédits à des personnes exclues du système bancaire ou chômeurs de longue durée. Les fonds prêtés sont obtenus auprès de partenaires bancaires et institutionnels. Le fonds Adie pour l’entrepreneuriat populaire permet de recueillir des dons des particuliers, déductibles de leur revenu, qui permet de financer l’accompagnement des micro-entrepreneurs.
  • Le réseau européen de micro-finance compte parmi ses membres français, outre l’ADIE, l’AFIL 77, qui finances des entreprises d’utilité sociale en Seine-et-Marne, CréA-Sol association créée par la Caisse d’Epargne Provence-Alpes-Corse, qui octroie des microcrédits aussi bien à des personnes en recherche d’insertion socio-économique qu’à très petites entreprises en région PACA, en Corse, à la Réunion et aux Antilles, ou encore France Active, financeur solidaire pour l’emploi, et pour finir France Initiative, cette dernière ayant la particularité de pouvoir prêter sans taux d’intérêt ou sans garanties personnelles.
  • Toujours en France, BNP Paribas groupe microfinances soutient le financement d’institutions de microfinance dans les pays émergents. Le Crédit coopératif détient quant à lui des fonds et offre des produits de placement dont une partie de l’encours est investi directement dans des entreprises solidaires en France et en Europe.
  • La plupart de ces déclinations du micro-crédit français repose sur l’intermédiation qui consiste à mettre en relation le demandeur avec des établissements bancaires prêteurs.
Afficher Masquer

Bonnes nouvelles

  • En France, le statut du crédit « peer-to-peer » stricto senso, autrement dit sans intermédiaire n’est pas très clair car même si le prêt entre particuliers est autorisé, la mise en relation des prêteurs et emprunteurs semble nécessiter un agrément bancaire. Contrairement à de nombreux pays européens, la France n’avait donc pas de plate-forme de prêt entre particuliers comme le britannique Zopa, l’américain Prosper ou encore l’allemand Smava. C’est désormais chose faite avec la création de Friendsclear. Initialement consacré uniquement à l’encadrement des prêts familiaux sur le modèle de Virgin Money au Royaume-Uni ou ZimpleMoney aux Etats-Unis, FriendsClear évolue en 2010 vers un service « pro » qui met en relation entreprises et investisseurs.
  • Le modèle développé en 2005 aux Etats-Unis par Kiva, qui permet à des micro-prêteurs de soutenir l’activité de micro-entrepreneurs dans des pays en développement, a enfin son équivalent français : Babyloan, devenu depuis sa création fin 2008, « le 1er site internet français de micro-crédit ». Les prêts ne se font pas « directement » : les entrepreneurs du sud, qui n’ont souvent ni compte en banque ni ordinateur, sont assistés par une organisation de micro-finance dans leur pays qui se porte garante du prêt et le remboursera en cas de défaillance de l’emprunteur. Babyloan donne des indications sur la stabilité de l’organisation de micro-finance qui permet à l’internaute d’évaluer le risque qu’il prend de ne pas être remboursé. Le risque de faillite, comme cela s’est produit aux Pays-Bas avec l’initiative de micro-crédit Boober, n’est en effet pas exclu.
Afficher Masquer

Ce que vous pouvez faire

  • Il n’y a pas d’âge pour découvrir le micro-crédit ! Si vous avez des ados à la maison, ou si vous êtes vous-même amateur de bandes dessinées, procurez-vous l’ouvrage « des bulles dans la finance, 4 histoires sur le micro-crédit » dans la collection « Des bulles pour comprendre et agir » des éditions Grad. Ces 4 histoires qui vont emmèneront dans l’Allemagne du 19ème siècle, au Pérou, au Bangladesh, au Sénégal et au Pérou. Plus qu’une simple BD, ces bulles s’accompagnent de fiches pédagogiques pour tout comprendre, même apprendre à calculer un taux d’intérêt.
  • Dans l’attente des mesures législatives qui devraient assouplir le prêt de particuliers à des micro-entreprises françaises et permettre à des plates-formes de crédit peer-to-peer à vocation sociale de se développer, vous pouvez vous connecter sur le site de Babyloan et financer des projets en Amérique du sud, en Afrique ou en Asie. Vous pouvez choisir de venir en aide à une femme seule, un homme seul, un groupe de femmes …
  • Pour financer des micro-entreprises « vertes » en Chine, utilisant des énergies renouvelables ou des méthodes de production bio ou sans produits chimiques, il existe un site accessible aux consommateurs français bien que basé aux Etats-Unis : c’est WoKai qui fonctionne, lui, non pas par un système de prêts mais grâce à des dons, déductibles des impôts pour les contribuables américains, qui permettent de financer la chaine de micro-crédit. Vous pouvez payer par Google check-out.
  • Si vous voulez prêter, plus près de chez vous, à un membre de votre famille, à un ami ou un voisin, qui souhaite monter un projet professionnel, sachez que, même entre particuliers, certaines formalités sont indispensables : à partir de 800 €, tout prêt doit faire l’objet d’un écrit. Il suffit de faire écrire, dater et signer à l’emprunteur une reconnaissance de dette rédigée sur papier libre, qui mentionnera en chiffres et en lettres la somme empruntée, la durée du prêt et les intérêts. L’alternative est le contrat de prêt qui portera les coordonnées du prêteur et de l’emprunteur ainsi que le montant de la somme empruntée, le taux d’intérêt et la durée, le tout daté et signé. Pour plus de sécurité et pour les montants élevés, passez par un notaire. Dans tous les cas, préférez le chèque à l’argent liquide. Autre solution : passer par la plate-forme de prêt entre particuliers Friendsclear pour documenter et sécuriser ce prêt familial.
envoyer l'article : Micro-crédit