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Café

CAFÉ

Buvez du café sans faire boire la tasse à la planète

Deuxième production mondiale après le pétrole, le café fait vivre plus de cent millions d'individus dans le monde… Emblématique des déséquilibres des marchés mondialisés, le café est aussi désormais symbole des solutions alternatives qui  peuvent être développées en impliquant les consommateurs occidentaux : le marché du café a ainsi été le précurseur du commerce équitable et de ses efforts pour rémunérer les petits cultivateurs au juste prix, avec la création il y a près de vingt ans du label Max Havelaar. Il faut dire que le café est aussi la deuxième boisson la plus consommée après l’eau : avec 400 milliards de tasses bues par an (soit environ 12 000 tasses par seconde !), il concerne potentiellement chacun d’entre nous, chaque jour, qu’il s’agisse de la boisson du matin préparée à domicile ou du petit noir consommé au comptoir…

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Le saviez-vous ?


  • Aujourd’hui, les deux tiers du café mondial viennent d’Amérique Latine (dont près d’un tiers du Brésil), un quart d’Afrique et le reste est produit en Asie, avec des pays comme le Vietnam qui en ont progressivement développé la culture. La production de café a d’ailleurs augmenté deux fois plus vite que la demande entre 1997 et 2005… Au total, le café concerne environ 70 pays du Sud et essentiellement de petits producteurs, dont l’exploitation fait moins de dix hectares et qui fournissent 70% du marché mondial. Fragilisés par la loi du marché, ces petits paysans fournissent la matière première et peinent à vivre, cependant que dans les pays occidentaux, qui représentent les deux tiers du marché mondial, quelques entreprises mondialisées se chargent de la transformation et empochent les profits (le café torréfié et moulu dans son pays de production représente moins de deux tasses exportées sur 1000). (Sources : Projet de loi autorisant l'accord international de 2001 sur le café - Sénat)
  • En effet, côté en bourse comme de nombreuses matières premières, le café attire ou fait fuir alternativement les plus gros investisseurs, et l'amplitude du mouvement de yo-yo des cours a un impact direct, considérable, sur vingt-cinq millions de producteurs, de l’ouvrier journalier au grand propriétaire, pour lesquels la culture du café est la principale source de revenu. Ainsi, fin 2001, date à laquelle furent enregistrés les prix les plus bas jamais relevés depuis trente ans, selon l'Organisation internationale du café (OIC) la livre de café valait 41,5 centimes de dollar sur le marché des matières premières de New York... soit la moitié de ce que coûte la production. Sur le marché londonien, la tonne de café se négociait alors 400 dollars, alors que les cultivateurs doivent parvenir au seuil de 1 200 dollars pour gagner leur vie . Aux aléas que subissent toutes les productions agricoles (gels, maladies, etc.) s’ajoute, pour le café, l'effet levier produit par les fonds spéculatifs, qui affectionnent les marchés de matières premières. A New-York, ils ont porté la livre de café de 100 cents début 2005 à plus de 140 en mars... pour la laisser retomber sous les 88 cents en septembre. Une instabilité au bout du compte déconnectée du marché qui oscille entre stagnation et régression, mais qui fait plonger les petits paysans.
  • Du côté de la consommation, les pays industrialisés consomment plus des deux tiers du café produit dans le monde. Les premiers pays importateurs sont les Etats-Unis, l’Allemagne et la France, où l’on consomme en moyenne 4 kilos par habitant et par an (contre 13 kilos pour les Finlandais, qui sont les plus gros consommateurs de café au monde).  La concentration est également la loi du côté des entreprises qui transforment et vendent le café, puisque cinq groupes achètent aujourd’hui près de la moitié de la production mondiale : Kraft, Nestlé, Procter & Gamble, Sara Lee et le groupe allemand Tchibo.
  • La culture du café a un impact important sur l’environnement et la biodiversité des pays producteurs. Jusqu’à il y a dix ans environ, la plupart des récoltes de café étaient issues de plantations situées dans les forêts à l’ombre des grands arbres. Depuis, près de la moitié des zones de culture de café en Colombie, Mexique, Caraïbes et Amérique centrale ont été transformées en plantations intensives non abritées : les arbres ont été abattus et il reste des zones clairsemées, sans ombre, où l’eau s’évapore et où l’odeur des engrais ammoniaqués domine. Cette évolution a des conséquences majeures sur la biodiversité . car la canopée offrait un habitat idéal aux oiseaux et insectes qui se nourrissent des parasites des caféiers. Dans ces plantations, le nombre d’espèces d’oiseaux est réduit de moitié et le nombre total d’oiseaux a baissé des deux tiers. Cet effet est aggravé par les pesticides et les engrais qui sont désormais nécessaires en plus grandes quantités et réduisent encore le nombre d'insectes ou de plantes qui contribuaient à la richesse des sols.
  • Sur le volet social, les ouvriers agricoles qui travaillent dans les plantations voient leur santé affectée par les produits phytosanitaires appliqués sans matériel de protection adéquat : même si leur production est en hausse, les cafés certifiés biologiques représentent en effet moins de 1% de la production mondiale et l’essentiel des cultures restent donc intensives . A cela s’ajoutent des conditions de travail peu enviables : à titre d’exemple, dans les plantations au Guatemala, les ouvriers gagnent 1,15 euro par jour alors que le gouvernement local estime qu’il faut 10 euros pour faire vivre une famille. Les femmes reçoivent  la moitié de ce que l’on donne aux hommes, et la liberté syndicale n’existe pas…
  • Enfin, du côté de la consommation, l’explosion du marché des dosettes de cafés génère un problème croissant de suremballage. Ces dosettes sont utilisées dans des machines à préparation individuelle, que l’on trouvait déjà dans un tiers des foyers français début 2006 . Lancée en 2002, la dosette représente déjà 15% du marché du café en France, et le leader Nespresso compte à son actif une dosette sur 4 vendues dans le monde. Le problème est qu’à quantités de café égales, l’utilisation de ces dosettes produit environ dix fois plus d’emballage et de déchets que l’emploi de paquets de café classiques, ce qui au final augmente aussi le prix payé par le consommateur de 20 à 60% .
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Bonnes nouvelles


