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Protections Hygiéniques

PROTECTIONS HYGIÉNIQUES

La société de consommation a su répondre aux besoins des femmes modernes, y compris en leur proposant des produits pour gérer les menstruations. Serviettes hygiéniques, tampons périodiques et autres protections périodiques sont bien pratiques mais, hélas, non dépourvus d'inconvénients quand on pense à l'impact environnemental de tous ces produits. Le point sur les alternatives les moins polluantes.

Tous les mois, c’est le même cinéma… Les femmes sont incommodées, indisposées, et oui elles ont leurs règles, leurs menstruations, leurs ragnagnas, leurs trucs. Autant de formulations abracadabrantes pour désigner à demi-mot la période mensuelle pendant laquelle les femmes perdent du sang. Outre ces désagréments physiologiques, la période des règles s’accompagne souvent d’une instabilité d’humeurs caractérisée par de l’émotivité, de la nervosité et de l’irritabilité. Pour autant, la vie active continue : école, boulot, sport, enfants… Ces dernières années, les progrès en matière de protections hygiéniques ont largement facilité la gestion de cette période avec son lot d’offres commerciales et de publicités. Un commerce fécond qui cache toutefois une réalité moins profitable à l’environnement et à la santé. Un petit guide qui ne vous fera plus considérer les menstruations comme avant…

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Le saviez-vous ?

  • Le marché juteux des protections féminines représente 439,5 millions d’euros en France. Deux multinationales se partagent le marché : Procter & Gamble (Always, Aldays, Tampax) avec 37,2% des parts de marché des protections hygiéniques et Georgia-Pacific (Nett, Nana, Vania)  qui représente 31,7%. Le reste du marché revient aux marques de distributeurs qui s’octroient 18,1% des parts de marché. La croissance du marché est faible. Pour cause, les récents changements démographiques : vieillissement de la population et hausse de la natalité freinent la consommation tandis que les nouvelles méthodes de contraception régulent et réduisent les flux menstruels.
  • En moyenne, une femme utilise au cours de sa vie 10 000 à 15 000 produits menstruels (serviettes, tampons, applicateurs, emballages individuels). Alors que les procédés de fabrication des protections périodiques jetables sont polluants et nécessitent de nombreux produits chimiques pour le blanchiment et la stérilisation ; leur valorisation reste aujourd’hui impossible du fait de la multitude de matières contenues dans ces protections (plastique, coton, colle). Il faut 500 ans à ces produits hygiéniques pour se dégrader c’est-à-dire autant qu’une bouteille en plastique. Ce qui fait de l'industrie des protections hygiéniques l'une des plus polluantes au monde, selon Greenpeace, même si, rapportés à l'ensemble de nos déchets, ils n'en représentent que 0,5% en poids.
  • La France comptait en 2005, 16 millions de femmes âgées de 13 à 50 ans, consommatrices potentielles, qui utilisaient 290 protections par an, selon Group’Hygiène, l’organisme professionnel français des produits à usage unique pour l’hygiène, la santé et l’essuyage. De part le monde, ce sont chaque année, plus de 45 milliards de serviettes hygiéniques qui sont jetées. Cependant, la diminution des ventes oblige les fabricants à redoubler de stratégie et d’ingéniosité pour attirer les utilisatrices, et parmi elles les plus jeunes, car les femmes en matière de protections hygiéniques restent souvent fidèles à leur première marque.
  • Mais qu’y a-il donc dans les protections hygiéniques ? Difficile de le savoir, car les fabricants ne sont pas obligés de mentionner les ingrédients contenus dans les protections, mais simplement leur taux d’absorption. La course à la matière la plus absorbante a obligé les fabricants a sophistiqué leurs produits ces dernières années. Les serviettes contiennent ainsi des gels dits « super-absorbants ». Il s’agit en fait de cristaux de polyacrylate de sodium (ceux là mêmes présents dans les couches pour bébés), un polymère absorbant qui devient gel une fois humide et peut absorber jusqu'à huit cent fois son poids en eau – on le trouve généralement dans les petits sachets blancs qui absorbent l’humidité. Un tampon est composé, quant à lui, d'un mélange de coton et de viscose, une matière artificielle très absorbante, obtenue à partir de la pâte de cellulose des arbres. Enfin, les protections hygiéniques contiennent un certain nombre de produits toxiques qui peuvent provoquer des allergies: aluminium, alcool, additifs de parfum, hydrocarbures, fongicides, bactéricides.
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Bonnes nouvelles

