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Literie

LITERIE

« Comme on fait son lit, on se couche », dit-on pour dire qu’il faut assumer les conséquences de ses actes. Du coup, pour dormir sereinement sur ses deux oreilles, encore faudrait-il être sûr que le choix de sa literie garde la planète en forme ! Suivez le guide…

L’homme passe le tiers de sa vie à dormir. Et la literie n’est pas la partie la moins onéreuse du mobilier de la maison, puisqu’un ensemble matelas et sommier s’achète en moyenne aux environs de mille euros. A ce prix-là, autant s’assurer de ne pas gaspiller son temps et argent, en ne nuisant ni à sa propre santé ni à celle de la planète. Surtout que le matelas se doit d’accompagner le sommeil un bon moment, puisque les Français le changent en moyenne tous les 14 ans ! Du sommier au matelas en passant par le linge de lit, voici un guide d’achat pour que plus rien ne trouble le repos.

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Le saviez-vous ?

  • Les sommiers sont souvent fabriqués avec des lattes en bois massif. Mais pour proposer des prix plus accessibles, certains fabricants ont désormais recours à du contreplaqué ou de l’aggloméré, dont les colles et vernis sont soupçonnés de contenir des composés organiques volatils (COV) et du formaldéhyde qui se diffusent dans l’air et sont inhalés par le dormeur, enfant ou adulte. Le bois massif peut aussi subir de nombreux traitements (insecticides et fongicides toxiques) pour résister aux attaques biologiques d'insectes (termites, capricornes) ou de champignons. Certains fabricants utilisent des produits comme le pentachlorophénol, probablement cancérogène.
  • Le matelas, de son côté, consiste traditionnellement en un tissu rempli d’un rembourrage destiné à atténuer la dureté du sol et à résister à l’humidité ou aux moisissures : plumes, épeautre, laine, poils, paille, etc. Son confort s’est vu renforcé au fil du temps avec l’apparition des ressorts puis du sommier, et enfin de l’utilisation du latex au début du vingtième siècle avec le lancement du premier Dunlopillo (premier matelas en latex naturel de la marque Dunlop, spécialiste du caoutchouc). Mais, à l’époque actuelle marquée par un usage très large de la pétrochimie, les matériaux utilisés pour la fabrication des matelas sont de moins en moins naturels  : la mousse de polyuréthane, le latex synthétique et autres mousses issues de la chimie du pétrole font désormais l’essentiel du marché, combinant des prix bas, des qualités mécaniques (notamment une bonne capacité à épouser les formes du corps) et une facilité d’entretien. Problème : outre le fait qu’ils sont issus de matières premières non renouvelables, ces matériaux peuvent émettre dans l’air intérieur des composés organiques volatiles (COV), potentiellement toxiques par inhalation et source possible de pathologies respiratoires. Pour ne rien arranger, certains matelas, son rembourrage intérieur ou le tissu qui le recouvre,  sont également traités pour résister aux tâches ou aux liquides avec d’autres produits chimiques, eux aussi potentiellement nocifs par contact cutané ou inhalation. Autre traitement courant dans les matelas comme pour beaucoup de textiles d’intérieur,  l’anti-feu, suppose le recours à des substances chimiques elles aussi suspects comme l’acide borique, des composés bromés, le trioxyde d’antimoine. Dans ce contexte, il n’est pas évident pour le consommateur de s’y retrouver, d’autant que les fabricants de matelas ne jouent pas toujours la carte de transparence sur les retardateurs de flamme utilisés, en l’absence d’obligation légale de déclaration des molécules utilisées. Les meubles contiennent fréquemment, d’après les analyses de Greenpeace, différentes substances toxiques comme les retardateurs de flamme bromés (utilisés pour ignifuger les tissus d’ameublement ou les mousses de polyuréthane) ou encore les paraffines chlorées... Ces produits, considérés comme cancérogènes, peuvent aussi avoir des effets nocifs sur le développement du fœtus, le système nerveux une fois inhalés ou ingérés. Certains retardateurs de flamme bromés sont interdits depuis 2004 dans les produits mis sur le marché en Europe, mais les infractions ne sont pas exclues ! A noter : les ressorts, qui sont moins présents sur le marché mais existent encore dans de nombreux produits, peuvent être recouverts d’une couche anticorrosive de plomb, une substance dangereuse susceptible de causer des troubles nerveux.
  • Pour rembourrer couettes et oreillers, on a traditionnellement recours à du duvet ou à des plumes de canard ou d’oie, des matières premières naturelles aux excellentes propriétés isolantes. Mais ces plumes et duvets sont des sous-produits de l’industrie de la viande, et il est difficile d’obtenir une traçabilité suffisante pour savoir de quels types d’élevage (en cages ou  non) elles sont issues.
  • Les housses de couettes et d’oreiller sont quant à elles souvent en coton. Cette matière, pourtant réputée naturelle, pose aussi problème car sa production est très friande de pesticides : elle représente un quart des pesticides utilisés à la surface du globe sur 8% seulement des terres cultivées, sans compter les grandes consommations d’eau nécessitées par sa culture. Les alternatives les plus courantes sont désormais synthétiques, issues de la chimie du pétrole et donc de matières premières non renouvelables, ou artificielles, fabriquées à partir de matières premières naturelles comme la cellulose de bois ou de bambou mais transformées selon un procédé qui peut être polluant ou gourmand en eau ou en énergie.
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Bonnes nouvelles

