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Huile de palme

HUILE DE PALME

Présente à notre insu dans de nombreux produits alimentaires, l'huile de palme a des impacts tout aussi cachés sur la biodiversité et les populations des pays du Sud qui la produisent...

Matière première capitale de l’industrie agroalimentaire occidentale, l’huile de palme représente un tiers de l’huile végétale produite dans le monde (c’est la seconde production mondiale après l’huile de soja) et est présente dans un produit de grande consommation  sur dix vendus en Europe  : biscuits, huile de friture, sauces, mayonnaise, chips, chocolat et barres chocolatées, etc. Produit emblématique de l’alimentation industrielle moderne mais également beaucoup utilisée en cosmétique et désormais aussi pour satisfaire la demande croissante en agrocarburants, l’huile de palme a un faible coût de production, ce qui la rend incontournable (la demande a été mutipliée par six en 20 ans) mais peu valorisée : présente quasiment à notre insu dans la plupart des produits que nous consommons au quotidien (l’huile de palme est mentionnée sur les étiquettes, parfois avec la simple mention "huile végétale" dans l'alimentation, mais ne signifie pas grand chose pour quiconque), elle ne fait pas non plus l’objet d’un grand suivi de la part des entreprises agroalimentaires ou cosmétiques qui avaient historiquement peu d’éléments sur la provenance de l’huile de palme qu’elles utilisent  dans leurs préparations. Pourtant, sa culture a des conséquences importantes dans les pays du sud d’où elle provient : déboisement intensif, destruction des habitats d’espèces animales déjà menacées, impact social sur les populations locales, etc. C’est donc un bon point de départ pour mieux comprendre comment nous pouvons être plus vigilants sur l’éthique qui se cache derrière les étiquettes…

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Le saviez-vous ?

  • Extraite par pression à chaud de la pulpe des fruits du palmier à huile, l'huile de palme est un ingrédient traditionnel de certaines cuisines exotiques, de l’Afrique à l’Amérique du Sud et à l’Asie. Bon marché et très polyvalente, elle est devenue, au vingtième siècle, un ingrédient très utilisé dans nombre de produits alimentaires industriels comme la margarine, les confiseries ou les plats pré-cuisinés, entrant aussi dans la composition de produits détergents et de cosmétiques. Ainsi, selon une enquête menée en 2007 par les Amis de la Terre sur les produits contenant de l’huile de palme dans 3 grands supermarchés (Auchan, Leclerc et Monoprix), 61% des chips, 54% des pâtes à tarte, 49% des pâtes à tartiner, 47% des viennoiseries ou encore 41% des biscuits apéritifs contiennent de l'huile de palme.  Et pour ne rien arranger, tout cela reste très opaque, selon l'étude, puisque de nombreux produits (comme la célèbre pâte à tartiner Nutella) portent la simple mention "matière végétale" sans dire explicitement qu’il s’agit d’huile de palme et sans donner le pourcentage dans le produit.

  • Historiquement présent en Afrique de l'Ouest, le palmier à huile est désormais cultivé dans toutes les régions tropicales, et notamment en Asie du Sud-Est, du fait de son haut rendement (qui en fait aussi une matière première privilégiée pour la production de biocarburant, ce qui ne devrait pas arranger la situation à l’avenir) : un hectare de plantation permet de produire plus de 7 tonnes d’huile chaque année. Les deux principaux producteurs d’huile de palme sont la Malaisie et l'Indonésie, qui représentent plus de 80% du marché mondial. Alors que la Malaisie a d’ores et déjà converti la plupart de ses forêts en plantations, l’Indonésie fait tout pour rattraper et dépasser sa rivale, aux dépens de ses forêts tropicales, uniques au monde. Des forêts entières sont ainsi déboisées pour y installer des plantations, et la surface dévolue aux palmiers à huile en Indonésie a sextuplé depuis 1985, une progression qui ne semble pas près de ralentir. D’autres pays tropicaux, comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée, Bornéo ou la Colombie, entendent profiter du boom de l’huile de palme et aménagent de nouvelles plantations. En 2007, environ 1,3 million d’hectares de forêt seront rasés à Bornéo (soit six terrains de foot par minute) pour étendre la surface cultivée en palmiers à huile. Tout en reconnaissant qu’il est légitime, pour ces pays, de vouloir s’ouvrir à de nouvelles sources de revenus, les ONG environnementales dénoncent ces pratiques et le risque que les forêts en paient le prix.

