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Tapis et moquettes

TAPIS ET MOQUETTES

Nos tapis et moquettes ont beau être raffinés et moelleux, leur empreinte n'est pas toujours légère pour la planète...

Premiers revêtements de sol fabriqués, les tapis sont aussi anciens que les vêtements. Ils sont la plupart du temps en laine (de mouton) et plus rarement en soie, mais le coton et le chanvre sont aussi utilisés notamment pour réaliser la chaîne et la trame du tapis. Les tapis les plus réputés sont les "tapis d'Orient" fabriqués en Iran, Turquie, Caucase, Chine, Inde et Pakistan. Mais aujourd’hui, la majorité des revêtements de sol textiles, moquettes ou tapis, sont importés de Belgique (56%) et des Pays Bas (12 %) - seuls 7 % sont importés d’Inde. Il reste qu’entre les impacts indirects sur la santé des moquettes, les impacts sur l’environnement liés aux matières premières utilisées et à la fin de vie des produits, ou encore les impacts sociaux liés aux conditions de fabrication des tapis en Asie notamment, nos sols font trembler la planète. Voici tout ce qu’il faut savoir à ce sujet…

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Le saviez-vous ?

  • Les allergologues conseillent le plus souvent de ne pas avoir de tapis ou moquettes chez soi s’il y a un asthmatique à la maison, à moins de faire le ménage de façon très rigoureuse et d’utiliser un aspirateur doté de filtres, de préférence en l’absence de l’asthmatique. Certaines études prétendent l’inverse : la présence de moquettes ou de tapis dans la chambre peut être liée à un nombre moindre de symptômes asthmatiques. Un tapis usé peu épais est plus facile à entretenir et serait mieux supporté par un asthmatique. Selon d’autres sources, le tapis peut jouer le rôle de réservoir en « adsorbant » la pollution : des publications décrivent comment les polluants fixés sur les fibres sont stockés pendant une durée indéfinie puis finalement libérés à nouveau dans l’air. Au contraire, selon des travaux sponsorisés par les industriels, les substances restent liées chimiquement à la laine et ne seront pas ré-émises. La laine jouerait même le rôle de filtre chimique purifiant l’air. Les fibres de polyamide quant à elles auraient une capacité bien plus limitée à absorber les gaz. Mais c’est le syndicat des producteurs de laine de Nouvelle-Zélande qui parle …
  • Les tests réalisés par Que Choisir en 2005 révèlent que les tapis chargent l’air en particules polluantes, surtout dans les premiers jours après le déballage. La raison en est la multiplicité des traitements subis pendant la fabrication : même les tapis en laine libèrent des substances chimiques potentiellement nocives. Les tapis qui sentent le plus mauvais ne sont pas les plus polluants mais une odeur persistante ou une gêne respiratoire après l’installation d’un tapis peuvent être le premier signe d’une pollution. Les pouvoirs publics et les autorités européennes devraient mettre en place prochainement un système d’évaluation des émissions chimiques de ce type de produit et un étiquetage adéquat serait le bienvenu car aucun repère n’existe à l’heure actuelle pour le consommateur.
  • Comme pour tous les produits existant en matériaux synthétiques ou en matériaux naturels, se pose la question du meilleur choix : le naturel ne s’impose pas toujours comme la meilleure solution. Pour répondre à cette question, du moins en théorie, il faudrait analyser, étape par étape, sur tout le cycle de vie du produit ses impacts sur l’environnement. C’est ce que l’on appelle une analyse de cycle de vie ou ACV pour les pro. Une des premières étapes prises en compte est celle de l’obtention des matières premières. Les matériaux synthétiques sont issus de ressources non renouvelables mais il faut tenir compte des étapes suivantes : si on recycle ces matériaux synthétiques, par exemple, leur utilisation peut être recommandable. Bref, la comparaison est ardue. Reste qu’aujourd’hui, le recyclage de ce type de produit ne concerne que les équipements collectifs. A priori, les revêtements de sol en matériaux renouvelables restent préférables de notre point de vue à ceux en matériaux synthétiques.
  • La fabrication des tapis au Pakistan, en Inde, au Népal, en Iran ou au Maroc reste entachée du travail des enfants, puisque l'industrie du tapis reste le secteur d'activité qui fait le plus appel au travail des enfants. Pour justifier leur exploitation des enfants, les employeurs prétendent que seuls les doigts fins des enfants peuvent manipuler adroitement les brins de laine, les passer dans le métier, les couper, et les nouer rapidement. Concrètement, les enfants des usines de tapis, souvent enlevés à leur famille et séquestrés, travaillent parfois jusqu'à 20 heures par jour, 7 jours par semaine. Souvent, ils dorment, mangent et travaillent dans une seule petite chambre obscure. Ils travaillent dans des postures inconfortables, dans la poussière, et souffrent fréquemment de problèmes respiratoires et oculaires ou de déformations de la colonne vertébrale. En Inde, selon l’Unicef, 14% des enfants âgés de 5 à 14 ans travaillent, dont beaucoup pour fabriquer des tapis. Au total, quelque 300 000 enfants travailleraient dans l’industrie du tapis en Asie…
  • Du côté des moquettes, leur fin de vie est également un problème, notamment du fait des sous-couches en polyuréthane ou bitume qui relâchent des composés chimiques toxiques à l’incinération ou lorsqu’elles sont mises en décharge : selon une estimation en date de 2000, plus de 2,5 millions de tonnes de moquettes finiraient ainsi dans les décharges chaque année.
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Bonnes nouvelles

