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Mobilier de jardin

MOBILIER DE JARDIN

Dès les premiers rayons de soleil, l’envie de se prélasser au jardin se faire sentir… et nous pousse à arpenter les rayons des grandes enseignes qui proposent des meubles de jardin.

Le mobilier de jardin en bois semble être le choix le plus écologique à faire, mais en apparence uniquement : bien que le bois ait la propriété de stocker le CO2 et soit renouvelable, l’impact environnemental de son exploitation peut être désastreuse. Quelques explications pour voir plus loin que l’étiquette.

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Le saviez-vous ?

  • Plus de 60% des Français disposent d’un jardin : autant de particuliers susceptible de posséder un salon de jardin !
  • Les meubles de jardin, en France, sont achetés pour moitié en grandes surfaces ;  le style « exotique », qui implique souvent le choix de bois exotique, est une tendance forte : 8% des ménages français avaient fait ce choix en 2007, y compris pour les meubles d’intérieur. A l’échelle mondiale, la Chine est le premier exportateur de produits d’ameublement, et ce depuis 2003. Les importations de Chine et d’Indonésie vers l’Europe sont en constante augmentation.
  • Les essences de bois utilisés pour les meubles d’extérieur sont le teck, le palissandre, acajou, nyatoh, keruing, hévéa, manguier … certaines de ces essences sont menacées ou issues de zones où leur exploitation favorise la déforestation et la destruction des éco-systèmes.
  • Concernant la provenance du bois tropical en France, qui sert de matière première à de nombreux produits de mobilier de jardin, la France s’approvisionne majoritairement en Afrique Centrale. Le problème : selon le WWF, près de 40% de ces importations de bois tropicaux sont illégales. Pour comparaison, toujours selon la même source, ce taux s’élève à 56% pour la Belgique! Les pays susceptibles d’exporter du bois illégal sont notamment le Brésil (47%), l’Indonésie (73%), ou encore le Cameroun (50%).
  • Si l’exploitation de bois est réalisée dans de mauvaises conditions, sans favoriser la régénération de la forêt, comme c’est malheureusement majoritairement le cas, l’impact environnemental est énorme. En effet, comme le bois a la propriété d’absorber le CO2, les forêts, en particulier tropicales, constituent de formidables réservoirs naturels. La surexploitation entraine donc logiquement des émissions de CO2 dans l’atmosphère très importantes : elles sont estimées à hauteur de 18% dans le montant global des émissions, derrière le secteur de l’énergie (24%) et devant celui des transports (14%).
  • Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), il disparaît chaque année dans le monde 80 000 km2 de forêts, soit la surface de l’Autriche, et ce… depuis 15 ans ! L’Amazonie en est la malheureuse principale victime, comptant à elle seule 53% de la surface totale détruite : on estime que ce sont 1350m2 qui disparaissent là-bas chaque seconde, soit un terrain de football toutes les 7 secondes. Sur cette base, on prévoit la disparition totale de l’Amazonie vers les années 2150. Pour repère, on estimait que la surface détruite de la forêt amazonienne entre 1492 et 1970 se chiffrait à environ 1% de sa surface totale ; sur les 35 dernières années, cette même forêt s’est réduite de 14%, soit une vitesse de déforestation 200 fois plus élevée.
  • Outre l’impact environnemental lié à l’exploitation forestière, il faut aussi garder à l’esprit que l’utilisation de bois, matériau « naturel », nécessite souvent de très nombreux traitements : à base d’insecticides, d’antifongiques, de créosol, de mélanges de cuivre, de chrome et d’arsenic (CCA), ces derniers étant interdits en Europe depuis fin 2006, etc. Si elles sont libérées, ces substances toxiques peuvent contaminer le sol et l’air environnant, transformant notre petit coin de verdure en décharge toxique.
  • Au-delà de l’impact environnemental de l’exploitation du bois à travers le monde, les implications sociales sont elles aussi à souligner. Les ONG environnementales, telles que Zéro Deforestation témoignent souvent de la distribution révoltante des bénéfices de l’exploitation du bois au sein des pays qui la pratiquent, et malheureusement jamais en faveur des populations locales et du respect des populations autochtones, mais au contraire au profit de grands groupes industriels, voire de mafias locales ou encore de la junte militaire. L’exemple de la Birmanie en est une parfaite  illustration: l’exploitation du teck finance l’armée à la solde de la dictature, les officiers recevant des concessions. Autres régions concernées, l’Afrique Centrale, la Russie, la frange tropicale de l’Amérique du Sud et de l’Asie du Sud-Est, où le bois est issu d’abattages clandestins, en dehors de concessions légales  voire au sein même de parcs naturels protégés.
  • De nombreux autres matériaux peuvent être utilisés pour la fabrication de meubles de jardin : plastique, résine, aluminium, bambou ou rotin. Aucun n’est parfait, mais les plus contestés sont sans nul doute les plastiques. Plusieurs types de plastiques peuvent en effet être utilisés pour la fabrication de meubles de jardin. Le PVC (polychlorure de vinyl), plus très utilisé dans cette application, est le loin le moins apprécié par les ONG environnementales: elles lui reprochent les nombreux additifs utilisés pour lui conférer souplesse, résistance aux UV et à la chaleur, etc. En effet, ces additifs tels que les phtalates et certains métaux lourds sont très nocifs pour l’environnement et l’Homme. De plus, le devenir des articles en PVC en fin de vie, et leur gestion en tant que déchets, est encore incertain : le PVC est théoriquement recyclable mais les installations de traitement semblent manquer et sa destruction est problématique, puisque sa combustion dégage des fumées très toxiques. Certaines enseignes ont donc fait le choix d’exclure les produits en PVC de leur référencement, comme Botanic.
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Bonnes nouvelles

