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Jus de fruits

JUS DE FRUITS

Limitez votre consommation de jus de fruits en bouteille

Naturalité et santé :  voici les deux arguments en béton qui expliquent la popularité actuelle des jus de fruits… Après une forte croissance des années 70 à 90, le marché est aujourd’hui mature et se stabilise : le Français consomme un peu plus de 22 litres par an, essentiellement au petit déjeuner. Un succès réactivé par l’arrivée récente des smoothies, ces jus de fruits fraîchement pressés ou mixés qui font un tabac auprès des cadres urbains stressés, en quête de leur dose quotidienne de vitamines et de fruits, au bureau ou après le sport. Mais notre soif de jus de fruits a des impacts sociaux et environnementaux insoupçonnés - des conditions de travail dans les vergers géants des pays du Sud au climat changeant de notre planète.

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Le saviez-vous ?

  • Ce qu’on appelle en réalité « jus de fruits » désigne en fait une grande variété de produits tous élaborés à partir de fruits, mais qui se différencient par la nature du jus et les traitements subis : les purs jus (42% du marché) sont obtenus par simple pression des fruits, sans adjonction de sucre, ni additifs ; les jus à base de concentré (ABC - 35% du marché) sont élaborés à partir de jus concentrés, qui facilitent le stockage et le transport, et reconstitués en réincorporant la même quantité d’eau que celle extraite lors de la concentration, avec dans certains cas adjonction de sucre (mention obligatoire sur l’étiquette) ; les nectars de fruits (24% du marché) sont constitués de jus ou de purée de fruits (plus de 25 ou 50% selon les fruits), d’eau et de sucre ou d’édulcorants (limitée à 20%). Dans tous les cas, les colorants et les conservateurs sont interdits, mais les jus peuvent être restaurés voire enrichis en vitamines (notamment la vitamine C) ou en sels minéraux (calcium) qui peuvent avoir été perdus lors du processus de fabrication.
  • Pour accroître encore la confusion des consommateurs qui ont parfois du mal à s'y retrouver, des boissons aux fruits d’une toute autre nature sont souvent placées tout à côté en linéaires. Elles contiennent du jus dilué avec de l’eau, de l’eau gazeuse ou du lait (le jus pouvant ne représenter que 10% du contenu voire moins), ainsi que des colorants, des arômes artificiels, et enfin du sucre (parfois en quantité plus importante que dans un soda, et jusqu’à 60% de plus que dans un jus d’orange) ou des édulcorants, même si leurs étiquettes affichent quasi-systématiquement des cascades de fruits frais similaires à celles des jus.
  • Le jus d’orange est encore de loin le roi du secteur, avec la moitié des ventes, devant les multifruits multivitaminés (un quart du marché), puis quelques variétés comme le jus de pomme (9% des ventes), de raisin (4%), d’ananas (3%) et de pamplemousse (4%). Les jus peuvent être frais (pour les purs jus seulement, sans traitement thermique, avec une durée de conservation d’une semaine), réfrigérés (jus ABC et nectar, durée de conservation : 4 à 5 semaines) ou vendus au rayon « ambiant » (jus ABC et nectar, durée de conservation : 12 mois)  . La qualité gustative des jus étant très inégale, qu’ils soient vendus à température ambiante (40% des ventes) ou au rayon réfrigéré , le "hard discount" a progressé au point qu’un tiers des jus de fruits, en France, sont désormais achetés dans les linéaires de ces enseignes à bas prix, tandis que les marques-leaders font couramment un tiers de leur chiffre d’affaires en fournissant les marques distributeurs .
  • Pour ce qui concerne l’emballage des jus de fruits, la brique en carton domine largement, en raison de son faible coût de fabrication, avec environ deux tiers des ventes, devant le verre et le plastique. Rappelons qu’aujourd’hui les emballages des produits de consommation représentent déjà 30% du poids et 50% du volume  de nos poubelles : plus de la moitié de ces emballages sont recyclés, mais les taux de recyclage effectifs varient selon les matériaux (71% pour le verre, 54% pour le papier-carton, 19% pour le plastique 19%, et 27% pour l’aluminium que l’on retrouve notamment dans les canettes).
  • Contrairement à ce qui se passe désormais sur les fruits frais, le consommateur de jus de fruits n’est  souvent pas informé du lieu de production des fruits qui varie selon les saisons… et la disponibilité sur le marché mondial. Les jus de fruits sont donc principalement élaborés à partir de fruits importés à la fois par nécessité (les oranges poussent peu en France) et du fait de la mondialisation (le marché de l'orange est ainsi devenu un marché mondial semblable au pétrole, où les acheteurs mettent en concurrence les pays et les origines pour obtenir la meilleure qualité possible au plus bas coût). Résultat : un même produit mélange couramment des jus de fruits de différentes origines, et certaines marques affichent même comme une valeur ajoutée le fait de suivre  le soleil tout autour du monde, achetant leurs oranges en Egypte, au Maroc ou en Jamaïque au printemps, puis au Brésil, en Afrique du Sud et en Argentine en été, mais aussi des myrtilles du Canada, des mangues d’Inde et des fraises de Pologne. Or de manière générale, les conséquences sociales de la production de fruits ne sont guère reluisantes : dans des pays comme le Mexique, Cuba, le Costa Rica ou même le Brésil (premier producteur