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Café

CAFÉ

Buvez du café sans faire boire la tasse à la planète

Deuxième production mondiale après le pétrole, le café fait vivre 25 millions de petits producteurs dans le monde et plus de 125 millions de personnes en incluant les familles, selon l’organisation du commerce équitable Max Havelaar. Emblématique des déséquilibres des marchés mondialisés, le café est devenu un symbole des solutions alternatives qui peuvent être développées en impliquant les consommateurs occidentaux : le marché du café a ainsi été le précurseur du commerce équitable et de ses efforts pour rémunérer les petits cultivateurs au juste prix, avec la création il y a plus de trente ans du label Max Havelaar. Il faut dire que le café est une boisson très appréciée, il concerne potentiellement chacun d’entre nous, chaque jour, qu’il s’agisse de la boisson du matin préparée à domicile ou du petit noir consommé au comptoir.

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Le saviez-vous ?

PRODUCTION

  • Selon l’Organisation Internationale du Café (OIC), le Brésil est depuis près de 150 ans le leader mondial en matière de production et d’exportation de café. D’ailleurs, les plantations de café représentent 27 000 km2 de sa surface et sont majoritairement situées dans les régions du Minas Gerais, de Sao Paulo et du Parana. Viennent ensuite par ordre décroissant le Vietnam, la Colombie, l’Indonésie et l’Ethiopie. 5ème producteur mondial, ce dernier est leader du marché africain puisqu’il est à l’origine de 39% de la production africaine.
  • Aujourd’hui, selon les chiffres du premier trimestre 2017 de l’OIC, la production de café permet de subvenir aux besoins de près de 25 millions de familles dans 60 pays et représente 100 milliards de dollars sur le marché mondial.
  • Entré en vigueur en 2011, l’Accord international sur le café, conclu par les 77 membres du Conseil international du Café réuni à Londres en 2007, a permis de renforcer le rôle de l’OIC dans l’encadrement du commerce international du café et la mise en place d’une économie durable notamment pour les petits producteurs de café.
  • Fondée en 1996, la CLAC, le réseau de producteurs du commerce équitable en Amérique latine, recense aujourd’hui plus de 300 organisations de petits producteurs, dont les caféiculteurs. Elle conseille, forme et apporte de l’assistance technique à ses membres pour renforcer leurs capacités.  Ce type d’organisation permet d’encadrer les droits sociaux des travailleurs.

CONSOMMATION


  • Coté consommation, les pays européens sont de grands férus de café puisqu’ils importent à eux seuls un tiers des sacs de café livrés dans le monde et devancent même les Etats-Unis et le Brésil. Parmi les principaux pays importateurs, on retrouve toutefois les Etats-Unis ou la France, qui consomment respectivement 4,5 et 5,2kg de café par habitant et par an mais les grands champions du monde sont les Finlandais qui en avalent 11,4 kilos.
  • D’après les dernières statistiques du Ministère de l’Agriculture des États Unis (USDA), la consommation de café devrait atteindre un nouveau record sur la saison 2017-2018 : 158 millions de sacs de 60 kg devraient être consommés en un an. En 20 ans, la consommation de ce nectar noir a doublé.
  • Selon l’OIC, la consommation mondiale de café, estimée à environ 1,3% de croissance par an, ne cesse d’augmenter depuis 2012. Pour pallier cette hausse de la consommation mondiale, qui entre octobre 2015 et septembre de l’année suivante s’est élevée à 151,3 millions de sacs de 60 kilos de café, 3,3 millions de sacs ont été comblés grâce à la surproduction des années précédentes.
  • Quant au prix du café, il varie en fonction des années de production.       
ENVIRONNEMENT

  • La culture du café a un impact important sur l’environnement et la biodiversité des pays producteurs. D’ailleurs, selon la dernière étude de l’École Polytechnique Fédérale de Zurich (EPFZ) publiée dans la revue « Plos One », le café arabica, représentant 70% de la production mondiale, devrait être fortement impacté par les changements de température. D’ici 2050, les zones actuelles de cultures devraient nettement se déplacer. Les surfaces de café Robusta, qui représente aujourd’hui 30% de la production mondiale, augmenteront alors que celles de l’arabica, plus sensible, se réduiront.
  • Avec le le réchauffement climatique, les scolytes, des coléoptères qui se nourrissent des grains de café, se multiplient, avec des conséquences néfastes pour les caféiers. Des maladies de plus en plus résistantes se développent. En 2015, les petits exploitants de café dans la région d’Oaxaca au Mexique ont perdu 80% de leur production en un an. En cause : la rouille, une maladie provenant du Guatemala, de la Colombie et d’Amérique Centrale, qui s’est implantée depuis 2012 et qui devient de plus en plus résistante. D’après le directeur exécutif de l’OIC, les surfaces cultivables pourraient diminuer de moitié d’ici 2050.
  • La déforestation est également un enjeu majeur pour les producteurs de café. D’ailleurs, au Brésil, la disparition de la forêt tropicale, chargée de d’humidité, est une véritable source d’approvisionnement en eau pour les cultures de caféiers. Dans les zones déboisées, les scientifiques estiment une perte de 35% des espèces de vertébrés qui y vivent et des émissions accrues en CO2.
  • En France, le marché du café est estimé à 2 milliards d’euros. Selon Nielsen, les dosettes individuelles Dolce Gusto, Senseo, Tassimo ou Nespresso, utilisées dans les machines à préparation individuelle, ont représenté 43,9% des ventes en supermarchés et hypermarchés contre 36,3 % pour le café moulu, 17,1 % pour le café instantané et 2,7 % pour les grains. En plus d’augmenter le prix du consommateur de 20 à 60% (Ademe), les dosettes produisent énormément d’emballage, un fléau environnemental.
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Bonnes nouvelles

