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Plantes Vertes

PLANTES VERTES

Cela paraît aller de soi : une plante verte, c’est écologique ! Et bien, pas toujours. Produit de consommation comme un autre, la plante décorative d’intérieur se conjugue elle aussi au temps de la mondialisation et de la délocalisation.

L’orchidée en pot, longtemps réservés aux collectionneurs et aux authentiques amateurs, est emblématique des mutations du marché des plantes d’intérieur : avec 12 millions de spécimens écoulés en 2005 et des ventes en augmentation de 30 % chaque année, l'enseigne Monceau est devenu n° 1 en France. Son secret ? une politique de mise en production « en direct » chez des horticulteurs de Thaïlande et d'Afrique, permettant d'acheter moins cher en court-circuitant les intermédiaires exportateurs, marchés internationaux, grossistes... Et des techniques on ne peut plus modernes de clonage permettant de produire 100 000 variétés d’orchidées hybrides, souvent stériles. Hélas, horticulture et environnement ne font pas toujours bon ménage.

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Le saviez-vous ?

  • Une grande partie des fleurs coupées et des plantes d’intérieur doivent être importées, notamment des Pays-Bas, leader incontesté du secteur, grâce à une production nationale importante, et à la distribution de végétaux venant d’autres pays. Selon l’ONIFLHOR, l’office national interprofessionnel, des fruits, des légumes, des vins et de l’horticulture, les produits français couvrent à peine 50 % de la demande nationale. . L’Europe représente environ un quart des surfaces horticoles d’ornement (qui comprennent aussi la culture des végétaux ornementaux d’extérieur).
  • Les plantes en pot, plus délicates et coûteuses à transporter, voyagent moins que les fleurs coupées. Toutefois, les boutures et jeunes plantes, préparées dans les pays développés, sont expédiées pour être cultivées à dans des pays à coût de production faible en Afrique, Amérique latine et en Asie, les « finitions » ayant lieu en Europe dans l’un des trois grands pays producteurs, Pays-Bas, Belgique et Danemark. La production a souvent lieu sous serres et peut être fortement standardisée et mécanisée. Sur place, les ouvriers horticoles, hommes ou femmes, travaillent dans des conditions difficiles, salaires insuffisants, horaires de travail excessifs … et surtout sont exposés aux produits de traitement, nocifs pour leur santé, que l’on vaporise généreusement sur les plants pour les protéger des maladies et des insectes ravageurs. A l’arrivée chez les consommateurs, les plantes sont encore chargées de produits chimiques pesticides et fongicides potentiellement toxiques.
  • Le syndrome de la plante jetable se constate, hélas, à de nombreuses plantes en pot, mais il est typique pour l’orchidée : réservée il y a encore une quinzaine d’années aux collectionneurs, cette plante s’est démocratisée au point de devenir aussi « jetable » qu’un bouquet : souvent trop jeunes, dopés aux phytopharmaceutiques, certains plants, vendus parfois à peine quelques euros, ne vivent pas plus de trois semaines lors que la floraison d’un phalænopsis dure en principe trois mois.
  • Les guides et sites Internet, nombreux sur le thème des plantes d’intérieur, permettent de se renseigner sur les variétés les plus adaptées à l’exposition de telle pièce de la maison selon son exposition, les plus faciles à entretenir, celles qui résistent le mieux au froid, à la chaleur ou à la sécheresse … Il faut savoir que certaines de ces plantes sont allergisantes ou toxiques. Chez les très répandus ficus ou philodendron, l’allergène est localisé dans la sève de ces plantes. Pour l’érable d’appartement (abutilon), ce sont les fleurs qui diffusent des allergènes susceptibles de provoquer de l’asthme.
  • D’autres plantes vertes sont toxiques pour les humains, petits et grands, et pour les animaux domestiques : les fruits rouges du pommier d’amour peuvent, s’ils sont ingérés, provoquer vomissements et troubles cardiaques, le dieffenbachia, plante d’intérieur la plus dangereuse pour les enfants, capable de brûler les muqueuses, de déclencher un oedème de la langue, des muqueuses, des lèvres et de la cavité buccale, des troubles respiratoires …
  • Les plantes d’intérieur suscitent depuis quelques années un regain d’intérêt avec les murs végétaux, pas à la portée de toutes les bourses, et, plus récemment encore, les tableaux de plantes, plus abordables, qui font un tabac avec des concepts comme celui de Flowerbox ou Végétoile et disponibles en vente par correspondance ou chez certains fleuristes.
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Bonnes nouvelles