  • La déforestation massive menée pour laisser la place à des palmeraies a pour corollaire la menace d’extinction des orangs-outans qui vivent dans les forêts des principaux pays producteurs (Malaisie, Indonésie, Bornéo et Sumatra), détruites à plus de 90% depuis le 19ième siècle. Quelque 5000 orangs-outans sont chaque année victimes de l’exploitation des palmiers à huile, et si rien n'est fait, les ONG estiment que les orangs-outans auront disparu en 2020.

  • A cela s’ajoutent des conflits avec les populations autochtones qui sont expulsées de leurs terres (en Indonésie notamment), des conditions de travail peu respectueuses des droits de l’Homme dans les plantations, l’utilisation intensive de produits chimiques (dont le tristement célèbre Paraquat, interdit dans nos pays) et dans certains cas, des pratiques de corruption visant à faciliter l’extension des plantations …

  • Pour ne rien arranger, la demande croissante en agrocarburants (responsables de la moitié de l’augmentation de la demande mondiale en huiles végétales et qui ont représenté 7% de la consommation totale d’huile en 2007) a changé la donne pour la production et le transport des aliments dans le monde. L’énorme demande en agrocarburants provoque des tensions entre l’utilisation de la terre pour produire des carburants ou de la nourriture, et aucun autre produit alimentaire n’a autant augmenté en 2007 que l’huile alimentaire avec parfois des résultats dramatiques. Lorsque le magasin Carrefour de Chongqing, en Chine annonça une promotion d’huile de cuisine, limitée dans le temps, cela provoqua une ruée sur le magasin, avec pour résultat 3 morts et 31 blessés.
    Or si l’huile de cuisine peut paraître être une dépense négligeable dans nos pays occidentaux, elle reste dans les pays en voie de développement une source importante de calories et l'un des postes de dépenses les plus importants pour les familles pauvres qui produisent elles-mêmes une bonne partie de leur nourriture mais manquent encore d'huile, qu'elles doivent acheter pour la cuisson. L’huile de palme, produit de base vital dans une bonne partie du monde, notamment en Asie, est souvent citée comme emblématique des problèmes qui apparaissent de ce fait dans la chaîne alimentaire mondiale.
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Bonnes nouvelles

  • Des solutions existent : certaines méthodes de culture ménageant les sols permettent d’éviter leur épuisement trop rapide, qui contraint au défrichement de nouvelles portions de forêt ; une meilleure productivité contribue également à alléger la pression exercée sur les forêts ; les surfaces en friche  pourraient être exploitées pour la culture du palmier à huile ; enfin, une planification à long terme permettrait de préserver de précieux habitats, en limitant l’aménagement de nouvelles surfaces cultivables.