  • Depuis les années 90, du café équitable est disponible dans les rayons des magasins. Le café fut le premier produit labellisé par l’organisation internationale de commerce équitable Fairtrade/Max Havelaar. Selon l’organisation, 1,65 millions de producteurs et travailleurs bénéficient de la labellisation, regroupés au sein de 1 226 organisations, majoritairement des coopératives, dans 74 pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. En 2014, 6,4% de la production mondiale issue du commerce équitable était certifié Fairtrade. Historiquement distribué dans des boutiques solidaires comme celles d’Artisans du Monde (qui compte 130 magasins en France) ou d’Oxfam en Grande-Bretagne, le café équitable est vendu depuis près de 20 ans en grande-distribution.
  • Les coopératives engagées dans le système Fairtrade / Max Havelaar ont l’assurance d’obtenir au moins le prix minimum garanti de 1,40 dollar la livre pour le café Arabica vendu selon les critères du commerce équitable (30 centimes supplémentaires si le café est également issu de l’agriculture biologique) en plus de la prime de développement de 20 cents la livre qui est librement investie par les organisations de producteurs.  
  • Fairtrade/Max Havelaar n'est pas la seule organisation certifiant du café issu du commerce équitable. UTZ Certified (voir la fiche label), association créée en 2002, a également pour objectif historique de promouvoir un mode de production durable et juste pour les cultures de café mais aussi de thé, cacao et sucre au niveau mondial. L'association a ainsi développé un label et un programme qui permet aux producteurs d'apprendre de meilleures méthodes agricoles, d'améliorer leurs conditions de travail... Depuis, d’autres certifications de ce type se sont développées, telles que Ecocert Equitable. Citons également les labels de commerce équitable WFTO (World Fair Trade Organization) ou Symbole des Producteurs Paysans.
  • D’après les dernières données de FIBL/IFOAM, 7,7% de la production mondiale de caféiers est biologique. En se souciant des conditions de vie et de travail des petits producteurs, les acteurs du commerce équitable, notamment, ont introduit depuis longtemps dans leurs cahiers des charges des éléments relatifs, par exemple, à la non-utilisation de produits toxiques lors de la culture. Aujourd’hui, selon l’Agence Bio, environ 50% du café biologique a une double certification bio et équitable.
  • Même si Malongo et Lobodis restent pionniers en la matière, d’autres torréfacteurs responsables et solidaires se sont développés comme CARON.  Dans le sillage des petits torréfacteurs, des enseignes de la grande distribution se sont également engagées ces dernières années en proposant leurs propres marques des cafés équitables et biologiques. Ainsi, Monoprix propose un café, certifié bio et équitable, sous la marque « Monoprix bio ! » ; Carrefour, parmi tant d’autres, en a fait de même.
  • En 2010, le géant alimentaire Kraft a lancé en France un café à la marque Jacques Vabre, portant le logo de l’ONG Rainforest Alliance et la signature « un café pour agir ». Le problème est que l’ONG partenaire de Kraft, qui oeuvre pour le respect de l’environnement et des petits producteurs, applique les normes dites Sustainable Agriculture Network (SAN), qui appliquent des critères sociaux plus ou moins exigeants. Starbucks, l’enseigne mondialement réputée, s'approvisionne en café certifié Max Havelaar, qui s’est élevé à hauteur de 8,6 % en 2014, selon les dernières données de Colecosol.
  • Souvent accusé d’être plus cher que le café conventionnel, le café équitable affiche en réalité un surcoût d’un centime d’euro par tasse de café en moyenne. S’ils sont plus chers que les premiers prix, les cafés équitables ne sont généralement pas plus chers que les grandes marques nationales, dont une partie importante du prix de vente est constituée des investissements en marketing et publicité supposés entretenir quotidiennement la « présence à l’esprit » des marques. Il est d’ailleurs remarquable de voir comment le café équitable, parce qu’il avait une histoire vraie à raconter (celle du petit producteur faisant enfin vivre sa famille), a réussi à s’imposer sans publicité sur un marché où le « ticket d’entrée publicitaire » est traditionnellement élevé. Le marketing reste cela étant le nerf de la guerre sur le marché du café mais dans tous les cas si le café équitable est parfois encore plus cher que ses concurrents classiques, ce n’est pas parce que la matière première, payée plus chère, fait augmenter le prix du produit, mais plutôt parce que les acteurs sont encore souvent de petites entreprises (comme Alter Eco, Ethiquable, etc.) qui ne bénéficient pas d'économies d'échelle et qui doivent payer au prix fort leur accès aux linéaires des supermarchés.
  • Quant au marché de la dosette, les entreprises ont lancé des programmes de revalorisation des déchets. Ainsi, les dosettes de Nespresso, fabriquées à 100% d’aluminium, sont collectées à travers un système de collecte ; les points de récolte sont disponibles en ligne, via une carte interactive mais la marque ne s’arrête pas là puisqu’elle propose également des dosettes rechargeables. Sur le même principe, Tassimo a lancé Terracycle, un programme de recyclage de ses dosettes, dont les points de collecte sont également disponibles via une carte interactive. Ecocaps propose des dosettes rechargeables adaptables aux machines à café des différentes marques (Nespresso, Dolce Gusto…)
  • Qu’en est-il pour le marc de café ? Selon Suez, de la récolte à la consommation en passant par la torréfaction, 99,8% de la biomasse serait perdue. En 2016, l’entreprise a décidé de développer une solution de valorisation du marc de café aux Pays-Bas (également consommateur avéré de café) en partenariat avec Koffie Recycling Nederland. Le projet consiste à transformer les tonnes de marcs de café, collectées auprès de restaurateurs et entreprises, en granules de chauffage pour être utilisées comme source d’énergie. Toutefois, Suez n’est pas le premier à s’être lancé dans cette aventure. Dans le Morbihan, l’entreprise RID mélange le marc de café à la sciure de bois pour créer des bûches ou des granulés destinés à être brulés dans les poêles à bois ou les chaudières. D’autres ont eu l’idée de l’utiliser pour faire pousser des champignons comme les startup Pleurette ou La Boite à Champignons qui vendent des kits prêts à l’emploi.
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Ce que vous pouvez faire