  • N’importe quelle plante d’intérieur a toujours une empreinte environnementale inférieure à celle d’un produit industriel sauf à avoir été importée en avion depuis l’autre côté de la planète : il faut moins d’énergie pour faire pousser une plante que pour fabriquer un meuble ou un bibelot décoratif. Si vous remplacez un élément de décoration ou d’ameublement par une ou des plantes, vous avez tout bon avec un impact environnemental réduit ! Evidemment cela est surtout vrai pour une plante qui n’a pas été transporté en avion, et qui n’a pas subi de multiples arrosages de pesticides …
  • Qui dit productions horticoles dit aussi serres ou tunnel chauffés, consommation d’eau pour l’arrosage, utilisation d’engrais et de pesticides … synonymes de dégâts pour l’environnement. Mais il est possible de gérer une exploitation horticole en minimisant ces impacts. Un label, d’origine néerlandaise, existe pour cela : il s’agit du label MPS. Les exploitations certifiées font un usage réduit d'intrants chimiques, pesticides et engrais, économisent l'eau et l'énergie, et trient leurs déchets. Les premières démarches pour l'exploitant consistent à établir un relevé systématique de ses consommations d'eau, d'énergie et d'intrants agricoles puis de travailler à les réduire. Le label se décline en trois niveaux, de A à C, le niveau A étant le plus exigeant. Il est rarement affiché sur les produits.
  • Les enjeux environnementaux s’accompagnent aussi d’enjeux sociaux, que l’entreprise horticole soit délocalisée (main d’œuvre bon marché exploitée dans les pays en développement) ou locale (exposition à des pesticides, exploitation d’ouvriers horticoles en situation irrégulière). Un autre label vient apporter des garanties au consommateur : le label FFP, Fair flowers fair plants certifie les plantes (ainsi que les fleurs coupées) cultivées dans le respect de critères environnementaux (niveau A, le plus exigeant, de MPS) et de critères sociaux comprenant liberté syndicale, droit de négociation collective, non-discrimination, salaires décents, respect des horaires de travail, hygiène et sécurité du travail, usage responsable et minimum des pesticides, protection de l'environnement, garantie de travail, absence de travail des enfants et de travail forcé. La liste des détaillants proposant des produits labellisés est disponible sur le site de l’organisation. Les plantes posséderaient en plus un pouvoir dépolluant de l’air intérieur. Cela paraît aller de soit dans la mesure où c’est un peu ce qui se passe à l’échelle planétaire où l’on surnomme les grandes forêts primaires « poumon de la planète »… Le principe semble avoir été démontré pour la première fois grâce à une étude dite « de la NASA » parue en 1985 dans le Journal of the Mississipi academy of sciences : cette étude signée des chercheurs Wolverton et McDonald, tous deux employés à l’époque par la NASA, et du chimiste Mesick, mesure l’aptitude de deux plantes, le chlorophytum elatum et le pothos (scindapsus aureus) à éliminer deux gaz de combustion le monoxyde de carbone et le dioxyde d’azote.
  • Depuis d’autres études ont été menées aux Etats-Unis (par l’American Society for Horticultural Science) mais aussi aux Pays-Bas ou en France pour démontrer l’efficacité purifiante des plantes d’intérieur. Le projet français Phyt'air est mené en collaboration avec le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) et la Faculté de Pharmacie de Lille. Des expérimentations ont ainsi porté sur la capacité du Chlorophytum à réduire la présence en toluène dans l'air en environnement clos. Et l’association Plant'airpur fondée par Geneviève Chaudet , auteur du livre "Les plantes dépolluantes", accompagne ce projet tout en faisant la promotion du pouvoir purificateur des plantes. En principe, plus les plantes sont grosses, plus la surface de feuille est importante et plus l'échange gazeux est important. Parmi les plantes considérées comme dépolluantes, le chlorophytum bien sûr, mais aussi le philodendron, le lierre, le ficus, l'aglaonema, l'aracaena, marginata, la sansevieria, le gerbera … et les polluants éliminés ou réduits sont le benzène, le toluène, le formaldéhyde …
  • La végétalisation des murs avec les tableaux de plantes et autres cloisons végétales exploite ces propriétés dépolluantes et peut jouer, au delà de sa fonction de décoration, un rôle déstressant que ce soit dans un bureau ou une pièce à vivre à la maison.
  • Certaines plantes vertes sont plus vertes que d’autres : l’entreprise parisienne Liste verte, créée en 2006 par la décoratrice florale Sophie Solon, qui propose des plantes d’intérieur et d’extérieur sur son site de vente en ligne www.listeverte.com, annonce avoir fait planter 300 arbres dans le Cher : à chaque livraison effectuée, l’entreprise s’engage à compenser les émissions liées au transport par la plantation d’un arbre.
  • A contre-courant de la lame de fond des orchidées standardisées et pas chères, les boutiques parisiennes Au nom de l’orchidée offre des orchidées (certaines sont en vente sur le site aunomdelarose.com), de 150 variétés différentes, en bonne santé, certes plus chères que les phaelenopsis des fleuristes discounters ou des grandes surfaces mais garanties plus durables !
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Ce que vous pouvez faire