  • Depuis 1998, les Français peuvent se reposer sur les garanties qu’offre la marque NF Environnement Ameublement.  Cette certification environnementale est fondée sur une série de 6 critères: l'utilisation de matériaux consommant peu d'énergie lors de la fabrication et/ou de bois provenant de forêts gérées durablement, la maîtrise des émissions de composants organiques volatiles (notamment pour les peintures et vernis), la gestion maîtrisée des déchets et des rejets aqueux de l'entreprise, l’optimisation de l'emballage et du transport, la possibilité de recycler ou valoriser le produit en fin de vie (réemploi ou séparation des composants de plus de 50 grammes pour le recyclage) et la conformité aux exigences de durabilité liées à l'usage, telles que définies par le référentiel "NF Bureau Sécurité Confortique"
  • On observe un retour à des matières premières naturelles dans la literie : la laine, qui résiste naturellement au feu et à l’humidité, est également très respirante. Elle est donc idéalement chaude en hiver et fraîche en été. Gare cependant aux traitements chimiques qui la dénaturent, seule la certification Biolaine en garantit pour l’instant l’absence… Le coton biologique, utilisé pour l’enveloppe et pour le rembourrage des oreillers ou des matelas (notamment des futons japonais), pour les draps, connaît également une popularité croissante. Le latex naturel, fait à partir de la sève de l’arbre à caoutchouc (hévéa), est proposé de manière croissante comme une alternative à la mousse de polyuréthane synthétique. Ses vertus antibactériennes et anti-acariennes sont connues, quoiqu’entachées par une réputation d'allergisant. Attention : certains articles affichent parfois un « 100% latex » légèrement trompeur, car le latex naturel y est mélangé avec du latex synthétique copiant la molécule de l'hévéa comme le SBR latex (Styrène Butadiène Rubber). Il faut penser à privilégier le 100% latex d’origine naturelle ou issu de l’agriculture biologique (qui offre plus de garanties sur l’impact environnemental des plantations d’hévéas en Asie ou Indonésie). Enfin, il faut penser à d’autres fibres que le coton, même bio, en optant pour des fibres à moindre impact écologique comme le lin ou le chanvre, cultivées en Europe sans pesticides ou engrais, de plus en plus souvent proposées en imprimés aux couleurs vives… Bref une large palette qui change des premières parures aux sages couleurs beiges ou blanches. Petit point de vigilance : le bambou se développe dans le linge de maison (serviettes de toilette et literie) mais il est important de rappeler que contrairement au chanvre ou au lin, la fibre doit être transformée pour être tissée. Les textiles en bambou sont en réalité en viscose de bambou, ce qui suppose différents traitements polluants à l’opposé des vertus de naturalité prêtées au bambou.
  • Grâce à une sensibilité croissante à l’impact du mobilier sur la qualité de l’air intérieur et la santé, notamment dans les chambres d’enfant, les certifications se développent pour garantir un impact sanitaire et environnemental réduit. L’Eco-label Européen est désormais applicable aux matelas ainsi qu’aux oreillers et au linge de lit. En choisissant des produits portant l’Eco-label, le consommateur a la garantie d’un produit traité avec des produits non toxiques pour l’environnement et pour lui-même (teintures pour le textile, produits anticorrosifs pour les ressorts, colles et autres substances dans les panneaux de fibres, etc.). Les produits chimiques tels que les substances retardatrices de flammes et d’autres substances dangereuses utilisées pour le traitement des tissus sont très limités. Enfin, l’Eco-label prévoit aussi des tests de durabilité et de qualité des produits pour s’assurer de leur durabilité.
  • Pour les tissus (draps, couvertures), il est aussi possible de se référer aux labels du textile : GOTS, qui remplace EKO et Ecocert pour le coton biologique ou bien les labels Confiance Textile (Öko-Tex) qui garantit de son côté un produit exempt de substances toxiques habituellement utilisées lors des opérations de lavage ou de teinture dans les procédés de traitement des textiles.
