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Mobilier de jardin

MOBILIER DE JARDIN

Dès les premiers rayons de soleil, l’envie de se prélasser au jardin se faire sentir… et nous pousse à arpenter les rayons des grandes enseignes qui proposent des meubles de jardin.

Le mobilier de jardin en bois semble être le choix le plus écologique à faire, mais en apparence uniquement : bien que le bois ait la propriété de stocker le CO2 et soit renouvelable, l’impact environnemental de son exploitation peut être désastreuse. Quelques explications pour voir plus loin que l’étiquette.

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Le saviez-vous ?

Selon l’INSEE, aujourd’hui 90% des français possèdent un espace de verdure ou un balcon : autant de particuliers susceptibles de posséder un salon de jardin !

Les essences de bois utilisées pour les meubles d’extérieur sont le teck, le pin, le robinier, l’acacia, l’eucalyptus, l’épicéa … certaines de ces essences peuvent être importées illégalement et issues de zones où leur exploitation favorise la déforestation et la destruction des écosystèmes.

Concernant la provenance du bois tropical en France, qui sert de matière première à de nombreux produits de mobilier de jardin, la France s’approvisionne majoritairement en Afrique Centrale. Le problème : selon le WWF, en 2015 près de 40% des importations françaises de bois tropicaux étaient illégales. Ce trafic génère en moyenne 11 à 13 milliards de dollars par an.

Si l’exploitation de bois est réalisée dans de mauvaises conditions, sans favoriser la régénération de la forêt, comme c’est malheureusement souvent le cas, l’impact environnemental est énorme. En effet, comme le bois a la propriété d’absorber le CO2, les forêts, en particulier tropicales, constituent de formidables réservoirs naturels. La surexploitation entraine donc logiquement des émissions de CO2 très importantes dans l’atmosphère. Selon une étude de l’université de Leeds (Grande Bretagne), elles sont estimées à hauteur de 17% des émissions mondiales de dioxyde de carbone, 3ème poste émetteur après le secteur énergétique et celui de l’industrie.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), 13 à 15 millions d’hectares de forêt disparaissent chaque année, soit l’équivalent de la surface de la Belgique. L’Amazonie reste encore la principale victime. Selon la revue Reporterre, 5843 km2 de forêt amazonienne ont disparu entre août 2012 et juillet 2013, soit la disparition de 2 242 terrains de football par jour … A ce rythme-là, l’Amazonie aura disparu en 2070… Pour repère, on estimait que la surface détruite de la forêt amazonienne entre 1492 et 1970 se chiffrait à environ 1% de sa surface totale.

De manière plus globale, il y a 4 siècles, 66% des terres étaient recouvertes de forêt, aujourd’hui seulement un tiers. Selon le World Ressources Institute, 80% de la couverture forestière mondiale originelle a été abattue ou dégradée, et ce principalement pendant les 30 dernières années !

Outre l’impact environnemental lié à l’exploitation forestière, il faut aussi garder à l’esprit que l’utilisation de bois, matériau « naturel », nécessite souvent de très nombreux traitements : à base d’insecticides, d’antifongiques, de créosol, de mélanges de cuivre, de chrome et d’arsenic (CCA), ces derniers étant interdits en Europe depuis fin 2006, etc. Si elles sont libérées, ces substances toxiques peuvent contaminer le sol et l’air environnant, transformant notre petit coin de verdure en décharge toxique.

Au-delà de l’impact environnemental de l’exploitation du bois à travers le monde, les implications sociales sont elles aussi à souligner. Les ONG environnementales, telles que Zéro Deforestation témoignent souvent de la distribution révoltante des bénéfices de l’exploitation du bois au sein des pays qui la pratiquent, et malheureusement jamais en faveur des populations locales et du respect des populations autochtones, mais au contraire au profit de grands groupes industriels, voire de mafias locales ou encore de la junte militaire. L’exemple de la Birmanie en est une parfaite  illustration: l’exploitation du teck a financé l’armée pendant la dictature. Autres régions concernées, l’Afrique Centrale, la Russie, la frange tropicale de l’Amérique du Sud et de l’Asie du Sud-Est, où le bois est issu d’abattages clandestins, en dehors de concessions légales  voire au sein même de parcs naturels protégés.