  • Oui, le bois reste quand même un des meilleurs choix à faire, si les forêts dont il provient sont exploitées dans de bonnes conditions environnementales et sociales. Vous allez donc pouvoir vous faire plaisir sans nuire aux Hommes et à la planète. Mais, comme toujours la vigilance s’impose.
  • Pour y voir plus clair, plusieurs ONG s’engagent depuis quelques années pour aiguiller le consommateur dans ses choix, et contribuer ainsi à la préservation des forêts, garantes de nos fragiles équilibres climatiques. Ainsi, le WWF a par exemple mis à disposition, sur son site internet, une liste simplifiée d’espèces d’arbres menacées, basée sur la liste rouge de l’Union Internationale de la Conservation de la Nature et sur la Convention sur le commerce international de espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. En 2006, le WWF a également été à l’initiative d’une grande enquête sur les produits proposés par les grandes enseignes françaises, imposant à la suite de cette initiative, une plus grande traçabilité des produits et une labellisation plus régulière des produits. D’autres organisations non gouvernementales se sont lancées dans la bataille : en 2007, Greenpeace entame un combat contre la destruction des forêts de République Démocratique de Congo (4ème plus grand réservoir forestier de carbone au monde) ; en septembre de la même année, les Amis de la Terre  appellent à l’arrêt des importations de teck de Birmanie, en réaction aux violentes répressions à l’encontre des manifestations pacifiques en cours dans le pays au même moment.
  • Pour remplacer les substances toxiques utilisées jusqu’à présent pour traiter le bois, on peut compter aujourd’hui sur de nets progrès qui permettent ainsi de proposer des produits de traitement non toxiques et d’origine végétale. L’Inra a ainsi développé un procédé du nom de l’Asam : l’Asam (Anhydride succinite d’alkénoate de méthyle) est un dérivé de l’huile de colza. Il a deux propriétés majeures : d’une part il joue un rôle contre les insectes, par son caractère non digeste ; d’autre part grâce à ses caractéristiques hydrophobes, qui empêchent le bois de gonfler et de moisir.
  • Les bois traités thermiquement ou rétifiés (c’est-à-dire chauffés progressivement à haute température, par un procédé spécifique, ayant pour effet de modifier les propriétés de la matière et d’en augmenter la stabilité et la durabilité) sont également intéressants à plus d’un titre. On utilise pour cela du bois local, sans atout particulier à la base, tel que du hêtre, du frêne, du peuplier, de l’épicéa ou encore du pin maritime. Mais le bois ainsi transformé acquiert des propriétés comparables à celles des bois exotiques, et ce sans avoir à utiliser de produit chimique ou toxique. Autre traitement similaire, le procédé d’oléothermie, mis au point par la société Oléobois, se compose de deux phases successives. Tout d’abord on chauffe le bois à moins de 160°C afin de faire s’évaporer l’eau, puis on l’imprègne dans un mélange chauffé d’huile végétale à base de lin, d’huiles essentielles, etc. Le bois devient ainsi hydrophobe, plus solide, et plus résistant pour un usage en extérieur.
  • La labellisation environnementale et sociale des produits touche également le bois, et c’est tant mieux ! On peut donc se fier avec confiance au certificat international FSC soutenu par le WWF, et tout particulièrement lorsqu’on se dirige vers des bois exotiques : l’étiquetage FSC garantit en effet un bois exploité dans de bonnes conditions environnementales et sociales, et ce en toute légalité. On trouve également le label européen PEFC , aux exigences similaires bien qu’un peu moins précises que le certificat FSC. Enfin, le logo TFT offre lui aussi certaines garanties, notamment en ce qui concerne la traçabilité du bois ou les conditions environnementales et sociales en cours sur certaines exploitations qui n’ont pas encore reçu le label FSC. Pour plus d’informations sur les labels, vous pouvez consulter notre guide des labels, qui peut également vous accompagner dans vos achats pour vous assurer de faire les bons choix ! Certaines grandes enseignes françaises proposent des mobiliers de jardins en bois qui respectent tous ces critères sociaux et environnementaux sur la matière première. Ce qui se fait de mieux : chez Truffaut , le salon de jardin en robinier faux-acacia FSC ; ensembles FSC disponibles chez Leroy Merlin, Carrefour, Castorama. L’enseigne Botanic ne commercialise quant à elle que du bois tropical d’essence non menacée et a minima labellisée TFT  ainsi que des références de produits FSC ou PEFC.
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Ce que vous pouvez faire