  • La laine du matelas peut subir un cardage tous les 10 ans. Ce travail permet d’offrir plusieurs vies à la literie en démêlant et aérant les fibres textiles à condition de trouver près de chez vous un professionnel pour rénover votre matelas.
  • Toute une série d’acteurs dont des marques généralistes, plus ou moins nouveaux sur le marché, proposent des gammes ou des produits de literie respectueux de l’environnement et de la santé
- le Lit National, fabricant français de literie, propose tout une gamme de « lits bio » à base de matériaux naturels : bois massif de peuplier non traité et issu de forêts françaises gérées durablement, mousse naturelle de coton bio, « biolaine » de France… Ces lits sont assemblés selon un cahier des charges qui permet l’élimination des substances toxiques (sans clous, ni vis, ni vernis, ni solvant).
Le Lit National propose aussi des coutils et tissus de décorations en coton cultivé sans aucun engrais, pesticides, ou produits chimiques (voir par exemple la collection « Organic » de Dominique Keiffer). Le Lit National a même développé un lit avec l’association écologiste WWF, avec un sommier en hêtre certifié FSC (gestion durable des forêts), un cadre de lit fabriqué dans une sélection d’orme massif de 20 ans d’âge, issue de forêts du centre de la France, le tout étant de fabrication artisanale et traditionnelle sans clous, ni vis, ni colle, entièrement démontable avec une finition huilée.
- Côté literie, le choix est de plus en plus large :
♣    la marque Bien-et-bio fabrique un matelas en laine 100% bio garanti 15 ans;
♣    Esprit Nature est une marque suisse qui fabrique des matelas à base de matériaux biologiques : laine, soie, latex et même… soja !
♣    Ardelaine réalise des matelas, sommiers, oreillers… à partir de méthodes traditionnelles et selon des principes écologiques en Ardèche.
♣    Biosense propose de la literie haut de gamme biologique : matelas, oreiller, couette mais aussi sommier !
- Et parce que les enfants grandissent (trop) vite, certaines marques comme Vert Baudet, Stokke, et même Alinéa, Ikéa…  proposent des lits évolutifs qui s’adaptent et accompagnent l’enfant dans sa croissance. Plus besoin donc de changer de lit tous les ans !
-  Le linge de lit peut aussi être écolo :
♣    Couleur Chanvre (www.couleur-chanvre.com) propose des parures de lit en chanvre avec des teintures à base de plantes
♣    Les grandes marques et les distributeurs se lancent aussi dans le linge bio : La Redoute, Les 3 Suisses, Carrefour, Damart
  • Un matelas met des dizaines d’années avant de se décomposer et chaque année, ce sont des millions de matelas qui sont enfouis en décharge dans le monde. Mais le  recyclage des matelas arrive en France ! En récupérant 95% de la matière d’un matelas, l’entreprise Recyc-Matelas, qui a déjà recyclé plus de 300 000 matelas depuis sa création en 2007,  a contribué à éviter la production de 10 000 tonnes de déchets.
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Ce que vous pouvez faire

  • Sachez repérer ces signes qui vous disent qu’il est temps de changer votre literie : réveil douloureux ou sentiment de fatigue dès l’aube, impression de mieux dormir ailleurs que chez soi, affaissement ou présence de bosses dans votre matelas…
  • Pour garder un matelas en bon état, pensez à le retourner tous les six mois de côté et de sens.
  • Au lieu d’abandonner les vieux matelas sur les trottoirs, pensez à les déposer dans un point de collecte où ils pourront être emmenés en centre de traitement et de recyclage. La plupart des villes proposent un service d’enlèvement des encombrants. N’hésitez pas à leur faire appel.
  • Préférez les objets de literie porteurs de labels et certifications (NF Environnement, Ecolabel Européen, FSC, EKO, GOTS, Ecocert, Öko-Tex, Biolaine…)
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