De nombreux autres matériaux peuvent être utilisés pour la fabrication de meubles de jardin : plastique, résine, aluminium, bambou ou rotin. Aucun n’est parfait, mais les plus contestés sont sans nul doute les plastiques. Plusieurs types de plastiques peuvent en effet être utilisés pour la fabrication de meubles de jardin. Le PVC (polychlorure de vinyl), plus très utilisé dans cette application, est de loin le moins apprécié par les ONG environnementales: elles lui reprochent les nombreux additifs utilisés pour lui conférer souplesse, résistance aux UV et à la chaleur, etc. En effet, ces additifs tels que les phtalates et certains métaux lourds sont très nocifs pour l’environnement et les humains. De plus, le devenir des articles en PVC en fin de vie, et leur gestion en tant que déchets, est encore incertain : le PVC est théoriquement recyclable mais les installations de traitement semblent manquer et sa destruction est problématique, puisque sa combustion dégage des fumées très toxiques. Certaines enseignes ont donc fait le choix d’exclure les produits en PVC de leur référencement, comme Botanic.
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Bonnes nouvelles

Oui, le bois reste quand même un des meilleurs choix à faire, si les forêts dont il provient sont exploitées dans de bonnes conditions environnementales et sociales. Vous allez donc pouvoir vous faire plaisir sans nuire aux humains et à la planète. Mais comme toujours, la vigilance s’impose.

Pour y voir plus clair, plusieurs ONG s’engagent depuis quelques années pour aiguiller le consommateur dans ses choix, et contribuer ainsi à la préservation des forêts, garantes de nos fragiles équilibres climatiques. Ainsi, le WWF a par exemple mis à disposition, sur son site internet une liste simplifiée d’espèces d’arbres menacées, basée sur la liste rouge de l’Union Internationale de la Conservation de la Nature et sur la Convention sur le commerce international de espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (http://www.cites.org/fra/disc/text.shtml). En 2006, le WWF a également été à l’initiative d’une grande enquête sur les produits proposés par les grandes enseignes françaises, imposant à la suite de cette initiative, une plus grande traçabilité des produits et une labellisation plus régulière des produits. D’autres organisations non gouvernementales se sont lancées dans la bataille : en 2007, Greenpeace entame un combat contre la destruction des forêts de République Démocratique de Congo (4ème plus grand réservoir forestier de carbone au monde). en septembre de la même année, les Amis de la Terre appellent à l’arrêt des importations de teck de Birmanie, en réaction aux violentes répressions à l’encontre des manifestations pacifiques en cours dans le pays au même moment.

Depuis 2013, le Règlement sur le Bois de l’Union Européenne (RBUE) interdit du marché le bois et les produits dérivés d’une récolte illégale. Les opérateurs ont l’obligation de respecter le principe de « diligence raisonnée », c’est à dire de prendre toutes les précautions possibles pour éviter de commercialiser du bois issu d’une récolte illégale. En 2014, la Loi d’avenir pour l’Agriculture, l’Alimentation et la Forêt (LAAF) applique un régime de sanctions pour les entreprises qui ne respectent pas le principe.

Depuis 2008, les importations de bois tropicaux sont en nette diminution et le déficit se réduit de 26% en 2013 pour atteindre 29 millions d’euros. Les régions du monde dont provient le bois tropical, que ce soient  l’Amérique du Sud, l’Asie ou en l’Afrique, valorisent leurs ressources forestières. Les pressions exercées par les ONG contre l’utilisation abusive de bois tropical et la concurrence de matériaux de substitutions de bois tempérés européens ont également permis la baisse des importations.

Pour remplacer les substances toxiques utilisées jusqu’à présent pour traiter le bois, on peut compter aujourd’hui sur de nets progrès qui permettent ainsi de proposer des produits de traitement non toxiques et d’origine végétale. L’Inra a ainsi développé un procédé du nom de l’Asam : l’Asam (Anhydride succinite d’alkénoate de méthyle) est un dérivé de l’huile de colza. Il a deux propriétés majeures : d’une part, il joue un rôle contre les insectes, par son caractère non digeste ; d’autre part grâce à ses caractéristiques hydrophobes, qui empêchent le bois de gonfler et de moisir.