  • Offrir une plante verte, qui bien entretenue aura une durée de vie de plusieurs années, plutôt qu’un bouquet, peu durable, ou un bibelot, pas toujours au goût du destinataire et avec une empreinte écologique souvent importante, est généralement une vraie bonne idée.
  • Si vous en avez la possibilité, choisissez une plante issue d’une production de votre région, ce qui limitera le transport. Cela étant, de nombreuses plantes d’intérieur sont originaires de pays au climat tropical. Privilégiez, si vous en trouvez, les plantes d’exploitations labellisées MPS ou porteuses du label FFP.
  • Evitez d’offrir les plantes allergisantes telles que dieffenbachia, philodendron, ficus, poinsettia … Evitez aussi ces plantes allergisantes si vous avez des enfants asthmatiques et pensez à dépoussiérer régulièrement le feuillage des celles que vous installez chez vous.
  • Suivez les recommandations des médecins, pneumologues et allergologues, et ne placez jamais de plantes d’intérieur dans une chambre à coucher, non pas à cause du dioxyde de carbone relâchée par la plante la nuit comme le croit certains, mais à cause de l’humidité et des moisissures générées par la plante dans son environnement immédiat.
  • Ne vous emballez pas trop pour les plantes dépolluantes : il est possible qu’elles aient un effet mais il ne faut pas en attendre des miracles... Il vaut mieux agir, si l’on peut, sur les causes d’une éventuelle pollution intérieure en veillant à une aération suffisante, un nettoyage des locaux avec des produits d’entretien écologiques et une limitation des émissions polluantes de peintures, vernis ou parfums d’ambiance. On fera évidemment aussi la chasse à la poussière qui est un véritable réservoir à polluants tels que pesticides et métaux lourds qui s’y fixent. En toute chose, mieux vaut prévenir que guérir !
  • Utilisez des produits « verts » tels qu’engrais organiques labellisés Ecofert ou éco-label européen, terreaux labellisés NF-Environnement que vous trouverez chez Botanic, Truffaut ou même Castorama. En Suisse, choisissez des terreaux et produits pour plantes labellisés Mioplant de la Migros. Pour nettoyer vos plantes, utilisez un chiffon micro-fibres humide plutôt que les préparations du commerce à vaporiser.
  • On n’a pas parlé des orchidées, ficus benjamica et autres poinsettia en plastique ou tissu, censées remplacer de vraies plantes. Elles ont a priori une empreinte écologique plus élevée que celles de leurs équivalents naturels et même si elles ont durables, nous hésitons à les recommander : fabriquées dans les pays à bas coût, en Chine ou en Thaïlande, à partir de matériaux pas toujours très écolo, à commencer par le coton ou les tissus synthétiques, transportées sur de longues distances, elles risquent en plus de passer à la poubelle plus tôt que prévu même si elles sont bien imitées car rien ne remplace une véritable plante verte !
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