  • Des associations environnementales comme Les Amis de la Terre et même des investisseurs éthiques (comme le britannique F& C Asset Management) se sont mobilisés pour demander aux entreprises agroalimentaires de s’engager sur les conditions de production de l’huile de palme qu’elles utilisent. Le premier à réagir fut le distributeur suisse Migros qui s’est tourné vers l’ONG environnementale WWF pour établir des critères garantissant une production durable d’huile de palme. Dans ses usines, Migros utilise aujourd’hui de l’huile de production durable, issue de plantations s’engageant à protéger les forêts tropicales, leur faune et leur flore. L’enseigne s’est même vue décerner, pour son rôle de pionnière dans ce domaine, le prix spécial pour le développement durable au Sommet mondial de l'environnement de Johannesburg en 2002. Autre initiative : l’enseigne cosmétique pionnière The Body Shop a annoncé en 2007 qu’elle fabriquerait désormais la totalité de ses savons avec de l’huile de palme «durable». Pour se procurer les 2 000 tonnes nécessaires à la fabrication de ses 14,5 millions de savons, The Body Shop se fournit désormais en Colombie, dans une plantation certifiée biologique et équitable, qui mutiplie les garanties sociales et environnementales, telles que SA8000 et Rainforest Alliance.

  • Au printemps 2004, 250 acteurs importants de l’industrie de l’huile de palme (dont Migros et Te Body Shop, mais aussi et surtout des entreprises agroalimentaires comme Unilever, Nestlé ou Ferrero, ainsi que des distributeurs comme Marks & Spencer ou Sainsbury’s et des producteurs représentant 40% de la filière) ont créé,  en collaboration avec le WWF, la RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil), une organisation s’engageant à promouvoir l’huile de palme de production durable et à sauvegarder la forêt tropicale.
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Ce que vous pouvez faire


  • Première chose à faire : diminuer votre consommation de produits alimentaires industriels contenant très probablement de l’huile de palme (pour mémoire : biscuits, huile de friture, sauces, mayonnaise, chips, chocolat et barres chocolatées, etc.) et les remplacer par des produits frais de votre choix. C’est de toute façon meilleur pour l’environnement sur le plan global et sans doute aussi pour votre santé !
  • Pour le reste, difficile de bannir l’huile de palme… sauf à la remplacer par une huile posant des problèmes similaires, comme l’huile de soja, qui est également associée à la déforestation par exemple. Les associations écologistes et les experts recommandent donc plutôt d’utiliser votre pouvoir de consommateurs pour encourager la transition vers des systèmes de production d’huile de palme minimisant les impacts négatifs sur l’environnement et les personnes. Cela entraînerait peut-être un surcoût, qui resterait minime compte-tenu du fait que l’huile de palme n’est qu’un ingrédient présent en faible quantité dans les produits – et il est probable que vous soyiez prêts à payer ce surcoût éventuel. Que faire alors ? D’abord, lire les étiquettes et prendre conscience de l’omniprésence de cet ingrédient dans les produits agro-industriels courants. Ensuite, faire appel au côté militant qui sommeille en vous, lire quelques rapports publiés par Les Amis de la Terre ou Greenpeace sur le sujet et parler de l’enjeu lié à l’huile de palme autour de vous : plus les consommateurs seront conscients du problème, plus les entreprises et les gouvernements seront poussés et encouragés à agir. Sur les produits que vous achetez le plus souvent et dont vous aurez découvert qu’ils contiennent de l’huile de palme, écrivez aux entreprises qui les fabriquent et qui les distribuent, ou appelez leur service consommateurs (qu’il s’agisse des grandes enseignes de fast-food, des chaines de restaurants, des entreprises agro-alimentaires ou des grandes enseignes de distribution), pour leur demander de quel pays vient l’huile de palme qu’elles utilisent, quelle est leur politique en général sur le respect des droits de l’Homme et de l’environnement dans les palmeraies de leurs fournisseurs,  et quels sont les moyens de contrôle qu’elles ont mis en place pour s’assurer du respect de l’environnement dans ces plantations (surtout si leur huile vient en totalité ou partiellement d’Indonésie), etc.

  • Plus globalement, refusez les agrocarburants, et diminuez votre consommation d'énergie, ce qui reste la meilleure façon de ne pas encourager leur développement…  Selon les Amis de la Terre, il faut 25 m2 de plantation de palmiers à huile pour couvrir la consommation actuelle d'un Français, mais cette surface serait multipliée par 20 si les agrocarburants se généralisaient.
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