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Jardinage

JARDINAGE

Au jardin, c'est en hiver que se préparent les beaux jours. La bonne nouvelle est qu'il est tout à fait possible de jardiner sans produit chimique et de favoriser la santé et la richesse de son carré de nature : voici quelques "bons plan(t)s" pour avoir la main vraiment verte !

Des millions de français ont la chance d’avoir un jardin : certains cultivent leur  potager, d’autres se contentent de quelques mètres carrés de pelouse, voire d’un simple coin de verdure sur un balcon ou une terrasse. « Cultiver son potager est le premier acte militant », dit souvent Pierre Rabhi, pionnier de l’agro-écologie. Malheureusement, près de la moitié des jardiniers français utilisent des pesticides, contribuant bien involontairement et de façon non négligeable à la pollution des sols, de l’eau, de l’air, et aux risques sanitaires qui en découlent.

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Le saviez-vous ?

  • Près de 13 millions de français, soit 60 % des ménages, ont un jardin.
  • La consommation des pesticides par les jardiniers s’élève à 8.000 tonnes par an en France, soit 7 % du tonnage utilisé par le monde agricole
  • Selon l’OMS, les pesticides entraînent chaque année le décès de 400.000 agriculteurs dans le monde
  • Le Danemark  a réduit de 47 % l’usage des pesticides entre 1987 et 1997. Depuis 2004, les pesticides y sont interdits dans les jardins. En France, le Grenelle de l’Environnement a acté « une réduction pour l’agriculture de 50 % de l’usage des pesticides dont la dangerosité est connue, si possible dans les 10 ans ».
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Les trucs verts à connaître

1.    CONNAITRE ET TRAVAILLER SON SOL

Première question à se poser : de quelle nature est mon sol ? Pour savoir s’il est argileux, limoneux ou sableux, procédez au « test du boudin » décrit dans les guides de jardinage. Pour savoir s’il est acide ou calcaire, procurez-vous en jardinerie un kit de test de pH : vous pourrez ainsi déceler et corriger si besoin l’excès d’acidité de votre terre, en y ajoutant de la dolomie, amendement calcaire et magnésien naturel d’origine alpine. Cet amendement est préférable à la chaux, trop agressive, ou au lithotamne, une algue fossile victime de surexploitation.
Pour travailler votre sol, choisissez des outils robustes, et surtout bien adaptés à leur usage. La grelinette (ou ses équivalents type Aérabêche ou Biogrif que vous trouverez en jardinerie) permet par exemple d’ameublir la terre sans inverser les couches du sol et la micro-faune qui les occupent. Son usage est moins pénible que la bêche, et moins sonore et dangereux que le motoculteur.

2.    ENRICHIR SON SOL

Pour fertiliser la terre et protéger les cultures en les rendant plus résistantes, il est nécessaire d’enrichir régulièrement le sol d’éléments nutritifs. Les fertilisants conformes aux exigences de l’agriculture biologique sont reconnaissables au label Ecofert, délivré par Ecocert, qui garantit notamment une faible teneur en éléments métalliques.
Par leur apport en humus, les composts et les fumiers amèneront une fertilisation durable et amélioreront la structure et la vie du sol. Vous pouvez confectionner votre propre compost (avec déchets de cuisine, déchets végétaux, sciure,…), ou en acheter prêt à l’emploi. Pour les citadins, il est même possible de fabriquer son compost à l’aide d’un lombricomposteur utilisable sur le balcon ou en intérieur. Pour les fumiers, vous trouverez en jardinerie des fumiers (de cheval, bovin, ovin,..) déshydratés et compostés.
En fonction des besoins et des carences de votre sol, vous pourrez l’amender avec des engrais naturels spécifiques : fientes de volaille, corne broyée, tourteau de ricin, guano, sang séché (apport en azote), phosphates naturels, poudre d’os (apport en phosphore), potasse organique, patentkali, poudre de roche (apport en potasse), cendres de bois, dolomie (apport en calcium), etc…
Les engrais verts protègent le sol entre deux cultures : poussant rapidement, ils sont broyés ou fauchés et incorporés au sol, lui apportant ainsi des éléments nutritifs. Phacélie, moutarde, vesce, trèfle, seigle, le choix est vaste : et pour leurs semences, préférez-les bio.
Les purins végétaux (d’ortie, de consoude, ou combinés) sont d’excellents fertilisants qui augmenteront vos productions de fruits, fleurs ou légumes: vous pouvez les confectionner vous-même, ou les acheter prêts à l’emploi. A noter que de nouveaux engrais à base de mycorhize (association entre une racine et un champignon) ou d’extraits végétaux favorisent aussi la croissance de vos plantes.
Grâce à ce cocktail complet, vous pourrez totalement vous passer d’engrais chimiques !