Les bois traités thermiquement ou rétifiés (c’est-à-dire chauffés progressivement à haute température, par un procédé spécifique, ayant pour effet de modifier les propriétés de la matière et d’en augmenter la stabilité et la durabilité) sont également intéressants. On utilise pour cela du bois local, sans atout particulier à la base, tel que du hêtre, du frêne, du peuplier, de l’épicéa ou encore du pin maritime. Mais le bois ainsi transformé acquiert des propriétés comparables à celles des bois exotiques, et ce sans avoir à utiliser de produit chimique ou toxique. Autre traitement similaire, le procédé d’oléothermie, mis au point par la société Oléobois se compose de deux phases successives. Tout d’abord on chauffe le bois à moins de 160°C afin de faire s’évaporer l’eau, puis on l’imprègne dans un mélange chauffé d’huile végétale à base de lin, d’huiles essentielles, etc. Le bois devient ainsi hydrophobe, plus solide, et plus résistant pour un usage en extérieur.

La labellisation environnementale et sociale des produits touche également le bois, et c’est tant mieux ! On peut donc se fier avec confiance au certificat international FSC soutenu par le WWF, et tout particulièrement lorsqu’on se dirige vers des bois exotiques : l’étiquetage FSC garantit en effet un bois exploité dans de bonnes conditions environnementales et sociales, et ce en toute légalité. On trouve également le label européen PEFC aux exigences similaires bien qu’un peu moins précises que le certificat FSC. Enfin, le logo TFT offre lui aussi certaines garanties, notamment en ce qui concerne la traçabilité du bois ou les conditions environnementales et sociales en cours sur certaines exploitations qui n’ont pas encore reçu le label FSC. Pour plus d’informations sur les labels, vous pouvez consulter notre guide des labels qui peut également vous accompagner dans vos achats pour vous assurer de faire les bons choix ! Certaines grandes enseignes françaises proposent des mobiliers de jardins en bois qui respectent tous ces critères sociaux et environnementaux sur la matière première. L’enseigne Botanic, dont le développement durable et la protection de l’environnement sont leur préoccupation première, ne commercialise quant à elle que du bois tropical d’essence non menacée et a minima labellisée TFT  ainsi que des références de produits FSC ou PEFC.

Des entreprises de conception de mobilier de jardins engagés dans le développement durable fleurissent. City Green, labellisé Foreign Trade Organization, promouvant les chaines d’approvisionnement durables, s’engage à utiliser du bois d’Acacia hybride certifiés 100% FSC, utilisent des peintures écologiques n’émettant aucune vapeur, poussière ou gaz toxiques au cours de sa fabrication ou son application.
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Ce que vous pouvez faire

1)   Choisir les bons matériaux

Pensez à privilégier en priorité le bois local, type pin, hêtre, ou frêne, qui parcourt logiquement de moins grandes distances que le bois tropical, et qui provient en France de forêts dites « en progression » et dont la biodiversité est moins affectée que celle des forêts tropicales ou boréales. Pour le bois local, faites également le choix du certifié : une garantie supplémentaire pour s’assurer que le bois ne provient pas d’exploitations illégales d’Europe de l’Est par exemple.

Les bois à éviter de toute urgence : keruing, yellow-balau, bangkirai ou nyatoh, espèces surexploitées d’Asie du Sud-Est ; l’importation du teck de Birmanie qui met à mal les dernières forêts primaires de teck ; l’eucalyptus qui, bien que commercialisé à un prix très attractif, est issu de monocultures fatales pour l’environnement (assèchement des sols, destruction de la biodiversité, conflits avec les communautés locales, etc.).  D’autres bois sont à éviter, sauf s’ils sont certifiés FSC ou PEFC ou s’ils portent le logo TFT : le teck d’Indonésie (risque de provenance d’exploitations illégales ou à l’origine de conflits), ou encore l’acacia mangium souvent coupé dans des conditions environnementales peu recommandables. Evitez aussi l’acajou, le bété, le dibétou et le doussié d’Afrique. Pour les plus scientifiques, n’hésitez pas à vous référer à la liste rouge de l’UICN qui vous donnera un panorama complet des espèces à bannir pour cause de surexploitation ou de conséquences désastreuses sur l’environnement et la population.