mondial d’oranges), les cueilleurs et les cultivateurs (souvent des femmes avec enfants) sont mal payés pour maintenir leur coût au niveau le plus bas possible ; le travail des enfants est encore fréquent (au Brésil, à la fin des années 90, entre 3 et 4% des enfants de 10 à 14 ans, soit quelque 2,5 millions d’enfants, travaillaient comme ouvriers saisonniers dans des plantations au moment de la cueillette) ; enfin, dans les grandes plantations fruitières (orange et banane notamment), le travail est mécanisé et les arbres font l'objet de pulvérisations aériennes d'insecticides et de fongicides, avec des ouvriers peu ou mal protégés. Du coup, il faut 100 kg de pétrole pour obtenir au Brésil une tonne de jus d’orange. Le phénomène est sans doute un peu moins marqué pour les fruits issus des pays d'Europe de l’Ouest par exemple, mais les exploitations fruitières occidentales, Espagne et France compris, ne sont pas moins industrialisées et ont notoirement recours pour la cueillette à du travail précaire, mal payé et souvent non-déclaré, sans parler des longs horaires de travail  afin de garantir aux clients, dans certains cas, des jus issus de fruits cueillis il y a moins de 24 heures, par exemple !
  • L'autre problème qui se pose évidemment est celui du transport. Pour les jus de fruits fraîchement pressés qui doivent atteindre les linéaires quelques heures après leur production, la solution est simple : c'est l'avion ! En Angleterre, l’enseigne Marks & Spencer, réputée pour la fraîcheur de ses produits, a ainsi été épinglée par les médias et les ONG en 2004  après avoir lancé une publicité dans la presse disant que son jus d’ananas était importé par avion du Ghana en moins de 48 heures pour en garantir la fraîcheur. Quelques années après, l’enseigne a retenu la leçon et s’engage désormais à étiqueter tous les produits alimentaires importés par avion !
  • Pour les jus à base de concentré dont la durée de vie est plus longue, ils subissent un traitement thermique (UHT – Ultra-Haute Température – ou « flash pasteurisation ») et sont  le plus souvent expédiés par bateau et camion sous forme surgelée et concentrée avant d'être mélangés à de l’eau à l'arrivée. Dans tous les cas, le transport par bateau est plus écologique car largement moins émetteur de CO2, même si la surgélation est très gourmande en énergie (il faut dix fois plus d’énergie pour produire un produit surgelé que pour son équivalent frais).
  • Concernant les aspects nutritionnels, beaucoup d’entre nous consomment des jus de fruits dans le cadre d’une quête pour une alimentation saine, fondée notamment sur la notion d’AJR (apports journaliers recommandés… en vitamines, minéraux et fibres) et sur la nécessité de consommer au moins cinq fruits et légumes par jour. Selon les fabricants, un verre de jus de fruits (ou de légumes, d’ailleurs) pourrait  ainsi compter comme l’une des cinq portions nécessaires, plus qu’un verre de soda à l’évidence, mais pas autant qu’un « vrai » fruit non plus (même si vous finissez la bouteille !) car dans le jus le pressage élimine une partie des fibres, qui sont contenues pour l’essentiel dans la pulpe et la peau des fruits. Gare donc aux promesses santé un peu extrêmes des fabricants, dont certains ont même imaginé d’enrichir leurs jus en fibres pour pallier à ce problème !
  • Concernant la « teneur garantie en vitamines », même enjeu : la pasteurisation, et même la « flash pasteurisation », sont des traitements thermiques qui altèrent, sans surprise, les propriétés naturelles des jus frais. L’ajout de vitamines synthétiques, qui ne sont que partiellement assimilées par l'organisme, ne suffit d'ailleurs pas à compenser cette altération. Dans tous les cas, dans nos pays industrialisés où les populations sont très rarement carencées en vitamines (grâce à une alimentation équilibrée et variée), nous pourrions sans aucun doute nous passer de ces jus «à teneur garantie en vitamines» qui risquent même de provoquer des surdosages en vitamine C notamment. Pour toutes ces raisons, quand il est possible de confectionner un jus « maison » à partir de fruits frais (pour le jus d’orange par exemple ou avec une centrifugeuse), ce dernier l'emporte toujours sur le plan nutritionnel .
  • L’autre point nutritionnel important concernant les jus est que les marques conseillent souvent de boire des jus de fruits pour couvrir les besoins en eau (les jus en contiennent 85 à 90%). Un conseil qui ne fait pas l’unanimité, ou alors contre lui, chez les médecins, pour qui l’eau doit rester la boisson de référence : ils insistent sur le fait que les boissons sucrées sont des pièges à calories dont la consommation doit être occasionnelle (fêtes, anniversaires…), d’autant plus que l'organisme n’en tient pas compte pour réguler ses prises alimentaires ultérieures comme c'est le cas pour les autres aliments solides. Les boissons viennent donc alourdir la prise calorique, comme l’a montré une étude de la revue scientifique britannique Lancet en 2001, qui montrait que chaque verre de boisson sucrée supplémentaire consommé dans une journée augmentait, chez les enfants, le risque d'obésité de 60%. Si cela s’applique surtout aux boissons aux fruits ou aux nectars de fruits, il reste préférable, pour les nutritionnistes, de consommer les fruits et leurs sucres naturels au sein des repas et plutôt sous forme solide que liquide .
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Bonnes nouvelles