  • Le marché des protections féminines alternatives jetables existe même s'il reste peu développé. La seule marque commercialisée en France, Natracare, est disponible sur des sites de vente en ligne comme www.toutallantvert.com ou encore www.mademoiselle-bio.com. Créée en 1989, la firme anglaise Natracare s'est spécialisée dans les protections hygiéniques respectueuses de l'environnement. Elle commercialise partout dans le monde une large gamme de produits allant des serviettes hygiéniques aux lingettes rafraîchissantes. elle fait preuve d'un engagement fort en faveur du respect de l'environnement et de la santé. Les serviettes hygiéniques Natracare sont fabriquées à partir de cellulose naturelle blanchie sans chlore, comme le font depuis une dizaine d'années tous les fabricants de ce type de produits, évitant ainsi les résidus de dioxines sur les protections, et proviennent de forêts gérées écologiquement. les serviettes sont à plus de 95% biodégradables et se décomposent rapidement grâce à l'utilisation de plastiques biodégradables. Les tampons Natracare sont quant à eux faits à base de coton certifié 100% biologique (cultivé sans pesticides et ne contenant pas d'OGM). Ils ne contiennent pas d'ingrédients synthétiques comme la viscose ou d'additifs chimiques comme les liants et les surfactants. L'applicateur, enfin, est fait à base de carton biodégradable. Toutefois, soulignons que ces alternatives, bien qu'écologiques et biodégradables sont jetables, donc productrices de déchets.
  • Solution idéale pour éviter les déchets, justement, la coupe menstruelle est peu connue mais elle existe pourtant depuis 50 ans. Une coupe menstruelle est une petite coupelle en forme de cloche renversée, fabriquée en caoutchouc naturel pour la marque Keeper (www.keeper.com), ou en silicone pour les marques MoonCup (www.mooncup.fr), DivaCUp (www.divacup.com), LunaCup (www.lunacup.fr).Une fois insérée dans le vagin, elle recueille le flux en recouvrant l'entrée du col de l'utérus. La coupe peut contenir 30ml de liquide, soit environ 1/3 du total moyen d'une période de menstruations. Elle peut ainsi être portée une journée complète. Sa durée de vie est de 10 ans, pour un investissement initial de 30 euros (soit une demi-année de protections hygiéniques traditionnelles). D’un point de vue environnemental, le gain est double. Les déchets hygiéniques sont considérablement réduits et la fabrication est beaucoup moins impactante, tant du point de vue de l’utilisation de produits chimiques que de la matière première utilisée : le coton, une des cultures qui utilisent le plus de pesticides. Au niveau sanitaire, on évite le contact avec les produits chimiques ainsi que la création d’un environnement favorable à l’apparition de troubles de la muqueuse. Toutefois, la mise en place de la coupe menstruelle peut s’avérer un peu difficile au début et les risques d'allergies au latex ne sont pas totalement exclus même avec du latex naturel.
  • Plus simples d'utilisation mais plus contraignantes, les serviettes hygiéniques lavables n'ont plus rien à voir avec les serviettes de nos grands-mères et se parent même de quelques fantaisies. L'extérieur est fait d'un tissu doux en fibres naturelles, l'intérieur d'un morceau de ratine (100% laine) ou de molleton (100% coton) tr§s efficace qui permet d'absorber le flux. Un morceau de tissu imperméable vient couvrir le tout pour éviter les fuites. Le maintien de la serviette est assuré par des protège-côtés qui s'attachent avec un bouton-pression ou un morceau de velcro. Côté matière, on trouve le plus souvent du coton (issu de l'agriculture biologique) ou plus rarement du chanvre. Les serviettes lavables se vendent essentiellement par correspondance sous les marques Lanapads (www.lunapads.com), Sckoon (www.sckoon.com), ou Gladrags (www.gladrags.com). En France, le site femme-au-naturel.com offre une palette assez large de serviettes lavables et autres protections écologiques. Côté entretien, il est préférable de les faire préalablement tremper dans de l'eau froide pour ensuite les laver à la machine, de préférence à haute température (60°) et avec une lessive écologique, pour bien éliminer les bactéries et autres micro-organismes. Si l'on souhaite utiliser un détachant, on veillera à n'utiliser que des produits respectueux de l'environnement, comme par exemple le bicarbonate de soude. L'investissement dans ce type de protections alternatives reste toutefois élevé. Comptez 13€ pour 4 doublures de remplacement. La durée de vie des serviettes lavables est estimée entre 3 et 5 ans. Petite astuce: il est également possible de les confectionner soi-même en utilisant le patron fourni par une internaute sur Internet (mikalus.free.fr/doc/serviettes-lavables.pdf).
  • Plus exotique, l'éponge de mer, naturellement abseorbante, peut devenir éponge menstruelle. L'éponge est une ressource naturelle, renouvelable et biodégradable. Elle doit être taillée préalablement pour pouvoir être mise en place dans le vagin où elle s'imbibera des menstruations comme un tampon. Une fois pleine, environ toutes les deux heures, il faut la rincer à l'eau froide, et elle est réutilisable immédiatement. Un protège-slip léger est souvent nécessaire. Pour une manipulation simplifiée, on peut lui ajouter une bout de fil dentaire. Sa durée de vie est d'environ 6 à 8 cycles. Elle doit être stérilisée en fin de cycle pour pouvoir être réutilisée le mois suivant. Pour plus de précaution, on peut la re-stériliser juste avant utilisation. Il suffit de la faire bouillir quelques minutes. On trouve des éponges spécialement taillées pour cet usage sur certains sites Internet comme www.petitsreveurs.com ou des éponges naturelles pour la toilette ou le démaquillage, qu'il faudra retailler, au rayon des cosmétiques dans la plupart des pharmacies et dans les magasins d'aliments naturels.
  • Evitez d'utiliser des gels intimes (sauf avis médical) et des lingettes nettoyantes. Les lingettes produisent trois fois plus de déchets que les savons et sont emblématiques de notre ère du jetable. Quand au savon intime, il faut savoir que le caractère hypoallergénique affiché sur les emballages n'est pas vraiment une garantie pour le consommateur. Il signifie simplement que le fabricant a limité et non banni l'utilisation de substances allergènes. Substances qui, par ailleurs, sont souvent issues de la pétrochimie.
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Ce que vous pouvez faire