Privilégiez le bois qui vient d’une forêt communautaire plutôt que d’une exploitation industrielle : dans de nombreux pays du monde, des peuples autochtones et des communautés locales se battent pour obtenir la reconnaissance de leur droit sur leurs forêts. La gestion d’une forêt par les communautés qui en dépendent est appelée foresterie communautaire. Ce mode de gestion est plus juste, moins destructeur et plus avantageux économiquement que l’exploitation industrielle. Pour en savoir plus : le Rights and Resources Initiative.

Enfin, gardez à l’esprit que les labels ne garantissent pas la qualité du meuble lui-même. Soyez donc vigilants et examinez bien le bois avant l’achat : taillé dans le sens des veines pour plus de solidité, absence de trous, de cassures ou d’attaques d’insectes, qualité de l’assemblage (pas de collage, de clous ou de vis apparents, de joints ouverts), etc.

2)   Prendre soin de son mobilier au maximum, sans utiliser de produits toxiques

Si vous possédez déjà un mobilier de jardin, mais que celui-ci est en PVC, entretenez-le au maximum pour qu’il vous serve plus longtemps. Lorsque vous souhaiterez en changer, n’hésitez pas à le revendre ou le donner s’il est encore en bon état, ou à l’emmener à la décharge afin qu’il soit convenablement pris en charge. Pour votre prochain achat, faites le choix de meubles en bois FSC ou de mobilier en métal.

Si durant la belle saison, vos meubles en bois ne risquent rien à l’extérieur, pensez à les remiser dans un endroit bien sec durant l’hiver : cela évitera notamment l’apparition de moisissures qui fragilisent le bois et réduisent sa durée de vie. Si votre mobilier de jardin est en bois tropical, soignez-le avant l’hiver, et au début du printemps, en appliquant des huiles végétales telles que l’huile de lin, après l’avoir nettoyé avec une paille de fer ou un papier de verre très fin.

Il existe deux types de lasures classiques et non écologiques : les lasures acryliques, issues la même famille que les peintures à l’eau et contenant des C.O.V. (composés organiques volatiles) et les lasures glycero, fortes en odeur et contenant des solvants et de nombreux produits chimiques : évitez d’en acheter ! Privilégiez les lasures écologiques, à la cire d’abeille, aux agrumes, ou à la bière …

De nombreuses entreprises se sont lancées dans la fabrication et distribution de produits alternatifs aux produits chimiques. C’est le cas d’Eco-logis qui vend des produits écologiques pour traiter le bois, comme le lasural, composé d’eau, de gomme naturelle, d’huile de lin, de résine naturelle de pin, de caséïne, d’anti UV minéral et sel métallique.

3)   Aller faire un tour du côté de l’occasion et du recyclé

Pourquoi ne pas laisser parler le bricoleur qui sommeille en vous et libérer votre créativité ? Vous pouvez par exemple récupérer d’anciennes planches, que vous trouverez peut-être au fond de votre garage, à la déchetterie, ou chez votre voisin, et fabriquer vous-mêmes un meuble unique, qui en plus de réduire la pression sur les forêts, vous rendra fier !

Pensez aussi à jeter un œil du côté du mobilier d’occasion, ou investissez dans une table en granit, même si la déplacer risque d’être bien plus compliqué. La tendance est également d’aménager son jardin en créant des meubles extérieurs à partir de palettes en bois.

Des entreprises se sont lancées dans le recyclage de déchets pour fabriquer du mobilier de jardin. Plas eco en est le premier exemple car elle utilise du plastique recyclé issu de plastiques ménagers et industriels. Ils sont broyés, lavés et classifiés, puis sont mélangés à un colorant pour enfin être extrudés dans des modules de forme. Urban’Ext, conçoit, fabrique et commercialise du mobilier urbain 100% recyclé à partir de briques alimentaires Tetra Pak. Grâce à nouveau matériau, 100% des briques alimentaires sont recyclés !
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