  • Les codes de conduites, par lesquelles les entreprises d’un secteur s’engagent sur les conditions de travail chez leurs fournisseurs, sont désormais courants dans l’industrie des fruits frais. Les ONG comme Oxfam leur reprochent néanmoins de se focaliser davantage sur les éléments techniques qui garantissent la qualité pour les consommateurs (comme la limitation des pesticides) et l’absence de scandale médiatique (travail des enfants) plutôt que sur les points éthiques garantissant des conditions de travail dignes pour les ouvriers (par exemple droit syndical, rémunération, temps de travail, etc.), et  critiquent l'absence d'audit qui permettraient de valider  la mise en application effective de ces codes de conduites…
  • Depuis la fin des années 90, de nombreux jus de fruits issus du commerce équitable sont apparus dans les supermarchés : jus d’orange, nectar de banane ou de mangue… Ils côtoient sur les linéaires les jus bio (notamment jus de pomme) dont les ventes se développent également, de sorte qu’une offre alternative plus responsable est désormais disponible.
  • Certaines marques vont plus loin et font de leurs engagements un élément-clef de leur différence… Ainsi, la marque britannique de smoothies Innocent Drinks s’engage sur un taux minimum de 50% de plastique recyclé dans ses bouteilles (elle a aussi mis au point une éco-bouteille en bio-plastique) mais aussi sur des audits sociaux et environnementaux chez ses fournisseurs (avec l’ONG Rainforest Alliance), sur l’affichage d’une étiquette carbone donnant la quantité de CO2 liée à la production et au transport de la bouteille et de son contenu, etc..
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Ce que vous pouvez faire

  • Rien ne vaut un jus de fruit maison : investissez dans une centrifugeuse pour varier les plaisirs (oranges, bananes, mangues, pommes, fraises, etc.), ou ayez recours à un bon vieux presse agrumes avec de l’huile de coude… et si possible des fruits biologiques et/ou issus du commerce équitable pour les fruits exotiques.
  • Si vous achetez des jus en bouteille, essayez de privilégier les jus de fruits de production locale à ceux importés de l’autre bout du monde. Concrètement, le jus de pomme sera souvent celui qui vous permettra, en France, de faire le choix le plus écologique – pensez à vérifier que l’origine des pommes est bien mentionnée, ce n’est pas toujours le cas.
  • Si vous consommez du jus d’orange, ou des jus de fruits exotiques, optez pour des jus « ambiants » issus du commerce équitable, biologiques si possible.
  • Enfin, pensez à privilégier les grands volumes aux emballages individuels (type canettes ou bouteilles individuelles), à privilégier les bouteilles en verre et les briques en carton (qui sont bien recyclées) sur le plastique et l’aluminium, et enfin à effectuer correctement le tri de vos déchets après consommation !
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