3.    SEMER ET PLANTER

Votre sol est maintenant prêt à recevoir semences et plants … là aussi, préférez-les issus de l’agriculture biologique : vous éviterez ainsi l’utilisation de produits chimiques de synthèse, et contribuerez à sauvegarder le patrimoine des variétés potagères qui est aujourd’hui gravement menacé par l’agriculture intensive et le lobby des semenciers industriels : de nombreux organismes (Kokopelli, Essembio, La Ferme de Sainte-Marthe, les Croqueurs de carotte,…) se battent pour sauvegarder ce précieux patrimoine en proposant des catalogues très variés d’espèces rustiques, rares ou oubliées.
Pour votre terreau, préférez-le bio et sans tourbe (les tourbières sont en voie de disparition). Pour cela, fiez-vous au label Ecofert ou à l’Ecolabel européen.

4.    TRAITER AU NATUREL

Pourquoi prendre le risque de traiter son jardin (et a fortiori son potager) avec des produits chimiques toxiques ? En complément des mesures préventives (voiles anti-insectes, favorisation des auxiliaires tels qu’oiseaux, hérisson, coccinelle, chrysope,.. , rotation et association des cultures, enrichissement correct des sols), les traitements naturels efficaces existent, que ce soit contre les ravageurs ou les maladies :
•    Limaces : piège à limaces, traitements à base de phosphate de fer, nématodes (dont les œufs paralysent le tube digestif des limaces)
•    Pucerons, cochenilles, chenilles, acariens,… : pyrèthre (extrait de plantes de la famille du chrysanthème), savon noir, savon mou, huile blanche à base de paraffine… Le Bacillus thurengiensis est efficace contre le ver du poireau, les chenilles, les doryphores ; les bandes de glu posées au pied des arbres évitent la remontée des insectes rampants ; les pièges à phéromones préviennent l’attaque des mouches sur les arbres fruitiers ; le purin d’ortie et la décoction de tanaisie ou d’absinthe repoussent les pucerons. Attention, la roténone est maintenant retirée de la vente pour les jardiniers amateurs en raison de sa toxicité.
•    Campagnols : piégeage (Topcat ou Neudorff), concentré d’ail en pulvérisation
•    Mildiou, tâches noires du rosier, tavelure : bouillie bordelaise, ou autres traitements à base de cuivre
•    Oïdium : soufre
•    Maladies diverses : les décoctions de prêle ou les biostimulants aux algues augmentent la résistance des plantes.

5.    DESHERBER

Halte au Roundup, dont la toxicité pour les écosystèmes (notamment aquatiques) n’est plus à démontrer, contrairement à ce qu’a pu affirmer son fabricant ! Contre les mauvaises herbes, les mesures préventives s’imposent : travail de la terre à la grelinette (le motoculteur découpe les racines de liseron et l’aide à proliférer) ; sarclage et arrachage manuel ou au couteau à désherber ; paillage ou mulch, pour empêcher les pousses indésirables et améliorer le sol : avec paille, paillettes de lin ou de chanvre, coque de cacao, tontes de pelouse séchées, écorces de pin, géotextile voire cartons ou planches. Une mention particulière pour le BRF (Bois Raméal Fragmenté, provenant du broyage de rameaux de feuillus broyés) qui aide fortement le sol à se régénérer, et peut être produit sur place avec un broyeur mécanique.
Pour se débarrasser des herbes, il est aussi possible de ménager son dos grâce aux désherbeurs thermiques (à gaz ou à eau bouillante).