  • Depuis les années 90, du café équitable est disponible dans les rayons des magasins. Le café fut le premier produit labellisé par l’organisation internationale de commerce équitable Max Havelaar et représente encore plus de la moitié des ventes portant le label. Historiquement distribué dans des boutiques solidaires comme celles d’Artisans du Monde (qui compte 80 magasins en France) ou d’Oxfam en Grande-Bretagne, le café équitable est désormais vendu en grande-distribution : près de 9 paquets sur 10 sont ainsi achetés en supermarchés ou hypermarchés, ce qui fait frémir les puristes mais a le mérite indéniable de faire connaître la démarche à un plus grand nombre de consommateurs et, très pragmatiquement d’augmenter l’effet de levier du commerce équitable dans les pays du sud. Au total, les échanges dans le cadre du commerce équitable bénéficient aujourd’hui à  plus d’un million de producteurs dans le monde.  L’Europe représente plus de la moitié du marché du commerce équitable mondial et connaît des chiffres d’augmentation prometteurs… même si le café équitable labellisé Max Havelaar ne représente encore que 5 % du chiffre d’affaires total en France .
  • Dans le sillage des pionniers comme les petits torréfacteurs Malongo ou Lobodis, des acteurs plus importants s’engouffrent progressivement dans cette « niche », attirés par les taux de croissance élevés de ce créneau bon pour les ventes et pour l’image : les marques propres des enseignes de grande distribution (Monoprix, Carrefour, Leclerc, etc.) mais aussi les géants de l’agro-alimentaire, de manière plus ou moins sérieuse. Ainsi, le géant alimentaire Kraft a lancé en France un café à la marque Jacques Vabre, portant le logo de l’ONG Rainforest Alliance et la signature « un café pour agir ». Le problème est que l’ONG partenaire de Kraft, qui oeuvre de manière intéressante en faveur de l'environnement, ne joue aucun rôle dans le commerce équitable (pas de prix minimum garanti au-delà des cours mondiaux) et en avançant la promesse d’un café « responsable » ou « durable », le produit ne fait rien pour dissiper la confusion qui règne déjà dans l’esprit des consommateurs. En 2005, Lavazza a introduit un café "Voix de la terre", également certifié par Rainforest Alliance. Enfin, l’enseigne mondialement réputée Starbucks, qui l’un des acteurs les plus engagés, s'approvisionne pour sa part à hauteur de 5 % en café labellisé et issu du commerce équitable. A noter, dans les autres initiatives sympathiques de Starbucks : l’offre gratuite, à la sortie des boutiques, de sachets de café moulu et usagé destiné à être utilisé comme compost dans le jardin des clients qui le souhaitent…
  • Souvent accusé d’être plus cher que le café conventionnel, le café équitable affiche en réalité un surcoût d’un centime d’euro par tasse de café en moyenne. S’ils sont plus chers que les premiers prix, les cafés équitables ne sont généralement pas plus chers que les grandes marques nationales, dont une partie importante du prix de vente est constituée des investissements en marketing et publicité supposés entretenir quotidiennement la « présence à l’esprit » des marques. Il est d’ailleurs remarquable de voir comment le café équitable, parce qu’il avait une histoire vraie à raconter (celle du petit producteur faisant enfin vivre sa famille), a réussi à s’imposer sans publicité sur un marché où le « ticket d’entrée publicitaire » est traditionnellement élevé. Le marketing reste cela étant le nerf de la guerre sur le marché du café mais dans tous les cas si le café équitable est parfois encore plus cher que ses concurrents classiques, ce n’est pas parce que la matière première, payée plus chère, fait augmenter le prix du produit, mais plutôt parce que les acteurs sont encore souvent de petites entreprises (comme Alter Eco, Ethiquable, etc.) qui ne bénéficient pas d'économies d'échelle et qui doivent payer au prix fort leur accès aux linéaires des supermarchés.
  • Le café « socialement responsable » l’est aussi, souvent, du point de vue de l’environnement. En se souciant des conditions de vie et de travail des petits producteurs, les acteurs du commerce équitable, notamment, ont introduit depuis longtemps dans leurs cahiers des charges des éléments relatifs, par exemple, à la non-utilisation de produits toxiques lors de la culture. Ce qui explique par exemple que 30% du café labellisé Max Havelaar soit certifié biologique.
  • Quant au marché de la dosette, on ne peut pas dire qu’il abonde en bonnes nouvelles pour limiter ou recycler les déchets. Les techniques et matériaux utilisés pour les dosettes varient selon les fabricants (aluminium, cellulose, polyester, polyéthylène, etc.) mais le problème reste entier, alors que le marché explose. Des marques comme Malongo et Senseo et Malongo utilisent de la cellulose, qui fait qu’en théorie les dosettes sont biodégrables et compostables… mais pour préserver les saveurs du café moulu,  ces fabricants doivent faire appel à un emballage individuel plastifié et hermétique. Même les dosettes de Nespresso, qui sont théoriquement recyclables puisque fabriquées à 100% en aluminium, ne le sont en réalité qu’à travers un système de collecte complexe et non-encore disponible en France. Mais pour finir par quelques signaux optimistes pour l’avenir, un fabricant néerlandais a lancé récemment une dosette rechargeable, l’Ecopad, et en France, des fabricants proposent désormais des dosettes de café équitable certifié par Max Havelaar.
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Ce que vous pouvez faire

