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Parfum

PARFUM

En un demi-siècle, l'industrie du parfum a explosé. Et le contenu de nos flacons actuels n'a plus rien à voir du tout avec les jus préférés de nos grands-mères. La chimie y a largement remplacé le naturel. Est-ce sans conséquences ?

On en connaît qui dorment avec une goutte de parfum en guise de chemise de nuit, d’autres qui ne peuvent mettre le nez dehors sans un pschitt de leur fragrance préférée. Les rayons des parfumeries, avec leurs 400 nouveautés par an, nous donneraient presque le tournis. Le marché est gigantesque et se porte comme un charme : l’industrie française des parfums et cosmétiques représentait plus de 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2006. C’était alors le 4ème des grands secteurs exportateurs de l’Hexagone (après l’aéronautique, l’automobile et les boissons - hors armement). Cette réussite commerciale éclatante ne serait rien sans la révolution chimique qui a débuté au 18ème siècle, pour vraiment faire basculer le secteur dans les années 60. Depuis, les flacons produits à grande échelle sont remplis de molécules artificielles. A l’heure, où l’on s’interroge de plus en plus sur les conséquences éventuelles des ingrédients chimiques sur l’environnement et la santé, les parfums n’échappent pas à la question. Alors, inoffensif le pschitt quotidien de sent-bon ?

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Le saviez-vous ?

  • Les parfumeurs disposent aujourd’hui d’un orgue de 3000 odeurs différentes dont 400 ingrédients naturels. La chimie a démultiplié les possibilités de création. Les molécules chimiques sont en outre meilleur marché que les naturelles et plus stables. Si bien qu’aujourd’hui les parfums contiennent entre 50 et 90% d’ingrédients de synthèse.

  • Le prix des parfums n’a aucun rapport avec celui des matières premières qui représentent autour de 5% du prix final. Le reste est consacré au flacon, à l’emballage, au marketing et à la publicité.

  • Plusieurs études soulèvent la question de l’éventuelle toxicité des parfums. C’est Greenpeace qui a frappé un grand coup médiatique, le jour de la Saint Valentin 2005, en publiant « Parfum de scandale ». Cette enquête sur la composition chimique de 36 eaux de toilettes et parfums pointe du doigt la présence problématique de muscs de synthèse et de phtalates dans la plupart des produits testés.


  • L’industrie a recours aux phtalates comme solvant, support des parfums ou dénaturant de l’alcool (une opération exigée par la réglementation). Il en existe plusieurs sortes, mais le plus courant et le diéthylphtalate (DEP). Or la peau absorbe ces molécules chimiques qui sont soupçonnées entre autres de modifier l’ADN des cellules du sperme.

  • Les muscs synthétiques sont des composés aromatiques qui remplacent les muscs naturels bien plus chers. Il en existe de trois sortes : les muscs polycycliques, les muscs macrocycliques et les muscs nitrés, ces derniers étant les plus répandus. Ils ont contaminé les milieux aquatiques et marins aussi bien que le sang humain et le lait maternel. Et certains muscs sont accusés de perturber le système hormonal.

  • Certaines méthodes d’extraction des parfums naturels sont aussi toxiques. C’est le cas quand on utilise pour extraire l’huile essentielle ou le parfum d’un végétal un solvant comme le benzène. Cet hydrocarbure polluant pour la nature est classé cancérogène.
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Bonnes nouvelles

  • A la suite de l’enquête de Greenpeace, « Parfum de scandale », quelques fabricants ont réagi de façon positive. La société de cosmétiques bio Melvita a renoncé à dénaturer l’alcool de ses eaux de toilette et parfums avec du diéthylphtalate et éliminé tous les muscs de synthèse. Idem chez l’Occitane en Provence qui s’est engagée dans des démarches de substitution. Chez Greenpeace, on se félicite aussi que « d'autres fabricants de renom tels que Clarins, Yves Rocher, les laboratoires Expanscience qui fabriquent le lait Mustela bébé, ou le groupe L'Oréal ont complètement reconfiguré leurs politiques internes en matière de substances chimiques. » Et même chez L’Oréal, longtemps sourd aux appels de l’ONG, les choses bougent. Après avoir racheté le pionnier de la cosmétique bio Sanoflore et le champion de la cosmétique éthique Body Shop, « L'Oréal s'est finalement engagé à substituer le diéthylphtalate (DEP), certains muscs artificiels et le triclosan et devrait bientôt pouvoir se passer complètement de PVC dans ses emballages. » Même si « le groupe ne reconnaît pas les fondements du principe de précaution et ne s'est pas engagé à un calendrier de remplacement des muscs polycycliques », regrette Greenpeace.