  • Privilégiez le café labellisé en préférant le café biologique et équitable dès que possible. S’il n’est pas disponible dans votre point de vente, réclamez-le à votre commerçant et à défaut, optez pour d’autres labels moins exigeants, comme celui de Rainforest Alliance. C’est toujours mieux que rien…
  • Si vous n’êtes pas encore équipé(e) d’une machine à préparation individuelle rendant indispensable l’utilisation des dosettes fortement génératrices de déchets, résistez ! Plusieurs marques proposent des machines éco-conçues comme la marque Jura ou Presso dont les cafetières fonctionnent manuellement. Malongo Ek’Oh est une cafetière écologique, fabriquée en France. Et préférez si possible l’achat de café en vrac (dans les boutiques spécialisées) ou en sachets classiques de 250 grammes.
  • Enfin, pour aller au bout de la démarche, soyez attentifs aux déchets induits par la consommation de  café : chez vous et plus encore au bureau, préférez les gobelets en carton à ceux en plastique, l’idéal restant encore d’apporter votre propre tasse !
  • Selon « Empreinte eau », un indicateur développé en 2012 par la WWF qui permet de mesurer notre consommation d’eau, une tasse de café représenterait environ 140 litres d’eau, en prenant en considération le plan de café qu’il a fallu cultiver ou la torréfaction des grains. Il est donc important de limiter votre utilisation d’eau et pour cela soyez vigilant aux quantités de café que vous préparez, afin de ne pas devoir jeter la moitié de la cafetière de breuvage froid qu’on ne réchauffe pas au prétexte qu’un "café bouillu est un café foutu" !
  • Enfin, si vous utilisez une cafetière à filtre, préférez un filtre à café permanent en inox plutôt que des filtres jetables en papier, en sachant que si vraiment vous optez pour ces derniers vous pouvez aussi privilégier les filtres en bambou (qui ont au moins le mérite de ne pas provenir de forêts, le bambou ayant l’avantage de pousser vite, sans produits chimiques) affichant si possible le logo NF Environnement (qui garantit principalement l’absence de traitement au chlore pour blanchir les fibres), comme ceux proposés par Melitta…
  • Pour éviter de jeter le marc de café, vous pouvez l’utiliser comme engrais naturel pour apporter des nutriments à votre potager ou à vos plantes. Pour celles et ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un jardin, le marc de café peut-être utilisé pour fabriquer des cosmétiques : exfoliant, gommage ou encore après-shampoing pour avoir une peau douce et des cheveux brillants. 
  • Il sert aussi de traitement préventif contre les tuyauteries bouchées. Une fois par jour, déposez une cuillère à soupe de café dans vos canalisations et faites couler de l’eau chaude pendant deux minutes.
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