  • Pour réduire la pollution de l’air intérieur liée aux tapis, le label GuT a été créé en 1990 par les industriels allemands de la moquette. Les moquettes portant le label GuT répondent à un grand nombre d'exigences qui portent à la fois sur les émissions de COV, les odeurs (l’objectif étant de limiter l'odeur de neuf) et la présence de produits toxiques tels que les colorants azotiques (composant cancérigène), les chlorofluorocarbures (CFC), les colorants et les pigments contenant les métaux lourds (plomb, cadmium, mercure, chrome total ou chrome VI), mais aussi la présence de pentachlorophénol, formaldéhydes, chlorures de vinyle, benzène, etc. Par ailleurs, les moquettes composées de plus de 50% de fibres de laine subissent des tests supplémentaires sur la présence de résidus de pesticides dangereux ou sur les procédés de traitement anti-mites.  Les produits portant le label GuT sont soumis chaque année à des tests de contrôle effectués sur les sites de production et avec des prélèvements aléatoires sur les points de ventes. Parmi les fabricants dont certains produits vendus en France sont labellisés, on trouve Berry Tuft,  PST, Tecsom et Balsan.
  • On a vu que la production des fameux tapis « noués à la main » fait souvent appel au travail des enfants en Asie. Des organisations militent contre cette pratique et labellisent les tapis, fabriqués sans « ouvriers aux dents de lait » :
    • RugMark (www.rugmark.org) est une initiative internationale établie en 1994 par une coalition d’organisations non gouvernementales, d’entreprises, de représentations de gouvernements et d’organisations comme l’UNICEF. Les premiers tapis porteurs du label RugMark ont été expédiés d’Inde vers l’Allemagne début 1995. Des tapis du Népal et du Pakistan sont aussi labellisés depuis. Très présent en Allemagne, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, ce label a contribué très concrètement à faire reculer le problème du travail des enfants : ainsi, au Nepal, le travail des enfants dans l’industrie du tapis est passé de 11% en 1996 à 3% aujourd’hui, alors que le nombre d’usines inspectées par RugMark augmentait jusqu’à 65% pendant la même période.
    • Care & Fair (www.care-fair.org),  est une initiative qui a vu le jour en 1994 contre le travail illégal des enfants dans la production des tapis en Inde, au Népal et au Pakistan. Les importateurs de tapis qui y adhèrent reversent à l’organisation 1 % de la valeur des produits. Cette somme sert au financement de projets de développement, visant à promouvoir la prise en charge sanitaire, la scolarisation, la formation des adultes etc. dans les régions de nouage. Seules trois entreprises françaises et trois belges sont membres de ce réseau d’origine allemande alors qu’il compte près de 70 membres suisses.
    • Le label Step (www.label-step.org) est un label de commerce équitable, créé en 1995 et qui représente déjà 40% des ventes de tapis en Suisse.
  • Ces dernières années ont vu naître dans le secteur des moquettes quelques innovations positives. La première entreprise à être prise en exemple est Interface, leader incontesté du secteur sur ces sujets et spécialisé dans les dalles de bureau. Son président-fondateur Ray Anderson s'est donné comme objectif, dès 1994, de faire de son entreprise le groupe industriel le plus exemplaire du marché en matière d'environnement… ce qui lui a notamment valu d’apparaître comme un héros salvateur et un modèle à suivre dans le film altermondialiste « The Corporation »… Depuis, Interface a réduit de 52% ses émissions de CO2 dans l’atmosphère, de 81% sa consommation d’eau et de 36% sa consommation d’énergie dans ses usines. Tout cela, avec une politique environnementale ambitieuse et proactive reposant sur l’élimination totale des déchets et des émissions nocives, le développement des énergies renouvelables, mais aussi sur l'utilisation de matériaux recyclés (jusqu'à 85% d'éléments recyclés pour la sous-couche) ou renouvelables (biomatériaux), la récupération et le recyclage des produits en fin de vie, le développement de services comme la location des dalles de moquettes, etc.
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Ce que vous pouvez faire