6.    TONDRE

Pour beaucoup, le jardin se résume à quelques mètres carrés de pelouse, dont la biodiversité est souvent bien maigre : n’hésitez pas à tondre moins souvent et de façon plus sélective, en laissant pousser les fleurs les plus intéressantes (sauges sauvages, marguerites,…). Vous pouvez aussi vous procurer des mélanges de graines de fleurs (coriandre blanche, coquelourde mauve, cumin rouge, aneth jaune, phacélie bleue, …) pour égayer une portion de votre terrain que vous laisserez en prairie sauvage, et qui pourra accueillir abeilles, coccinelles, oiseaux,....  Et arrosez avec parcimonie, votre pelouse passera très bien l’été même si elle jaunit !
La tondeuse est une source de pollution souvent méconnue : une tondeuse motorisée polluerait autant en une heure qu’une voiture parcourant 563 kilomètres ! Optez pour une tondeuse ou un « fil » électrique, voire une tondeuse à main ou une faux (demandez aux « anciens » de vous montrer le coup de main !). Et pensez à partager ou à acheter votre matériel à plusieurs (une tondeuse ne sert que quelques heures par an !).  

7.    ARROSER

Pour limiter la consommation d’eau (potable) au jardin, veillez d’abord à choisir des variétés adaptées au climat et résistantes à la sécheresse : cactées, dipladénia, pourpier, la plupart des plantes aromatiques,… Recouvrez le sol d’un paillis (voir ci-dessus), qui gardera l’humidité de la terre et diminuera sensiblement les besoins en arrosage. Binez régulièrement, surtout après les grosses pluies (« un binage vaut deux arrosages », dit le proverbe).
Evitez l’arrosage par aspersion (qui favorise mildiou, oïdium,…) ou en pleine chaleur. Préférez l’arrosage au goutte-à-goutte ou par tuyaux micro-poreux, qui vous permettront de cibler et de doser précisément les apports en eau. Il peut être utile de mesurer avec un récipient gradué la quantité de pluie qui a déjà arrosé le jardin… et de consulter chaque jour la météo pour connaître les prochaines chutes et éviter des arrosages inutiles. Il existe même des systèmes d’arrosage « bioclimatique », dont le volume en goutte-à-goutte varie en fonction de la pluie.
Utilisez si possible l’eau de pluie que vous aurez récupérée dans une citerne externe, ou mieux, dans une cuve enterrée (à prévoir lors des travaux de terrassements).  Cette eau est réputée meilleure pour le jardin, car elle ne contient ni chlore ni calcaire. Pour éviter la prolifération de moustiques dans les citernes externes, choisissez des citernes fermées ou installez un filet à mailles très fines au-dessus des cuves et sur la descente de gouttière.

8.    AMENAGER


Pour les meubles de jardin, évitez de contribuer à la déforestation en achetant du bois tropical issu de forêts exploitées souvent illégalement. Si vous tenez à avoir des chaises et des tables en teck par exemple, exigez absolument qu’elles soient labellisées FSC, ce qui garantira que leur bois est issu de forêts gérées durablement.
Choisissez plutôt des essences moins menacées (eucalyptus notamment), ou mieux, des essences locales naturellement résistantes à l’humidité : robinier (faux-acacia), châtaignier, mélèze. Les producteurs du Perche ne s’y sont pas trompés, qui vendent leur robinier sous l’appellation « teck du Perche ».
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La question qui tue !