1)    Vous informer au maximum avant d’acheter
  • Consultez les dossiers des Amis de la terre, le site internet www.ecolo-bois.org (continuer à faire progresser les distributeurs de bois et aider les consommateurs à identifier les produits en bois responsable) et du WWF. Ces associations épinglent régulièrement les enseignes proposant des bois non certifiés. Faites vos achats chez les enseignes les mieux notées par WWF.
2)    Choisir les bons matériaux

  • Pensez à privilégier en priorité le bois local, type pin, hêtre, ou frêne, qui parcourt logiquement de moins grandes distances que le bois tropical, et qui provient en France de forêts dites « en progression » et dont la biodiversité est moins affectée que celle des forêts tropicales ou boréales. Pour le bois local, faites également le choix du certifié : une garantie supplémentaire pour s’assurer que le bois ne provient pas d’exploitations illégales d’Europe de l’Est par exemple.
  • Les bois à éviter de toute urgence : keruing, yellow-balau, bangkirai ou nyatoh, espèces surexploitées d’Asie du Sud-Est ; le teck de Birmanie, qui contribue à financer la junte militaire au pouvoir tout en mettant à mal les dernières forêts primaires de teck ; l’eucalyptus qui, bien que commercialisé à un prix très attractif, est issu de monocultures fatales pour l’environnement (assèchement des sols, destruction de la biodiversité, conflits avec les communautés locales, etc.).  D’autres bois sont à éviter, sauf s’ils sont certifiés FSC ou PEFC ou s’ils portent le logo TFT : le teck d’Indonésie (risque de provenance d’exploitations illégales ou à l’origine de conflits), ou encore l’acacia mangium souvent coupé dans des conditions environnementales peu recommandables. Evitez aussi l’acajou, le bété, le dibétou et le doussié d’Afrique, Pour les plus scientifiques, n’hésitez pas à vous référer à la liste rouge de l’UICN, qui vous donnera un panorama complet des espèces à bannir pour cause de surexploitation ou de conséquences désastreuses sur l’environnement et la population. Mais pour faire simple, gardez à l’esprit que le plus efficace reste de ne jamais acheter d’article en bois tropical qui ne porterait pas d’indication de l’essence.
  • Privilégiez le bois qui vient d’une forêt communautaire plutôt que d’une exploitation industrielle : dans de nombreux pays du monde, des peuples autochtones et des communautés locales se battent pour obtenir la reconnaissance de leur droit sur leurs forêts. La gestion d’une forêt par les communautés qui en dépendent est appelée foresterie communautaire. Ce mode de gestion est plus juste, moins destructeur et plus avantageux économiquement que l’exploitation industrielle. Pour en savoir plus : le Rights and Resources Initiative.
  • Enfin, gardez à l’esprit que les labels ne garantissent pas la qualité du meuble lui-même. Soyez donc vigilants et examinez bien le bois avant l’achat : taillé dans le sens des veines pour plus de solidité, absence de trous, de cassures ou d’attaques d’insectes, qualité de l’assemblage (pas de collage, de clous ou de vis apparents, de joints ouverts), etc.
3)    Prendre soin de son mobilier au maximum, sans utiliser de produits toxiques
  • Si vous possédez déjà un mobilier de jardin, mais que celui-ci est en PVC, entretenez-le au maximum pour qu’il vous serve plus longtemps. Lorsque vous souhaiterez en changer, n’hésitez pas à le revendre ou le donner s’il est encore en bon état, ou à l’emmener à la décharge afin qu’il soit convenablement pris en charge. Pour votre prochain achat, faites le choix de meubles en bois FSC, ou de mobilier en métal.
  • Si durant la belle saison, vos meubles en bois ne risquent rien à l’extérieur, pensez à les remiser dans un endroit bien sec durant l’hiver : cela évitera notamment l’apparition de moisissures qui fragilisent le bois et réduisent sa durée de vie. Si votre mobilier de jardin est en bois tropical, soignez-le avant l’hiver, et au début du printemps, en appliquant des huiles végétales telles que l’huile de lin, après l’avoir nettoyé avec une paille de fer ou un papier de verre très fin.
4)    Aller faire un tour du côté de l’occasion et du recyclé
  • Pourquoi ne pas laisser parler le bricoleur qui sommeille en vous et libérer votre créativité ? Vous pouvez par exemple récupérer d’anciennes planches, que vous trouverez peut-être au fond de votre garage, à la déchetterie, ou chez votre voisin, et fabriquer vous-mêmes un meuble unique, qui en plus de réduire la pression sur les forêts, vous rendra fier !
  •  Pensez aussi à jeter un œil du côté du mobilier d’occasion, ou investissez dans une table en granit, même si la déplacer risque d’être bien plus compliqué!
NB : les ensembles pour salon ou chambre en bois tropical de style exotique sont eux aussi à la mode : nos conseils d’achat sont également valables pour les meubles d’intérieur.
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