  • Ne jetez pas vos protections hygiéniques dans la cuvette des toilettes: elles polluent les eaux usées et posent ensuite de gros problèmes lors de leur arrivée aux stations d'épuration. Mettez-les plutôt dans le bac des déchets non recyclables.
  • Pour éviter les déchets, vous pouvez même aller jusqu'à utiliser la fameuse coupe menstruelle, soit en caoutchouc naturel de la marque Keeper, soit en silicone des marques MoonCup, DivaCup, LunaCup et FleurCup (seule marque fabriquée en France). N'oubliez pas que pour éviter tout risque de contamination bactériologique, il est indispensable de stériliser votre coupe menstruelle entre chaque cycle.
  • Si cette solution vous angoisse, tournez-vous plutôt vers les serviettes hygiéniques lavables, qui, bien que plus contraignantes, participeront à la diminution de vos déchets. Elles se vendent essentiellement par correspondance, avec les marques Lunapads, Sckoon et Gladrags. Vous pouvez très bien aussi essayer d'en fabriquer vous-mêmes!
  • Allez faire un tour sur le site www.femme-au-naturel.com: l'offre de serviettes lavables et autres protections écologiques y est large. Il y aura sans doute un produit qui vous correspond.
  • Tentez l'éponge de mer, qui s'utilise à la manière d'un tampon classique, mais qui a l'avantage d'être réutilisable. Il suffit simplement de bien la nettoyer durant le cycle, et de la stériliser entre chaque cycle. Vous pourrez notamment trouver des éponges naturelles, déjà taillées pour cet usage, sur le site www.petitsreveurs.com.
  • Evitez d'utiliser des lingettes qui multiplient les déchets et qui n'apportent finalement rien de plus qu'un savon classique.
  • Enfin, si vous ne vous sentez pas encore le courage de tester ces solutions quelque peu alternatives, préférez les tampons et serviettes hygiéniques respectueuses de l'environnement, aux matières moins toxiques, comme les produits proposés par la marque Natracare. Vous les trouverez dans les magasins bio et en ligne sur les sites tels que www.toutallantvert.com ou encore www.mademoiselle-bio.com.
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