PEUT-ON SE PASSER DE COURSES POUR JARDINER ECOLOGIQUE ?

Oui ! Bien sûr, pour démarrer un potager, il est nécessaire de s’équiper des bons outils, et de se procurer des semences ou des plants pour faire le premier pas. Mais le jardinier motivé peut ensuite viser l’autonomie, surtout dans une démarche « bio » : il peut produire ou échanger les semences, produire lui-même les amendements nécessaires grâce au compost, préparer ses purins d’ortie ou de consoude pour donner un coup de fouet à ses plantations, nettoyer manuellement les mauvaises herbes avant qu’elles ne prolifèrent, etc... En travaillant bien son sol et en s’aidant des auxiliaires naturels, il pourra maintenir son jardin en bonne santé et prévenir la plupart des attaques de ravageurs. Et pour l’arrosage, une vieille citerne de récupération d’eau et un paillis de bois broyé minimiseront la consommation d’eau. Plus guère besoin de faire de courses donc, avec pour les plus entreprenants la joie d’échanger ou d’offrir le surplus de ses récoltes !
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Où trouver ça ?

 Distributeurs spécialisés
•    Magasins Botanic, qui proposent un vaste choix de produits de jardins écologiques, regroupés sous le label « Ecojardinier »
•    Jardineries ayant signé la charte « Jardiner au naturel »

Connaître et travailler son sol

•    Grelinette
•    Biogrif

Enrichir son sol
•    Lombricomposteurs : www.verslaterre.fr ; www.terrenative.com
•    Engrais à base de mycorhizes ou d’extraits végétaux : www.iftech.fr ; www.pireco.fr
•    Botanic (amendements et fertilisants bio)

Semer et planter
Semences
•    Réseau Semences Paysannes :
•    Kokopelli
•    Ferme de Sainte-Marthe
•    Essembio
•    Le Biau Germe
•    Les Croqueurs de Carottes
•    Semailles
Terreaux bio et/ou sans tourbe :
•    La Florentaise
•    Terre et Nature
•    www.truffaut.com ; www.castorama.fr

Traiter au naturel
•    Traitements naturels, accessoires pour favoriser la biodiversité (nichoirs, mangeoires, abris, larves de coccinelle et de chrysopes,…) : www.botanic.com
•    Solabiol

Désherber
•    Paillage, mulch : www.botanic.com
•    Couteau à désherber Sneeboer : www.graines-baumaux.fr
•    BRF
•    Désherbeurs thermiques : tondeuseagazon.free.fr/DesherbeurThermiquewww.express.fr

Tondre
•    Graines de fleurs sauvages : www.natureetdecouvertes.com
•    Entretien de la pelouse : www.pelouses-net.com - www.goforgreen.ca/jardinage/s%E9rie_jardinage/entretien_pelouse.htm

Arroser
•    Goutte-à-goutte et tuyaux micro-poreux : jardineries spécialisées (marques Aqua Flow, Rainbird ou Nelson par exemple)
•    Arrosage bioclimatique : www.oriaz.com
•    Citernes externes : ancien tonneau en chêne (www.botanic.com), citerne « design »  (www.eauxdefrance.fr )
•    Cuves enterrées : Speidel, Eaux de France

Aménager
•    Meubles en eucalyptus : www.casashops.com ou www.carrefour.fr
•    Teck du Perche
•    Meubles en mélèze : www.botanic.com


POUR EN SAVOIR (ENCORE) PLUS…
  • Revue « Les quatre saisons du jardin bio » (revue trimestrielle éditée par Terre Vivante : www.terrevivante.org )
  • Jardinier Bio, c’est facile (éd Terre Vivante)
  • Ravageurs et maladies au jardin (éd Terre Vivante)
  • Et nombreux autres livres sur le jardinage bio édités par Terre Vivante
  • Planète Attitude Santé, WWF, Editions du Seuil, 2006
  • Le guide Jardiner Sans Pesticide
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