  • Après un combat de plusieurs années entre ONG écolo et industriels, la réforme européenne REACH est entrée en vigueur en juin 2006. Elle prévoit l’abandon et la substitution des substances dangereuses pour la santé et l’environnement. Les muscs et les phtalates en feront certainement partie. Il faudra des années pour venir à bout de toutes les molécules à risque, mais beaucoup d’industriels, après des années de lobbying anti-REACH, semblent finalement jouer le jeu. C’est le cas de la Fédération des Industries de la Parfumerie-Cosmétique (FIPAR) qui publiait un communiqué au lendemain du vote de REACH affirmant : « C'est avec loyauté et détermination que l'industrie de la parfumerie-cosmétique appliquera le projet REACH qui vient d'être voté. »

  • Les parfums labellisés bio sont encore rares mais l’offre s’agrandit. Ceux qui portent la marque Cosmebio sont garantis à 95% au moins d’ingrédients d’origine naturelle et 10% minimum d’ingrédients bio. La liste des molécules chimiques autorisée est très restrictive et l’extraction par solvant est interdite. Patyka a développé quatre fragrances : Hespéridé, Chypre, Ambré et Boisé (www.patyka.com). L’Artisan Parfumeur a créé L’Eau de Jatamansi à base d’une plante rare utilisée depuis des millénaires dans la médecine ayurvédique (www.artisanparfumeur.com). Chez la jeune marque de cosmétiques Senke, le jus est de « Bois racés et de caresses lactées, troublé par le voile des Roses Bulgares et des Magnolias ». On trouve aussi des eaux de toilette labellisées chez Florame et Cattier.
  • Les huiles essentielles sont toujours les composants-stars. Certes, elles offrent moins de possibilités que les 3000 molécules aromatiques chimiques existantes sur le marché, mais leur pouvoir est bien plus grand. Car elles sont vivantes, évoluent avec le temps, selon les récoltes, les années, les provenances. Résultat : les parfums naturels ouvrent un univers d’émotions plus riches et profondes que les parfums artificiels. Les nez convertis aux odeurs naturelles l’affirment tous : il leur est impossible d’aimer à nouveau les effluves d’origine chimique.
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Ce que vous pouvez faire

  • Résister aux sirènes de la pub et à la frénésie des 400 nouveautés par an. Rendent-elles vraiment le secteur de la parfumerie plus créatif ?

  • Choisir en priorité les parfums labellisés Cosmebio.

  • Créer vous-même des parfums tout simples, avec des huiles essentielles. Bien sûr, si vous vous lancez dans cette tambouille cosmétique, il vous faudra respecter les précautions d’usage en matière d’aromathérapie : les femmes enceintes et allaitantes, les enfants de moins de trois ans tout comme les chats doivent éviter en principe les huiles essentielles. Il faut savoir par ailleurs que certaines sont allergisantes, d’autres photosensibilisantes (c’est le cas des essences d’agrumes : si vous en avez sur la peau, éviter de vous exposer au soleil). Pour les rendre plus douces, on peut les mélanger à de l’alcool ou même tout simplement à une huile végétale à l’odeur neutre. A partir de là, laissez-vous aller : canelle-patchouli le lundi, ylang-ylang-orange le mardi, néroli-géranium le mercredi…

  • Quel que soit votre choix, naturel ou synthétique, pour un maximum de précautions, on peut parfumer ses vêtements plutôt que sa peau.
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