  • Les tapis labellisés sont difficiles à trouver en France. Demandez au magasin s’il a des informations sur l’origine et les conditions de fabrication des produits qu’il vend, et quelles sont les garanties qu’il peut vous apporter concernant les conditions de travail, notamment l’absence de travail des enfants si le tapis considéré provient d’un pays asiatique. Ne vous contentez pas d’une affirmation, demandez s’il existe une certification, si des contrôles indépendants sont effectués, etc.
  • Evitez d’acheter un tapis lors d’une exposition dans un magasin ou sur une foire. La sollicitation commerciale est parfois agressive et l’on finit par céder à la pression, alors même que vous n’aurez souvent aucune garantie sur les conditions de fabrication du tapis. Sachez cependant que vous avez un délai de rétraction à faire valoir si vous regrettez votre achat.
  • Pas de tapis ou de moquettes si vous avez des asthmatiques à la maison, ou si vous ne vous sentez pas en mesure de passer régulièrement l’aspirateur, choisi de préférence puissant et doté des filtres adéquats. Les sols lisses, parquets, linoleum, sont plus faciles à entretenir.
  • Préférez les tapis aux moquettes collées : ils peuvent être retournés pour être battus, sortis de la maison pour être nettoyés ou mis à sécher ou tout simplement ... retirés. Les colles des moquettes sont souvent polluantes. Vous pouvez également réduire largement les émissions grâce aux produits permettant un système de pose sans colle – par exemple bandes auto-grippantes (Velcro), fixation par bandes adhésives, pose tendue, etc. Néanmoins si vous utilisez de la colle, recherchez des produits portant le label Emicode EC1 (www.emicode.com) qui assure une très faible émission de COV. Ce label, géré par l'organisme allemand GEV et qui regroupe plusieurs fabricants de colles et adhésifs, propose une classification des colles, ainsi que des produits de préparation de sols, en fonction des solvants contenus dans les formules. Le marquage EC1 correspond au niveau le plus faible d'émissions de solvants dans l'air, garantissant le meilleur niveau de protection de l'environnement et des utilisateurs (la classification s'étend de EC1 à EC3).
  • Pas de tapis dans une entrée : c’est le meilleur endroit pour accumuler toutes sortes de polluants venant de la rue ou du jardin. Adopter le style japonais, chaussons ou chaussettes à l’intérieur, chaussures à l’extérieur, est le meilleur moyen de ne pas polluer chez soit, surtout sur des tapis ou moquettes. Mais c’est parfois difficile à demander à des invités…
  • Pensez à aérer un tapis neuf ou une moquette que vous allez poser : ils risquent d’émettre des substances polluantes, surtout dans les premiers jours. Stockez les déroulés dans une pièce inutilisée, fenêtre ouverte, ou encore mieux, dehors, pour évacuer les substances chimiques.
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