•    Privilégiez le café labellisé en préférant le café biologique (certifié par le logo AB) et équitable (certifié par le label Max Havelaar) à chaque fois que possible. S’il n’est pas disponible dans votre point de vente, réclamez-le à votre commerçant et à défaut, optez pour d’autres labels moins exigeants, comme celui de Rainforest Alliance, qui sont toujours mieux que rien…
•    Si vous n’êtes pas encore équipé(e) d’une machine à préparation individuelle rendant indispensable l’utilisation des dosettes fortement génératrices de déchets, résistez ! Plusieurs marques proposent des machines éco-conçues comme la marque Jura ou Presso dont les cafetières fonctionnent manuellement. Et préférez si possible l’achat de café en vrac (dans les boutiques spécialisées) ou en sachets classiques de 250 grammes.
•    Enfin, pour aller au bout de la démarche, soyez attentifs à ce qui tourne autour du café :
•    Chez vous et plus encore au bureau, préférez les gobelets en carton à ceux en plastique, l’idéal restant encore d’apporter votre propre tasse !
•    L’eau utilisée pour faire le café représenterait jusqu’à 30% de l’eau du robinet consommée dans certains pays européens et aux Etats-Unis : limitez donc votre utilisation d’eau et pour cela soyez vigilant aux quantités de café que vous préparez, afin de ne pas devoir jeter la moitié de la cafetière de breuvage froid qu’on ne réchauffe pas au prétexte qu’un "café bouillu est un café foutu" !
•    Enfin, si vous utilisez une cafetière à filtre, préférez un filtre à café permanent en inox plutôt que des filtres jetables en papier, en sachant que si vraiment vous optez pour ces derniers vous pouvez aussi privilégier les filtres en bambou (qui ont au moins le mérite de ne pas provenir de forêts, le bambou ayant l’avantage de pousser vite, sans produits chimiques) affichant si possible le logo NF Environnement (qui garantit principalement l’absence de traitement au chlore pour blanchir les fibres), comme ceux proposés par Melitta…
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